Une disparition inquiétante...

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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Rick le Lun 29 Juin - 0:06

Rick a écrit:[La prévôté]

Rick était encore abasourdi par la demande de Beths d'intégrer la maréchaussée. Et soudain un cri le réveilla d'un coup. Et contrairement à toute attente, ce n'était pas l'adjointe à la prévôt qui avait hurlé ou parlé à sa manière. Mais c'était Kory qui avait fait entendre sa douce voix. Et son cri était une belle déclaration. Une déclaration d'amour d'une soeur à son frère. Le jeune homme savait que sa soeur tenait beaucoup à son poste à la maréchaussée. Et là, elle tenait tête à Beths, sa supérieure hiérarchique. Et pourquoi ? Ou plutôt pour qui ? Pour lui, Rick. Il se retourna vers sa soeur et souria timidement. Il aurait voulu dire quelque chose, mais entre l'émotion d'une telle déclaration, le manque de sommeil et l'inquiétude, la voix du jeune homme resta muette de manière involontaire.

Rick, si tu refuses, ce n’est pas grave. Qu’on me mette un procès aux fesses, je ne regretterai rien de ce que j’ai fait pour toi.

Kory connaissait vraiment bien son frère car elle avait compris qu'il avait du mal à prendre une telle décision.

Merci Kory... Mais tu sais...

Que pouvait-il ajouter à cela... Il ne le savait même pas lui-même. Lorsqu'il serait rassuré sur Tia et sur sa présence, il pourrait réfléchir à tête reposée sur cela.

Oui, on en reparlera plus tard

Le jeune homme était soulagé de ce côté-là. Il pensait que cela s'arrêterait là, mais c'était sans penser au côté obscur de Kory et à son entêtement. Ah le côté de la Serna qui ressortait ! Mais le bon côté de cette famille pour une fois car contrairement à leur père, sa soeur savait ce que le mot famille signifiait. Ce n'était pas le cas de tout le monde. Sa soeur arracha ses insignes de maréchale et de douanière et les tendit à Beths. La réaction de la duchesse de Billy ne se fit pas attendre.

grrrrrrrrrrrrr ! Mais t’ai-je demandé de laisser tomber ton frère ! Toi quand tu as une idée …
Et d’une tu vas me faire le plaisir de raccrocher tes insignes, et deux, je préviens notre prévôt qu’aujourd’hui tu es dispensée de garde, de dossier, de tout, et que tu consacres ta journée à rechercher Tia … Aléthea comprendra parfaitement. Je m’étonne d’ailleurs qu’elle ne l’ait pas encore fait.


Rick ne pouvait pas laisser sa soeur faire une telle erreur. Car un jour ou l'autre, elle le regretterait et le jeune homme ne pourrait pas se pardonner de lui faire perdre sa passion pour la maréchaussée. Tout comme Tia, il ne pouvait se pardonner certains faits ou gestes envers elle. Les deux femmes étaient vraiment un très bon soutien dans ce moment pénible et inquiétant. Mais comment devrait-il faire si jamais Tia ne revenait jamais ?Etait-ce d'ailleurs pour cela qu'elle le quittait aujourd'hui ? Le jeune homme essayait de s'en convaincre. Mais son amour pour lui serait-il suffisant pour la faire revenir ? Et l'amour de leurs enfants serait-il assez fort pour pardonner à leur père ses actes ? Comment pourrait-il expliquer à Georges et aux jumelles que leur maman les aimait mais les avait abandonné pour une raison inconnue ? Comment pourrait-il les élever seul sans son aide ? Pourquoi Rick pensait-il à cela tout de suite ? Il secoua la tête pour chasser les idées qu'il venait d'avoir à l'esprit.

Il était totalement perdu dans ses pensées. Et soudain, il fut à nouveau tiré par les propos des deux femmes.


Tu n’aurais pas un portrait de Tia ? Qu’on le reproduise et fasse un avis de recherche. Si y a besoin de sous, j’ai quelques économies que je suis prête à te donner pour ton avis de recherche.

