Contes divers et variés

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Message  Rick le Jeu 17 Juil - 22:29

Première partie du conte Les boîtes de Lucifer

Il était une fois, dans une contrée lointaine, une vieille dame qui avait trois fils. Pendant toute sa vie, elle avait tenté d'inculquer à ses garçons, les vraies valeurs de la vie. Elle voulait qu'ils deviennent des personnes respectables et respectueuses. Toute sa vie, elle leur avait appris le travail manuel. Maintenant, elle était à l'hiver de sa vie. Les garçons avaient bien grandi. L'ainé, Séraphin, avait appris le dur métier du bois. Il semblait très doué pour fabriquer des meubles. Le second, Baptiste, était parti faire un apprentissage chez un cordonnier. Les chaussures et leur création n'avaient plus de secret pour lui. Le plus jeune des garçons, Bastien, maniait l'aiguille et les ciseaux avec une agilité surprenante. La vieille dame était fière d'eux, car elle ne doutait pas qu'ils deviendraient des bons hommes.

Sentant sa fin proche, elle alla les faire quérir par une voisine, chez leurs différents patrons. Lorsque tous les trois virent leur maman dans cet état, ils se jetèrent à son chevet en pleurant. Elle leur demanda alors de sécher leurs larmes et d'écouter attentivement ses recommandations. Ce serait aussi ses dernières volontés, puisqu'elle savait déjà qu'elle ne passerait pas la nuit.

Mes chers petits, il est temps pour vous d'apprendre la vérité. Lorsque j'étais jeune, j'étais une personne irréfléchie qui ne pensait qu'à s'amuser et à courir les hommes. Je voulais faire un beau mariage, être aimée et avoir des enfants. J'ai fait des choses pas très reluisantes, dont je regrette parfois les conséquences. Lorsque j'eus 25 ans, je tomba enceinte d'un voyageur de passage. Je pensais qu'il allait m'emmener avec lui et que je serais heureuse en sa compagnie. Mais lorsque mon ventre s'arrondit et qu'il s'aperçut qu'il allait devenir père, il me renia et cria à ceux qui voulaient l'entendre que j'étais une sorcière. Je fus alors rejetée et je me retrouva dans la misère avec un bébé de sexe féminin.

A ce point du récit de leur mère, les trois garçons, assis en larmes sur le lit, se regardèrent sans comprendre. Mais la mourante continua son histoire, en souriant tristement.

Mes fils, je vous sens étonnés mais sachez que votre sœur ne connut pas votre destin. Elle était née au milieu de l'été et à la Noël suivante, je la déposais moi-même en terre. C'est à ce moment-là, que j'ai invoqué les Ténèbres. Je voulais que le géniteur de mon enfant meure violemment. Et alors que je recouvrais de la dernière pelletée, le corps sans vie de ma fillette, une voix grave me fit sursauter. C'était Lucifer en personne qui s'était déplacé. Il me proposa un étrange marché : si j'acceptais de le suivre au moment qu'il choisirait alors il m'accorderait un bonheur immense. Je n'avais pas été choisie au hasard. C'est mon passé et mon appel qui avaient attiré le Malin vers moi.

Je décidai alors de négocier avec lui, les termes de notre contrat. La première des choses fut que le voyageur responsable de mon malheur connu les affres de la misère. Plus tard, j'ai appris qu'à son retour de voyage, son père, le roi avait été banni de son royaume et que c'était un cousin à lui qui était désormais le seigneur de ses terres. Il fut donc contraint de vivre dans la misère avant de se faire sauvagement assassiner par les sbires du nouveau régent.

La vieille dame s'arrêta un peu pour souffler et réclama de l'eau à son jeune fils. Puis lorsqu'elle se fut désaltérer, elle reprit le fil de son histoire.

Le second point du contrat était que je voulais avoir trois fils en bonne santé et qu'ils soient habiles de leurs mains. Trois car c'est mon chiffre préféré, des fils parce que je voulais ne pas avoir d'autre fille à pleurer comme celle que je venais d'enterrer et habile manuellement car ils n'auraient pas de soucis pour trouver du travail. Satan m'accorda alors votre naissance à un an d'intervalle à chaque fois.
Mon troisième point vous concernait mes petits. Je ne voulais pas que vous connaissiez ce que j'ai vécu et j'ai donc demandé à ne partir qu'une fois que vous seriez élevés. Bastien, tu viens de terminer ton compagnonnage, ce qui signifie que je dois retrouver celui qui a veillé sur nous pendant ses années. Mais avant de partir, je veux vous faire un cadeau.
Séraphin, donne-moi la boîte qui se trouve sur la table de chevet !

L'aîné des garçons s'exécuta et lui tendit un petit coffret avec un diable dessus. Lorsqu'elle ouvrit la boîte, un petit lutin rouge en sortit à vive allure et s'envola avant que quiconque puisse le rattraper. La mère expliqua aux enfants que c'était le signal et que Lucifer avait été prévenu que l'heure était désormais venue. Les garçons eurent un frisson d'horreur et lui certifièrent qu'ils ne la laisseraient pas partir mais tous les quatre savaient que ce serait un combat perdu d'avance.
Dans le coffret, ils découvrirent trois nouvelles boîtes en bois, d'un bois rare et brillant. La vieille dame prit la première et la tendit à Séraphin en lui disant de l'ouvrir. A l'intérieur, se trouvaient un rabot et un ciseau à bois. Le jeune homme n'en avait jamais vu d'aussi beaux. Il semblait être fait dans un bois rare et magique. Sa mère lui expliqua que s'il utilisait cet outil, très rapidement, il deviendrait meilleur que son patron et aurait beaucoup de succès. Tandis que Séraphin contemplait avec des yeux émerveillés cet outil, la vieille dame tendit la deuxième boîte à Baptiste.

A l'intérieur, il y avait un marteau de cordonnier avec un ensemble de clous de différentes formes et des emporte-pièce de différentes tailles. Le cadet fut ravi de voir un objet d'une telle beauté. Même ceux de son patron n'étaient pas aussi magnifiques. Il avait hâte de l'essayer pendant que la mère tendait à Bastien la dernière boîte. Mais avant de l'ouvrir, le benjamin demanda à sa maman ce qu'il adviendrait s'il n'ouvrait pas le coffret, si cela rendrait caduque le marché avec Satan.

Tu es bon, mon Bastien, et ta générosité n'a d'égale que ta sagesse. Malheureusement, plus rien ne peut empêcher le marché de se faire. J'ai eu ce que je demandais, il est donc normal que Lui aussi ait sa part.
Sur les encouragements muets de sa mère, le jeune garçon se décida à ouvrir le coffret lui étant destiné et qui scellerait de manière définitive le sort de leur mère. A l'intérieur, il trouva des ciseaux et un jeu d'aiguilles dans un métal d'une rare beauté. De couleur argentée, son nouveau matériel brillait de mille feux. Bastien ne se serait pas étonné si l'aiguille arrivait à perforer du métal, tant elle semblait solide.

Mes enfants, reprit la vieille dame, vous voilà en possessions d'outils magiques qui vous assureront une grand renommée dans votre travail. Vous ne devez jamais vous en séparer sous peines de grands malheurs. Vous ne devez jamais, non plus, dévoiler leur existence à quiconque, hormis votre héritier, le jour où il sera en âge de comprendre. Je ne serais plus là pour veiller sur vous, alors il vous faudra faire preuve de sagesse. Ces outils m'ont été offerts par Lucifer, lorsque je lui ai dis vouloir des fils manuels. Ils sont magiques mais je ne sais pas jusqu'à quel point. Ce sera à vous d'en trouver tous les pouvoirs.

Et alors qu'elle prononçait ses derniers mots, il y eut un pop sonore au niveau de la cheminée et au milieu des flammes, se tenait un être plus grand qu'un homme avec une queue fourchue, deux cornes sur la tête et deux sabots à la place des pieds. Il était nu et ressemblait ni vraiment à un homme ni vraiment à un animal. Ses yeux étaient d'un noir étincelant, mais avaient un côté farceur et amusé. Un petit bouc ornait son menton carré. A la main gauche, une fourche à trois dents et dans celle de droite un parchemin roulé et maintenu par une cordelette à l'aspect étrange et familier. Elle était de la même couleur que les cheveux de leur mère.

Lucifer était toujours au milieu des flammes qui léchaient son corps, comme en signe de bienvenue, et ne semblait pas sentir la chaleur du feu. Sans un mot, il désigna d'un doigt anormalement long et griffu, la femme. Cette dernière se leva très rapidement et embrassa chacun de ses enfants qui semblaient inertes. Seuls leurs yeux pouvaient encore bouger. C'était un des sortilèges que le Diable utilisait pour récupérer les âmes qui avaient signé son pacte. Cela lui évitait de se faire jeter comme un malpropre par l'entourage de ses victimes. Celui lui était arrivé une fois, une fois de trop, pour qu'il ne prenne plus ce genre de risques.

Les garçons regardèrent leur mère partir, tout en pleurant silencieusement. Ils ne purent lui dire au-revoir ni la serrer dans leurs bras une dernière fois. Lorsque la femme arriva devant la cheminée, Satan lui tendit la main et l'entraîna dans un tourbillon rouge orangé de flammes. Une fois disparus dans les entrailles de la terre, le sortilège se rompit. Les trois frères se regardèrent pour se demander s'ils n'avaient pas rêvé. Mais ils durent se rendre à l'évidence, leur mère n'était plus là, contrairement aux trois boîtes magiques. Bastien se rapprocha de la cheminée en pleurant et s'aperçut qu'au milieu des flammes, se trouvait la cordelette qui enserrait le parchemin. Avec d'infinies précautions, il la sortit des flammes afin de s'apercevoir avec horreur, que c'était bien des cheveux maternels. Ils se tourna alors vers ses frères pour leur montrer sa trouvaille, mais s'aperçut que tous deux avaient disparus de la chambre. Il mit donc la mèche dans sa poche et partit à leur recherche. Il les retrouva dans la grange où leur mère entreposait le matériel. Et là, il vit ses deux aînés en plein travail avec leurs nouveaux outils mais ce qui étonna le plus Bastien, c'est qu'en l'espace de si peu de temps, ils avaient déjà fabriqués plus d'articles qu'en une demi-journée de travail. D'ailleurs, les deux artisans semblaient aux anges et ne pensaient plus à ce qu'ils venaient de voir dans la chambre.

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Message  Rick le Jeu 17 Juil - 22:30

Deuxième partie du conte Les boîtes de Lucifer

A la fin de la journée, les trois frères se séparèrent dans trois directions différentes. Les deux aînés décidèrent de se rendre dans la ville la plus proche. Tous deux utilisèrent très rapidement leurs outils diaboliques s'en s'apercevoir que très rapidement, ils étaient sous le contrôle du démon. Ainsi, Séraphin devint très dur en affaires. Tellement dur, qu'il coula une à une les échoppes de ses concurrents, et devint ainsi le seul ébéniste du coin. Malheureusement, il était avare et très rapidement, son épouse de douta de quelque chose. En effet, comment pouvait-il assurer autant de commandes, gérer ses affaires et honorer sa couche aussi souvent, et cela sans avoir aucun apprentis ou compagnons avec lui ? Sa femme était très ambitieuse et peut-être, si cela était possible, plus avare que lui. Lorsqu'elle s'aperçut qu'il y avait quelque chose de magique sous le travail de son mari, elle se mit à rêver à tous les bénéfices qu'elle pourrait en tirer. Elle voyait bien que son époux n'en tirait pas le maximum.

Alors, un soir, elle drogua son mari, prépara ses affaires et vola l'outil magique et l'argent du ménage. A son réveil, Séraphin s'aperçut des agissements nocturnes de son épouse. Fou de rage, il voulut partir à sa recherche, mais il ne savait pas quelle direction prendre. Il voulut alors engager des mercenaires pour la ramener et la châtier en place publique mais il n'avait plus d'argent pour les payer. Pour en avoir, il avait deux solutions : se remettre au travail, mais sans sa boîte diabolique, il ne pouvait honorer les commandes prises ; de plus, il était devenu fainéant et un travail si fastidieux le révulsait. Alors, il pensa à la seconde solution, emprunter de l'argent à un ami. Malheureusement pour lui, il s'aperçut que les personnes qu'il croyait être ses amis, n'étaient qu'intéressés par son argent et son pouvoir. Il rentra donc chez lui, en colère et tenta de faire face à son carnet de commandes. Cependant, les nouvelles allèrent bon train et très rapidement toute la ville connut les mésaventures de l'ébéniste. Il perdit ses clients, un à un, peu habitués qu'ils étaient à attendre aussi longtemps pour être livrés. Il fut ruiné en moins de temps qu'il faille pour le dire et se retrouva à la rue, comme un vulgaire vagabond. Il dût quitter rapidement la ville, lorsque ses anciens concurrents voulurent lui faire la peau, en apprenant qu'ils avaient perdus leurs échoppes à cause d'un outil magique.


Revenons maintenant à Baptiste qui était parti en direction du nord. Il commença donc par se trouver une chambre en taverne. Il passait une partie de ses nuits à faire toute sorte de souliers qu'il allait vendre sur le marché au petit matin. Ses articles eurent rapidement du succès car les habitants n'avaient pas l'habitude de voir des articles d'une telle qualité. Du coup, notre jeune cordonnier commença à gagner de l'argent. Les après-midi, il les passait en taverne, à boire et à jouer aux cartes. Au début, il gagna très rapidement de l'argent. Et sans s'en rendre compte à son tour, il fut pris par le démon du jeu. A tel point qu'il passait plus de temps autour de la table de ramponneau que sur le marché. En effet, Baptiste était le moins sérieux des trois frères et il jouait jusqu'à fort tard dans la nuit. Une fois dans sa chambre, il se couchait et ne pensait plus à faire ses souliers. A quoi cela lui aurait-il d'ailleurs servi d'attendre le client potentiel dans le froid et la solitude alors qu'il pouvait gagner suffisamment d'argent en restant au chaud dans la taverne ! Il joua donc encore et encore. Malheureusement, après les grandes victoires, arrivèrent les petites défaites, puis des défaites de plus en plus importantes. La chance du débutant n'était plus avec lui et l'argent trop vite gagné fondit comme neige au soleil. Il dût rapidement s'endetter auprès de ses partenaires de jeu, afin de continuer à participer. Cela ne le fit pas pour autant ouvrir les yeux. Bien au contraire !

Baptiste fit alors la plus grosse bêtise de sa vie : il mit sur la table de jeu, son dernier écu et sa boîte diabolique. Mais pour mettre son outil de travail, il fut obligé d'en révéler son secret. Son full par les rois ne fut pas suffisant pour récupérer le précieux coffret face à un carré d'as. Et notre jeune cordonnier se retrouva sans ses outils, sans endroit pour dormir puisqu'il ne pouvait plus payer la chambre. Tout comme Séraphin, il se retrouva à la rue en rageant d'avoir été subjugué par le démon du jeu et d'avoir tout perdu… Mais il était bien trop tard pour avoir des regrets.

Et pendant que ces deux frères erraient sur les chemins en se demandant de quoi serait fait le lendemain, Bastien avait décidé de continuer son compagnonnage et travaillait comme tisserand chez un vieil homme. Des trois, il était certainement le plus malin. Il avait cherché pendant plusieurs jours, une ville où s'installer avant de trouver ce vieil artisan qui cherchait un compagnon pour l'aider. Le jeune garçon était habile de ses doigts et apprit beaucoup de choses de son patron.

Et lorsqu'il fut sur les routes, il avait voulu prendre sa boîte pour la tester. Mais dans sa poche, le coffret s'était emmêlé avec la mèche de cheveux. Et lorsqu'il voulut ouvrir la boîte, un éclair apparut et la vieille femme flotta au-dessus de sa tête. Elle interpella son jeune fils, lui rappela les préceptes qu'elle lui avait enseignés. Et elle lui expliqua ce qu'elle avait appris, arrivée en enfer. Ces boîtes, qu'elle pensait être une bonne chose pour ses fils, étaient une manière pour Satan, de trouver de nouvelles âmes à corrompre, de nouveaux soldats à embrigader.

Bastien, muni des recommandations de sa mère, décida donc de jeter sa boîte dans le feu. Mais cette dernière ne se consuma pas mais, au contraire, disparue. Le jeune tisserand mit plusieurs années avant de s'enrichir. Mais à la mort de son patron, il hérita de l'échoppe. Il décida alors de faire quérir Séraphin et Baptiste. Ce n'est qu'une dizaine d'années plus tard, alors qu'il était père de famille, que le jeune homme retrouva leurs traces. Ils semblaient avoir vieilli d'un coup, et ressemblaient plus à des grands-pères qu'à des hommes dans la force de l'âge.

L'histoire ne dit pas ce qu'il advint des boîtes ni de leurs nouveaux propriétaires, mais certaines personnes m'ont laissé entendre qu'il en existait de nombreux modèles et c'est grâce à elles, que Lucifer réussissait le mieux à acheter l'âme des vivants.

Quoi qu'il en soit, si un jour vous trouvez une de ces boîtes et que le travail que vous faîtes vous semble d'un coup plus facile, souvenez-vous de l'histoire de Séraphin et Baptiste et faites comme leur jeune frère, renvoyez-là au Prince des Ténèbres…

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Re: Contes divers et variés

Message  Rick le Jeu 17 Juil - 22:30

Conte : Les chasseurs de baleine

Amis lecteurs, laissez moi vous contez l'histoire d'un ami vagabond avec qui j'ai passé plusieurs années de ma jeunesse, avant de m'installer à Montbrisson. Mon ami est désormais mort, et il ne verra donc pas d'objection à ce que je raconte cette aventure qu'il a vécut, il y a de très nombreuses années, alors qu'il était encore qu'un adolescent.
Orphelin, il a passé toute sa vie à errer sur les routes du Royaume mais aussi sur toutes les étendues d'eau et de Terre que nous connaissons. Il a toujours voulu savoir si il y avait autre chose au-delà de l'océan ou si la Terre était vraiment plate avec un vide au bout.
A 15 ans, il voulut donc devenir marin et pour cela se rendit au château du comte, afin de s'enrôler dans l'équipage de ses navires. Ce riche homme avait à l'entrée de sa demeure, plusieurs gardes armés de hallebardes, qui refusèrent de le laisser rencontrer leur maître.
Il se dirigea donc vers la taverne du village où il entendit une étrange discussion.

Je pars ce soir chasser la baleine dans des contrées totalement inexplorées et pour fêter mon départ, je vous offre une tournée...

William, puisque tel est le nom de notre jeune héros, sursauta en entendant ces mots. Peut-être allait-il pouvoir réaliser son rêve. Il s'approcha alors du vieux loup de mer et lui demanda de l'embaucher sur son bateau. Il acceptait toutes les offres et il n'avait aucune famille qui le pleurerait en cas de problème.

Le capitaine regarda l'adolescent qui était grand et fort et lui dit :

Tu es bien jeune pour découvrir la mer et ses dangers, mais tu m'as l'air d'être un solide gaillard. Alors si tu es prêt à accepter tout type de travail, je t'offre de devenir mousse.

Mousse ? En quoi consiste le travail ?

C'est simple, tu auras l'entretien du pont à faire. Tu devras passer la serpillère, l'astiquer, le nettoyer afin qu'il brille. Et tu devras aussi aider en cas de pépin.

William était ravi de cette offre et s'empressa d'accepter le travail.

Le lendemain, le bateau appareilla vers des destinations inconnues et il navigua pendant des jours et des jours. William astiquait le pont et était devenu le roi de la serpillère Une nuit sans lune, il arriva un malheur : le capitaine, qui avait un peu trop abusé de la divine boisson, tomba à la mer, sans que personne d'autres que lui ne le vit ! Il cria alors :

Un homme à la mer ! Un homme à la mer !

Et n'écoutant que son courage, il sauta pour sauver le capitaine qui était tellement ivre, qu'il ne pouvait nager. Rapidement, ils furent tirés de l'eau par ses amis, qui l'acceptèrent enfin comme l'un des leurs et surtout arrêtèrent de l'appeller le roi de la serpillère. Le lendemain, le vieux loup de mer le convoqua.

Tu m'as tiré d'une fâcheuse position et je t'en remercie. Alors dis-moi, ce qui te ferais plaisir et je te l'accorderais de suite. Tu n'es pas obligé de me donner une réponse tout de suite. Cette offre durera aussi longtemps que je serais en vie. Alors n'hésites surtout pas...

Et puis un matin, alors qu'il était en pleine besogne, mon ami entendit un marin criait :

Baleines à babord, baleines à babord...

William se précipita alors à gauche du navire et vit un spectacle magnifique... Des dizaines de baleines... Et il vit aussi que les marins s'empressaient sur le pont. C'est vrai, il était sur un baleinier... Il ne pouvait laisser faire cela... Il se précipita sur la dune et apostropha le capitaine.

Capitaine, j'ai trouvé le service que vous pouvez me rendre...

William, je suis occupé à diriger les opérations donc on en reparle tout à l'heure...

Capitaine, je veux que vous arrêtiez cela.. Je veux que vous me promettiez de ne plus jamais chasser la baleine. Regardez le spectacle magnifique de ces animaux. Ce serait inhumain de les tuer pour un peu d'argent.

Le vieux loup de mer hésitait entre la promesse faite au jeune homme et l'appât du gain. Mais étant en homme de parole, il accepta à contre coeur d'arrêter la chasse et ordonna à ses hommes de poser leurs harpon et de regarder le spectacle. Les hommes furent surpris par un tel changement mais comme aucun d'eux ne voulaient voir ses animaux mourir, ils obéir sans rechigner !

La nuit suivante, William était assis sur le bord du navire et regardait l'étendue d'eau lorsqu'une baleine s'approcha du navire, et d'un mouvement de queue lui jetta un médaillon. L'adolescent s'empressa de récupérer le bijou et lorsqu'il le mit autour de son cou, il put entendre le chant des baleines et surtout le comprendre. Cet objet lui fit apparaître une dame à ses côtés qui lui dit :

Jeune ami, nous savons que grâce à toi, notre peuple n'a pas été décimé par ses chasseurs et qu'ils ne chasseront plus mes compatriotes. Alors pour te remercier, garde ce talisman sur toi et si un jour tu as besoin de mon peuple, crie et nous viendrons t'aider.

William remercia la reine des baleines qui replongea rapidement dans la mer. Quelques semaines plus tard, le navire fut pris dans une tempête qui détruisit le matériel de navigation. Et lorsqu'il réussit à sortir de là, le bateau était dans un sale état avec très peu de vivres. Qu'allait-il pouvoir faire, alors qu'aucune côte n'était visible ? Tous les marins commencèrent à perdre la foi et le moral. Mon ami se souvint alors des paroles de la reine. Il se précipita alors à la poupe du bateau et cria :

Baleines venez nous en aide...

En entendant ces cris, ses amis crurent qu'il avait perdu la raison. Mais lorsqu'il vit l'apparition de la reine devant eux, ils n'en crurent pas leurs yeux.

Jeune William, comme promis, nous allons t'aider. Suivez mes congénéres et dans moins de deux jours, vous serrez en vue d'une terre non hostile et pleines de vivres.

L'adolescent transmis alors les ordres au capitaine incrédule, qui accepta néanmoins car perdu pour perdu, il pouvait toujours essayer. Et deux jours après, ils arrivèrent effectivement en vue d'une île sur laquelle ils purent se ravitailler. Depuis ce jour et cette étrange rencontre, les marins renommèrent leur navire : "Le roi des baleines" et ils renoncèrent définitivement à la chasse aux baleines. Quant à mon ami, il décida de quitta la mer pour voyager sur la terre ferme, et c'est quelques années après que je fis sa rencontre.

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Re: Contes divers et variés

Message  Rick le Jeu 17 Juil - 22:31

Conte : La lettre au Père Noël

Tout commence par un beau matin de décembre, dans un petit village auvergnat. Un petit garçon est à la fenêtre. Aujourd'hui, c'est mercredi et il n'a pas école ! Il regarde tristement les flocons tombés, en se demandant comment va son amie Florence. Elle est dans la même classe que lui, en CE1. Secrètement, il est amoureux de cette jolie fille aux yeux clairs. Mais hier matin, elle est venue en classe accompagnée par sa maman. Toutes deux sont venues dire à tous les camarades, que la jeune fille ne reviendrait pas à l'école, car elle était gravement malade ! La maman a parlé d'une leucémie. Tom ne savait pas ce qu'était une leucémie. Il avait juste compris que c'était très grave et que sa petite amoureuse risquait de mourir. Il avait aussi compris qu'il ne la verrait plus à l'école, et qu'elle ne s'assoierait plus à côté de lui, qu'ils ne partageraient plus leur goûter, et qu'ils ne se disputeraient plus sur l'existence du Père Noël. Le jeune garçon savait que le bonhomme à la barbe blanche était une invention et que c'était les parents qui offraient les cadeaux. Mais son amie était persuadée que quelque part, il existait !

Tom regardait tristement par cette fenêtre, lorsque sa maman arriva derrière lui et vit les larmes dans ses yeux.

- Tu penses à Florence, mon chéri ?
- Oui, maman ! C'est tellement injuste ce qu'il lui arrive... Pourquoi elle est tombé malade ?

Sa mère le prit sur ses genoux et tenta de lui expliquer que la maladie pouvait arriver à n'importe qui et que personne n'était à l'abri de ce type de catastrophe.

- Tu sais, tu devrais aller la voir et lui tenir compagnie. Je suis sûre que cela lui ferait plaisir !
- Mais qu'est-ce que je vais lui dire ? Ce ne sera pas pareil maintenant !

La maman lui expliqua de rester naturel face à son amie et de la distraire pour qu'elle oublie pendant quelques heures sa maladie.

L'après-midi, elle le conduisit chez Florence qui était très heureuse de la voir !

- Tom ! Merci d'être venu ! Je suis très contente de te voir !
- Bonjour Flo ! Tu vas.... Euh, je voulais dire, euh...
- Tu sais tu peux me demander si je vais bien, c'est pas un problème, lui répondit-elle en souriant !
- Alors, tu vas bien ? Qu'est-ce que tu faisait ?
- Je lisais ce livre très intéressant sur Noël. Tu veux bien qu'on le lise ensemble.
- Oui, si tu veux, répondit le garçon en souriant.

Il s'assit aux côtés de son amie et commencèrent l'histoire ! C'était un très joli conte de noël où il était question de miracles. Pendant toute l'après-midi, ils lirent puis s'amusèrent à inventer des histoires, ainsi qu'à se chamailler gentiment.

Le soir en rentrant chez lui, il demanda à sa maman :

- Tu crois que ça existent les miracles de noël ? Tu crois que si j'écris une lettre au Père Noël, et que je lui demande de soigner Florence, ça marchera ?
- Tu sais, mon garçon, je ne sais pas. Mais ce que je sais, c'est que tu peux toujours essayer.

La mère ne voulait pas décourager son petit garçon, et elle trouva son attention très charmante. Tom se mit donc à son bureau et commença sa lettre :

Citation:

Cher Père Noël,

Je m'appelle Tom. J'ai 7 ans et je suis très sage avec ma maman. Je ne veux pas de cadeaux pour moi cette année. Je veux juste que tu soignes mon amie Florence qui est très malade. Et moi, je veux pas qu'elle parte au paradis, comme mon papa... Alors Père Noël, si tu existes, fais disparaître la leucémie de mon amie....



Le lendemain, la maman posta sa lettre. Et si comme moi, vous croyez en la magie de Noël, vous ne serez pas surpris qu'elle arriva entre les mains de son destinataire. Cette missive émut beaucoup le vieil homme qui avait l'habitude de recevoir des lettres égoïstes demandant des cadeaux, toujours plus de cadeaux...

Noël arriva avec ses paquets cadeaux, ses jouets, son repas et son sapin illuminé. Tom était très anxieux car le lendemain sa jeune amie devait passer une nouvelle visite chez le médecin. Il avait tellement peur, car ces derniers jours, elle était vraiment très faible et lorsqu'il allait la voir, elle ne quittait plus son lit. Tous les jours, il avait passé l'après-midi à ses côtés, pour lui raconter des histoires.
Le 26 au soir, le téléphone sonna chez Tom. Sa maman répondit et lui tendit le combiné.

- Mon chéri, c'est Florence qui veut te parler !
- Allo ! Flo, c'est toi !
- Tom ! Tom ! Il faut vite que tu viennes s'il te plaît ! Viens vite !
- Mais pourquoi ? Qu'est ce qui se passe ?
- Vite dépêches toi, s'il te plaît ?
- Maman, est-ce qu'on peut aller chez Florence, elle dit que c'est urgent ! J'ai peur maman.

Voyant le chagrin de son fils, elle lui dit

- Bon d'accord mais tu ne restes pas longtemps !

Lorsque Tom arriva chez sa voisine, il la trouva debout ! Elle se jetta sur lui et lui prit ses mains en sautant, elle dit :

- Tom ! Tom ! Je suis guérie ! Guérie ! Le Père Noël existe, tu vois je te l'avais dit. Il a apporté ma maladie avec lui !

Guérie, guérie... Ce mot cognait dans la tête du petit garçon ! Ainsi, c'était donc vrai, le grand barbu existait...

A partir de ce jour, Tom cru dur comme fer à l'existence du bonhomme rouge à la barbe blanche. Bien des années plus tard, une veille de noël, il épousa Florence, avec qui il vécut très longtemps, et il apprit à leurs enfants à croire aux miracles de noël...

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Re: Contes divers et variés

Message  Rick le Lun 13 Oct - 1:46

Il était une fois, dans un coin reculé du royaume, un jeune garçon très habile de ses doigts, pour la fabrication des objets en bois. Il avait appris ce talent de feu son père, un charpentier, très apprécié dans le village. Il aurait certainement pu apprendre plus de choses de lui, si le destin en avait pas décidé autrement. Enfin quand je dis le destin, en l'occurence, c'était ici la main du vicomte. En effet, le village où vivaient père et fils appartenait à un ensemble de terres d'un vicomte avare et peu scrupuleux du bien-être de ses serfs. Il n'hésitait pas à augmenter la taxe et les impôts des villageois et à réprimander toute personne trouvée à braconner sur ses terres. D'un côté, les pauvres gens donnaient tout leur surplus à cet homme horrible et antipathique et d'un autre, ils ne pouvaient se risquer à améliorer leur quotidien avec de la viande, sans risque de représailles. Pourtant, une nuit, le charpentier décida de tenter le tout pour le tout. Et malheureusement, ce qui devait arriver arriva. Le lendemain, on le retrouva pendu haut et court, sans autre forme de justice que celle que le vicomte appliquait. Tout ce qui est à vous est à moi et tout ce qui est à moi et bien, c'est à moi aussi... se plaisait-il à dire à quiconque l'interrogeait.

L'adolescent voulu donc se venger de cet homme qui lui avait pris son père. Mais ce n'était pas contre la mise à mort paternelle qu'il en avait, mais plutôt contre les circonstances dans laquelle elle était intervenue. En effet, avec un noble aussi avare, les pauvres n'avaient rien à se mettre sous la dent et du coup, ils devaient se risquer à de telles actions pour nourrir correctement leurs familles. Certains dans le villageois disaient à propos de leur seigneur, que si les taxes étaient si élevées, c'est parce que le vicomte voulait amasser suffisament d'argent pour pouvoir acheter la main de la fille d'un duc ou d'un marquis. D'autres, au contraire, prétendaient que le noble passait ses soirées à jouer aux cartes avec le Malin et qu'il lui devait énormément d'argent. Nul ne savait la vérité, mais notre jeune apprenti était bien décidé à lui donner une correction dont il se souviendrait.

Pendant des jours et des jours, il chercha comment le battre et lui inffliger un affront qu'il ne pourrait relever sans passer pour le coquin de l'histoire. Il cherchait encore lorsque le carosse s'arrêta devant son échoppe. Le vicomte en descendit et demanda à lui parler.


J'ai ouï dire, jeune homme, que tu étais très talentueux et que tu savais faire de beaux coffres à bijoux. Est-ce là la vérité ?

Le jeune acquiésa en silence et son seigneur lui passa donc commande pour une caissette en bois. Il demanda à ce que son travail soit discret et qu'il lui soit livré de préférence de nuit. Après le départ de son client, notre jeune héros sourit de toutes ses dents. Ainsi, il voulait qu'il fasse de son mieux et qu'il y mette tout son talent pour lui faire un objet extraordinaire. Que cela ne tienne, il obéirait à cet homme ! Il travailla donc pendant des jours et des nuits en savourant à l'avance sa revanche. Car il avait désormais une idée précise pour anéantir cet homme si orgueilleux. Il taperait là où le bât blesse, à savoir la richesse.

Un beau matin, il eut finit non pas une mais deux malles à l'identique. Une qu'il garderait pour lui et l'autre qu'il irait livrer le soir-même. Le vicomte le fit entrer dans un château richement décoré, sans aucun témoin de la scène. Il trouva le travail vraiment formidable et offrit une bourse d'écus sonnant et trébuchant à l'apprenti. Celui-ci le remercia en sachant qu'il n'allait pas tarder à être appelé à nouveau dans ce lieu. Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement parce qu'il venait de jouer un tour pendable à son seigneur et que celui-ci ne s'en rendrait compte qu'à la prochaine ouverture du coffre. Et ce qui devait arriver arriva ! Un escuyer vint mandater le jeune apprenti pour une affaire urgente et sans délai au château. Le vicomte le reçut à nouveau sans témoin. Ce fut d'ailleurs un tort, car si témoin il y avait eu, il aurait peut-être pu voir les sourires en coin que faisait l'apprenti lorsque le noble lui tournait le dos. Ce dernier lui expliqua qu'il avait voulu mettre des objets dans le coffre et qu'au petit matin, ils avaient disparu. Le jeune homme joua les niais et lui demanda de faire des tests. Le noble ne voulait pas encore avouer que ce contenant devait servir à y mettre ses écus.


Oh mon seigneur ! Je suppose que c'est parce que vous avez un fieffé coquin dans votre entourage qui vous a joué un tour pendable !

Il n'avoua pas que ce fieffé coquin était dans la même pièce que lui ! Il trouvait cette vengeance délicieuse et se rejouissait de la mine que faisait l'homme. Il lui proposa alors d'équiper son coffre d'une serrure et d'un code pour empêcher le voleur de substituer la richesse de son maître. Ce dernier lui rendit donc la malle en pestant qu'il allait trouver le scélérat et qu'il passerait un mauvais quart d'heure. Le jeune homme repartit donc chez lui, avec son précieux trésor dans les mains. Arrivé chez lui, il s'enferma à double tour et sortit du coffre le trésor soit disant perdu par le noble. En fait, la malle possédait un double fond. Lorsqu'on mettait des objets dans le coffre, grâce à un talentueux stratagème, ils disparaissaient dans le double fond mais uniquement lorsque le coffre se refermait. Et lorsqu'on le réouvrait le double fond se refermait, laissant apparaître un coffre vide. Le jeune homme ouvrit donc sa boîte à trésor et trouva à l'intérieur pas moins de dix bonnes bourses remplies d'écus. Il rajouta alors une serrure à code à la malle et la rendit à son propriétaire, qui paya à nouveau le charpentier pour son travail.

Le lendemain, il fut rappelé au chevet de son seigneur qui venait une nouvelle fois de perdre son bien. L'apprenti lui expliqua que le coquin avait peut-être réussi à trouver la combinaison secrète. Et qu'il faudrait donc équiper cette fois-ci la serrure d'une clé unique que l'homme porterait en permanence, autour du cou. La commande fut donc passée et de retour à l'atelier, le jeune homme récupéra le butin. Cette fois-ci, la somme était identique mais il y avait aussi des bijoux de famille, dans une des bourses. Le travail fut vite terminé et la cassette de retour au château. La nuit fut courte pour le seigneur car il vérifiait régulièrement que sa clé ne bougeait pas de son cou. Il finit par s'endormir au petit matin, vaincu par la fatigue et à peine réveillé, il sauta au pied de son lit et ouvrit sa malle. Là, il hurla toute sa colère car tout avait disparu. Il finit par croire que l'apprenti était en train de lui jouer un mauvais tour. Il le fit à nouveau quérir.


Es-tu sûr que le fieffé coquin dont tu me parlais lors de notre seconde rencontre icelieu n'est pas toi ? N'as-tu pas omis de me dire quelque chose au sujet de cette malle ?

Le vicomte n'était pas aussi bête qu'il en avait l'air et il semblait avoir compris qu'il existait quelque chose de secret dans sa boîte. L'apprenti joua alors les innocents et lui proposa même de tester avec lui et devant lui cette malle. Le seigneur accepta de suite car il était persuadé que cette fois-ci il allait enfin comprendre comment son or disparaissait. Le jeune homme lui demanda donc une bourse pleine d'écus et la jeta dedans. Il demanda au noble de vérifier lui même la malle et pendant qu'il faisait cela, il poussa délicatement sur un petit poussoir, caché dans les motifs qui décoraient la malle. Ce petit bouton permettait d'empêcher la trappe de s'ouvrir. Ainsi, à la fermeture du coffre, la bourse ne tomberait pas dans le double fond. Eh oui, notre apprenti charpentier avait vraiment de la suite dans les idées et avait pensé à tout en fabriquant ce coffre. La boîte fut donc fermée à double tour, puis réouverte presque de suite. Là, le vicomte fit la grimace car sa bourse était encore dedans. Ne croyez pas qu'il n'était pas heureux de la voir encore mais ceci était en train de remettre en question ses accusations. Il se dit que c'était peut-être une question d'heure et il obligea le jeune homme à passer la journée avec lui et à dormir dans la même pièce que lui et le trésor. Au petit matin, ils ouvrirent la malle mais la bourse était toujours là. Ce jour-là, ils firent plusieurs tests pour vérifier que ses accusations étaient fondées mais il ne put rien prouver. A la longue, il dût bien admettre qu'il y avait un phénomène étrange.

L'apprenti se souvint alors de ce qu'on disait dans le village mais le tranforma un peu. Il raconta que cela devait être une supercherie du Diable. Le noble ne croyait pas à ces sornettes. Alors, le jeune homme lui conta une légende sur des trésors qui disparaissaient et sur les fins tragiques des seigneurs de ce château. Au début, il ne voulu pas croire à ce genre d'histoire, et congédia l'artisan. Mais, ses propos commençaient à faire effet. En effet, peu de personnes ne le savait mais il n'était pas héritier de ce château. Il l'avait acheté, il y avait bien des années, car le vicomte était mort dans des circonstances étranges. Il commença à prendre peur et fit revenir le jeune homme pour qu'il lui parle de l'histoire du château. Plus l'apprenti en rajoutait et plus le noble changeait de couleur. Il prit un parchemin et fit de son vis-à-vis le nouveau vicomte de ses terres. Puis, il s'enfuit loin de cette région où le Diable semblait si présent. On n'entendit plus parler de lui.

Le lendemain, qu'elle ne fut pas la surprise en entendant les serviteurs du château raconter que le vicomte était parti et avait donné tous ses biens à l'apprenti charpentier. Ce dernier d'ailleurs édita une première loi où il supprima toutes les précédentes. Puis, il se rendit dans son atelier et sortit l'argent volé à son prédécesseur. Il le distribua à tous ses voisins. Depuis ce jour, ce village et les autres villages dépendant des Terres de l'apprenti charpentier, furent des villages très prospères et très heureux.

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Re: Contes divers et variés

Message  Rick le Mer 10 Déc - 12:47

Conte : La rencontre avec Animalisia, reine des animaux

Il était une fois, dans un petit village, niché au cœur de la forêt, deux jeunes garçons d’une dizaine d’années. Ils n’étaient pas frères mais étaient nés presque en même temps, à quelques jours près. Ils avaient donc grandi plus ou moins ensemble. Dans ce village forestier, ils avaient une ambition secrète, devenir écuyers d’un chevalier. Et pour cela, ils devaient montrer leur courage et leur détermination.

On leur avait souvent fait peur dans le village, en leur disant de ne jamais s’aventurer dans la forêt. Elle était peuplée de méchants animaux, prêts à les dévorer crus. Combien de fois avaient-ils entendus cela dans leur vie ? De nombreuses, certainement. D’ailleurs, trop souvent, ils pourraient dire. Aujourd’hui, ils avaient décidé de montrer leur vaillance, en y allant. On disait aussi que la forêt était magique pour celui ou celle qui savait l’écouter. Les deux jeunes garçons étaient bien enclins à voir ce qui était vrai et pas. Ils prirent donc dans leur sacoche de cuir plusieurs objets. Il y avait dedans leurs trésors de petits garçons, mais aussi une corde et quelques gâteaux. Chacun d’entre eux avait aussi une épée en bois avec laquelle, ils s’amusaient l’un contre l’autre. Après une profonde inspiration et un regard vers l’autre pour s’encourager, les deux compères avancèrent dans le bois.

Quelle ne fut pas leur surprise de voir que ce n’était pas si terrible que ça, finalement. On entendait moins, le marteau du forgeron ou les raclements des lavandières au lavoir ou encore les sabots des chevaux. Par contre, on entendait plus les bruits différents, le vent dans les feuilles. Croyez-vous que les garçons eurent peur de cela ? Eh bien non… Peut-être qu’ils étaient tout simplement plus attentifs à la nature que les garçons de leur âge… Toujours est-il qu’ils continuèrent d’avancer, vaillamment et le cœur léger. Et soudain un cri plaintif déchira le silence de la forêt. Les deux garçons se regardèrent, ne sachant s’ils devaient rebrousser chemin et prendre leurs jambes à leurs coups ou si alors, ils devaient aller dans la direction des cris. Qu’est ce que cela pouvait être ? Un animal blessé ? Ils étaient là pour en apprendre plus sur la forêt, ils choisirent donc, après concertation d’aller voir doucement ce qui se passait.

Ils avancèrent prudemment car ils étaient plus curieux que téméraires. Et soudain, ils virent ce qui avait provoqué ce bruit. Là, dans un piège, il y avait un animal blessé. Le fer était en train de broyer la patte du faon. Ils regardèrent autour de lui, pour vérifier qu’il n’y avait pas de danger. Il ne fallait pas tomber nez à nez avec le chasseur, car il n’apprécierait sûrement pas de se faire voler son repas par deux jeunes enfants. Il ne fallait pas non plus qu’il y ait le parent du jeune imprudent, car ils auraient été alors en grand danger, surtout si c’était le cerf, son père. Le plus grand s’avança donc doucement, la main tendue devant lui pour faire renifler son odeur. L’animal prit peur et tenta de s’enfuir mais plus il tentait de reculer et plus le fer broyait sa patte blessée. Le garçon lui parla doucement pour l’apaiser tout en continuant sa progression lente et il arriva jusqu’à lui. Le second enfant avait lui aussi suivit le mouvement. Il tenta une première fois de libérer le piège à mains nues, mais l’un comme l’autre, virent que cela n’était pas possible. Le temps pressait. A tout moment, le chasseur ou un animal dangereux pouvait venir. Il fallait trouver une idée et rapidement.

Le plus grand des deux décida de faire levier avec son épée de bois, pendant que l’autre se chargerait de caresser l’animal pour le calmer. Il se mit donc à lui murmurer des petits mots à son oreille pour le rassurer. Après plusieurs minutes d’effort, il réussit à libérer le piège. Malgré cela, l’animal ne pouvait pas encore bouger. Délicatement, les deux garçons libèrent le jeune faon qui partit sur ses trois jambes. Arrivé au bout de l’orée, il se retourna vers ses deux sauveurs, comme pour les remercier. Mais, alors qu’ils pensaient pouvoir terminer leur expédition tranquillement, ils aperçurent une brute épaisse. Le genre de personne qu’on n’oublie pas de sitôt quand on a croisé son chemin. Ils auraient pu faire comme si de rien n’était, sauf que le plus petit était encore à proximité du piège à moitié cassé.

Le chasseur commença à brailler en leur demandant ce qu’ils avaient fait et de quel droit ils avaient osé lui voler son repas. Ils commencèrent à déglutirent en se regardant. La diplomatie n’était pas de mise avec ce genre d’individus. Ils décidèrent alors de courir à toutes jambes pour échapper à ce tas de graisse. Ils pensaient pouvoir le semer rapidement mais furent plus qu’étonnés par sa vitesse. Une folle course poursuite s’ensuivit dans les bois. Les deux enfants courraient droit devant eux, sans se retourner, percevant de temps en temps le souffle de leur agresseur. Après de longues minutes, ils osèrent enfin regarder derrière et s’aperçurent qu’ils n’étaient plus poursuivis. Ils s’arrêtèrent donc pour souffler un peu. Mais ils étaient bien embêtés en s’apercevant qu’ils ne connaissaient pas du tout l’endroit. Sur leur droite, ils entendirent le clapotis de l’eau. Ils se dirigèrent donc dans ce sens, en se disant qu’en suivant le cours du ruisseau, ils atteindraient leur maison plus rapidement. Malheureusement, ce n’était pas une rivière mais seulement un petit lac, caché par des buissons et une grande montagne. Dans cette eau magnifique, une femme à demi-nue se baignait.

Les deux enfants, bien que préadolescents, furent émerveillés par ce corps magnifique. Et lorsqu’elle se retourna, ils furent comme envoûtés. La magicienne, puisque cela en était une, venait de les ensorceler. Personne n’avait jamais évoqué, dans le village, l’existence d’une fée ou d’une sorcière. Aussi à son invite, s’approchèrent-ils sans aucune crainte.

Je suis Animalisia, la reine des animaux. Je lis en vous, comme dans un livre ouvert et j’ai pu sonder votre cœur qui est bon. Si vous me voyez aujourd’hui, sous cette apparence, c’est que vous avez été bon pour un de mes sujets.

La magicienne leur expliqua qu’elle prenait différentes formes selon le cas et qu’elle vengeait le mal fait aux animaux. Aussi n’hésitait-elle pas à envoûter les chasseurs pour les punir par la suite, et à les garder emprisonnés dans un coin secret. Mais elle savait aussi récompenser les valeureux aux cœurs purs.

Je vais vous offrir un présent pour vous remercier de ce geste que vous avez eu dans la forêt, avec le jeune faon. Vous lui avez permis de retrouver ses parents, je vais donc, à mon tour, vous aidez à retrouver votre chemin.

La femme s’approcha des deux jeunes garçons et fit apparaître deux objets, un dans chacune de ses mains. Elle tendit au plus grand une sorte de lasso.

Cette corde est magique et a plusieurs pouvoirs. Elle peut faire plusieurs choses, il suffit juste que tu lui parles pour cela. Elle ne craint rien ni personne mais utilise-la à bon escient sinon, elle se retournera contre toi.

Le jeune garçon sourit et remercia la femme. Un objet magique c’était merveilleux ! La sorcière s’approcha de l’autre enfant.

Tu me sembles bien timide et ne parles presque pas. Je vais donc t’offrir un sifflet magique. Il a comme don de te permettre de communiquer avec n’importe lequel de mes sujets. Il te suffit pour cela de penser à ce que tu vas dire et de souffler dans ce morceau de bois en même temps. Mais attention aussi à ne l’utiliser que pour des nobles causes, sinon cet appeau pourrait bien se faire retourner contre toi, n’importe lequel de mes sujets.
La fée se recula de quelques pas et leur dit qu’il était temps pour eux de partir. Puis dans un volute de fumée, elle disparût. Les garçons se regardèrent incrédules et se demandèrent si ce n’était pas un rêve. Un petit haussement d’épaule du plus grand et il prit la corde dans ses mains.

Essayons, nous verrons bien ! Prends la corde avec moi et demandons lui de nous montrer le chemin !

Aussitôt dit, aussitôt fait et la cordelette qui semblait si petite entre les mains des deux enfants, commencèrent à s’agrandir et à onduler tel un serpent à travers la forêt. Les deux garçons se regardèrent et ils décidèrent d’un commun accord de la suivre. Et quelle ne fut pas leur surprise, en voyant qu’en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, ils se retrouvèrent aux portes du village. La corde magique leur avait permis de se déplacer aussi vite que leurs petites jambes leur permettaient mais aussi sans la moindre hésitation. A l’entrée du village, se trouvait le chien du forgeron. Un gros canidé noir qui montrait les dents et aboyait à chaque fois que quelqu’un passait devant l’échoppe de son maître. Le fils de ce dernier aimait terroriser les autres enfants qu’il détestait par dessus-tout. Le plus jeune des deux aventuriers décida donc d’essayer son présent magique. Il demanda à l’animal de se taire et de s’asseoir tout en sifflant dans son morceau de bois. Et croyez-moi si vous le voulez, l’animal obéit malgré les ordres belliqueux de son jeune maître. Il lui montra même les dents ce qui fit partir le méchant garçon en hurlant.

Depuis ce jour, les deux enfants utilisèrent leurs objets magiques, sans oublier les sages conseils de la forêt. Mais, peut-être qu’un jour, nous les retrouverons dans d’autres aventures.

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Re: Contes divers et variés

Message  Rick le Mar 6 Juil - 22:22

Récit épique pour le concours d'écriture du 6ème GFC

La course de la lune était presque terminée et celle du soleil pas encore commencée lorsque je partis me coucher, cette nuit-là. Je l’avais passée à m’amuser, à danser et à chanter, accompagné de ma lyre. Tout le monde croit qu’il est merveilleux de vivre pour l’éternité, mais ce n’est pas toujours le cas. Imaginez toutes ces nuits où sans cesse, il faut réinventer de quoi s’amuser, trouver de nouvelles occupations. Oh bien sûr, vous pourriez croire que je me plains pour rien, car j’ai l’occasion de faire de nouvelles activités très souvent. L’une de mes préférées d’ailleurs est de conduire le char du soleil, lorsque Helios m’en accorde la charge. Malheureusement c’est très rare, malgré le fait que je sois fils du grand Zeus. Se faire adorer aussi par les pauvres humains qui d’en bas espèrent qu’on leur enlèvera tous les maux de la Terre est aussi assez drôle. D’ailleurs, j’aime tellement cette activité que je me suis fait construire plusieurs temples que j’honore parfois de ma visite.

Ce matin-là, ou plutôt devrais-je dire cette après-midi là, car après une nuit aussi chaleureuse et dansante, il me fallait quand même un peu de sommeil, je devais rejoindre mes frères et mes sœurs, convoqués par notre père, le Dieu des Dieux, Zeus. A peine nous étions nous installés sur un nuage que ce dernier nous parla de son ennui. Il était fatigué de voir les mêmes choses tous les jours, de répondre aux suppliques humaines. Et même jeter des éclairs de ci et de là, ne l’amusait guère. Il voulait du changement et faire quelque chose qui sorte de l’ordinaire. Et pour cela, il avait trouvé une idée des plus originales. Il voulait organiser des combats. A cette annonce, j’applaudis à tout rompre. J’adorais les guerres en tout genre, d’ailleurs ne m’étais-je pas placé du côté des Troyens, lors de la fameuse Guerre de Troie ? J’avais hâte de voir quelle guerre, Zeus avait préparé. Je pourrais ainsi à nouveau m’amuser en aidant un camp ou l’autre, en fonction de mes aspirations du moment. Mais, je dois bien avouer que la suite me cloua le bec pendant un certain temps, moins long, bien évidemment qu’un millénaire, mais suffisamment pour rester figé. Notre père avait décidé que ce serait nous les Dieux qui lutterions. Un de mes frères lui rappela alors qu’un Dieu qui se bat contre un autre, le combat ne verra pas de vainqueur puisque nous étions de la même force. Et là, c’est comme si je reçu un éclair dans la poitrine car il avait décidé que nous nous affronterions au clan des Titans. Je le regardais alors, pensant à une plaisanterie mais rien sur son visage, ravagé par le temps, ne laissait rien passer de ses émotions. Ainsi, il avait fait son choix. Et je faisais partie des « heureux » élus. Restait plus qu’à connaître mon adversaire du jour. Mais là, Zeus dans sa grande générosité, nous laissa le choix de notre concurrent.

Moi, qui avait le don de voir dans l’avenir et de faire des oracles, m’installa dans un coin pour voir quel Titan serait pour moi le plus facile à vaincre. Fort de ma révélation, je me tournai vers mon père et lui dit


Ô Grand Zeus, je veux combattre contre le dénommé Phaéton !

Je savais grâce à ma vision que ce Titan ne connaissait pas encore le nom de son père. Il ne me resterait plus qu’à lui dévoiler pour le vaincre d’une manière rusée. Le jour du combat approcha à grands pas, bien qu’il soit difficile de reconnaître la durée, lorsqu’on a l’éternité pour nous. Ce jour-là, je chaussais mes bottines. Contrairement à mes frères et sœurs, qui préféraient tous pour la plupart des sandales, moi j’aimais le confort de ces chausses hautes. Je pris avec moi, ma phorminx qui m’aiderait le moment venu pour chanter quelques vers. Puis, j’attelai mon char, tiré par mes compagnons les cygnes et nous nous rendîmes sur l’aire de combat. Il était déjà là, arrogant à souhait, prêt à en découdre et sûrement à me faire mordre la poussière. Et lorsque le signal fut donné et qu’il s’élança sur moi, prêt à me montrer qu’il était le plus fort des deux, je lui fis un signe de la main pour l’arrêter d’un coup. Il resta un moment interdit. Ce fut ce moment que je choisis pour faire naître les premières notes de mon instrument.

O toi Titan Phaéton fils de l’océanide Clymène
Laisse-moi te dédier cet étrange poème
Toi qui ne connais pas encore ton père
Je vais te révéler de ta naissance le mystère

Regarde haut dans le ciel cette lumière
Cet astre qui aujourd’hui nous éclaire
Il est transporté par le char d’Hélios ton paternel
C’est lui qui a trouvé ta mère si belle

Ecoute bien, Phaéton, mon oracle
Je t’annonce ce que tu espères, ce miracle
Tu as retrouvé la trace de tes origines
Alors abandonne ce combat et cette mauvaise mine



Je venais de terminer mon premier chant, laissant mon adversaire K.O. Et presque souffrant. Je pensais avoir gagné sans avoir même utilisé une de mes flèches tendues sur mon arc bandé. Mais la colère de Zeus se fit entendre et me fit comprendre que le combat n’était pas terminé et que même si j’avais remporté la première bataille, je n’avais pas gagné la guerre. J’étais distrait, occupé par écouter les propos de mon père, ce juge, que j’en avais presque oublié que j’avais un combat à mener. Mon rival lui ne m’avait pas oublié et aussitôt mon chant terminé, il se jeta sur moi. J’aurais dû continuer à jouer puisque ma lyre avait le don d’apaiser le malheur des hommes comme ceux des animaux sauvages. Je le savais pourtant, mais j’étais trop sûr de moi pour penser qu’il contre carrait. Pendant un court instant, il prit le dessus sur moi et nous roulions à terre, entraînant avec nous des drôles de phénomènes dans la nature. A chaque fois, que l’un d’entre nous prenait l’ascendant sur l’autre, la terre se soulevait pour faire une petite montagne. Et l’endroit que nous avions choisi au départ, se remplit petit à petit de buttes plus ou moins hautes. Cela se passait dans ce qui plus tard, se nommerait le Bourbonnais Auvergne, au centre du futur Royaume de France. C’est ainsi d’ailleurs que nous avons fabriqué, à notre plus grand insu, je tiens à le préciser, la magnifique chaîne des Puys. Notre colère était telle à ce moment-là, qu’à chaque coup d’épaule, de pied ou de bras, nous la transmettions à la terre, qui se chargea peu à peu, en magma, fabriquant ainsi les volcans d’Auvergne. Le Titan ne croyait pas à mon histoire et des larmes de désespoir coulaient parfois sur son visage, m‘insultant de tous les noms. Ces signes de rage titanesques tombèrent petit à petit pour faire naître les lacs au pied des montagnes. D’une flèche paralysante, je stoppai nette l’évolution de mon rival et de manière sournoise je lui expliquai qu’il n’avait qu’à demander confirmation même au conducteur du char solaire et se rendre directement au Palais du Soleil. Je lui fis une promesse que je rendrais les armes et accepterait la défaite, si mon oracle était faux.

Phaéton se concerta alors avec ses amis et décida que l’enjeu en valait la chandelle. C’est donc en direction d’Hélios qu’il se dirigea. Le Titan avait peur de s’être laissé berner par un Dieu, mais lorsque son père lui avoua la vérité, il put s’apercevoir que tout ceci n’était pas mensonges. Mais me direz-vous, tout ceci est bien beau, mais il n’y a pas de gagnant au combat. Et bien détrompez-vous et écoutez la suite de mon histoire.

Comme je vous le disais un peu plus tôt, une de mes passions est de conduire le char du Soleil, mais Hélios n’est pas vraiment prêteur et ne me le laisse que rarement uniquement quand il est trop occupé à détrousser une jolie humaine, ou une personne de sexe féminin. Il m’énerve d’ailleurs quand il fait cela, à tel point que j’avais envie de laisser mon côté vindicatif se montrer au grand jour. J’allais frapper fort. En effet, lorsque j’avais appris par l’Oracle que Phaéton, était fils d’Helios, je ne savais pas encore comment utiliser cette nouvelle. Si le Soleil avait un descendant, alors ce serait lui qui aurait la charge convoitée et je n’aurais plus l’occasion de monter sur ce fameux char. Il fallait donc trouver un moyen et la bataille demandée par Zeus était l’occasion rêvée.

Phaéton s’était donc rendu dans le palais de son père et lui avait posé la question qui tue, sans jeu de mots d’ailleurs car si le Titan avait pu voir ce que lui réservait le destin, alors il ne se serait jamais rendu à sa destinée funeste. Et à cela, Helios lui avait répondu


Je suis ton père (voix caverneuse) et pour prouver à tes camarades notre lien de parenté, je t’accorde un vœu.

Phaéton, qui en arrivant, avait remarqué les chevaux solaires et leur magnifique char, demanda à ce qu’il puisse le conduire pendant un cycle. A ces mots, son père hésita longuement mais il avait fait une promesse sur le Styx et ne pouvait reprendre sa parole, sans risquer d’être conduit sur le fleuve sans retour. Il essaya de l’en dissuader, lui disant que c’était terriblement risqué et que rares étaient les personnes à pouvoir le conduire. Mais le jeune Titan ne voulait en démordre, tellement il avait été ébloui par ce qu’il avait vu. Hélios lui fit donc ses dernières recommandations et le laissa grimper sur son instrument de travail. Et ce qui devait arriver arriva, pour ma plus grande joie, je dois bien l’avouer. Mon adversaire ne fut pas en mesure de tenir les rênes de ces puissants chevaux. Même si parfois j’avais eu, au début, des soucis, mais pas autant que celui que connaissait Phaéton, à ce moment-là.

Lorsque le Soleil tomba au sol, les océans perdirent de leur densité, la terre se craquela à certains endroits et le chaos commença à régner, entraînant avec lui la disparition de plusieurs centaines d’espèces animales et végétales. Voyant cela, Zeus, en tant qu’arbitre et en tant que souverain tout puissant de l’Olympe, ne put faire autrement que foudroyer mon adversaire. Celui-ci n’étant plus, mon combat fut gagné. Certains d’entre vous diront peut-être à la déloyale. Moi, je dirais tout simplement que je l’ai gagné de façon divinement magistrale. Il ne faut pas oublier que j’avais envie de voir les combats et d’être le premier à me battre n’avait pas été à mon goût. Et puis n’oubliez jamais qu’à contrarier une divinité, on risque sa colère. Bien sûr, vous pourriez penser que si je n’avais rien dit à mon rival, jamais peut-être il n’aurais connu son lien de parenté avec le soleil et que j’aurais continué à pouvoir conduire le char solaire. Mais est-ce ma faute à moi, si j’aime tant cette activité, ses descentes vertigineuses, le soir lorsque la course est terminée ou ces montées lentes et raides, le matin au lever ? Est-ce ma faute, si j’aime tant ça que je ne veux pas le partager à nouveau avec une autre personne ? Et ce qu’un Dieu veut, il fait tout pour l’obtenir.

Sachez cependant que je reste tout de même un adversaire loyal. Et pour le remercier de s’être battu contre moi et d’avoir perdu, il me fallait trouver quelque chose à écrire comme épitaphe
.

Ci-gît Phaéton, qui conduisit le char de son père ; s’il ne put le diriger, il tomba victime d’une noble audace

Voilà ce que l’on pourrait lire sur ce qui resta de mon adversaire. Et pour moi, il était temps que je retourne sur mon nuage à regarder les futurs combats aux côtés de Zeus.

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