Ben cela nous pouvons le faire à la prévôté ! Nous avons de très bons copistes

Un portrait dis-tu ? Non... enfin si... enfin non pas sur moi. Mais il est dans la besace que j'ai dû laisser quelque part.

Rick essayait de se souvenir où elle était mais déjà Beths leur montrait à nouveau le chemin de la sortie. Fichue mémoire ! Où avait-il mis sa besace ? Il essaya de se souvenir où c'était en retraçant son chemin à l'envers, tout en prenant la sortie, poussé gentiment par Beths, pressée de se remettre au travail, sans doute. Mais oui, c'était bien sûr, elle avait dû rester sur le cheval d'Aigue. Ou plus exactement dans les sacoches de selle. Une fois remis dans la rue, comme n'importe quel va-nu-pieds, Rick se retourna vers sa soeur.

Kory, le portrait, il doit être sur la jument d'Aigue ! Faut qu'on retourne chez toi, et que je retrouve la besace où il y a le portrait de Tia.

Rick se souvenait qu'il avait un petit bijou dans lequel il avait fait insérer le portrait de leurs trois enfants d'un côté et de l'autre celui de leur couple. Il voulait offrir ce présent à son épouse pour son anniversaire, mais les événements avaient été tels qu'il n'avait pas pu mener à bien son projet. La vie était parfois mal faite. Il se retourna vers sa soeur et la prit dans ses bras. Devant moins de témoins, le jeune homme pouvait mieux laisser parler son coeur. Il préférait l'anonymat de la rue, plutôt que la présence de tous ses maréchaux.

Merci Kory... A toi toute seule, tu représentes vraiment l'image de la devise de notre famille. Courage et sacrifice. Aujourd'hui, tu as su prouver que tu en manquais pas. Merci pour tout ce que tu as fais, devant Beths. Jamais je n'oublierais un tel geste. Je sais combien la maréchaussée compte pour toi. Presqu'autant que pour Tia, ce qui n'est pas pour dire.

Rick sourit à sa soeur, un peu triste.

Allez on retourne à Montbrisson...

[Montbrisson, le retour]

Combien de temps avait duré le voyage ? Pas si longtemps que ça car Rick avait fait galoper le cheval le plus rapidement possible. Il s'était senti pousser des ailes avec l'idée de mettre des affiches partout pour retrouver Tia. Il était sûr qu'avec ça, il trouverait quelqu'un qui l'aurait aperçu récemment. Arrivé devant chez Kory, il sauta même à bas du cheval, avant même que celui-ci ne soit arrêté, manquant de se tuer, lorsque sa botte resta coincée un instant dans l'étrier. Un court instant de flottement où la vie apparaissait vraiment comme un mince fil. Heureusement que la Faucheuse était occupée ailleurs à ce moment-là.
Rick se précipita vers l'écurie et tenta de retrouver la selle d'Altaïr. Après plusieurs minutes de recherches, il trouva enfin sa besace. Il était entré dans le petit logement cavalier de façon cavalière, sans demander l'autorisation à Kory. Ah la politesse, ça se perd vite quand on est préoccupé !


Super Kory, j'ai le portrait de Tia.



Je sais pas si elle porte ces vêtements actuellement, mais c'est la seule image que j'ai d'elle, hormis, celle de ma tête.

Rick regarda son épouse d'un air nostalgique et à nouveau ses craintes refirent surface. Et si... Il avait besoin d'être seul et quoi de mieux que le lac pour tenter de ne plus penser à tout.

Tiens, Kory... Tu crois que tu peux trouver quelqu'un pour apporter cela à Beths. J'ai besoin de faire un tour au bord du lac. Tu m'excuses !

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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Rick le Lun 29 Juin - 0:07

Korydwen a écrit:Prévosté... Let's go ?

Dire qu'elle ne s'y attendait pas n'aurait été que mensonge, oh que oui, elle se doutait bien que Beths refuserait pareille chose, mais Korydwen était en accord avec elle-même, elle avait toujours dans la mesure du possible fait passer sa vie de famille avant le duché, sauf pendant la guerre où l'inverse s'était produit et où elle avait été si mal, elle avait été si chiante, si odieuse... Elle ne voulait pas recommencer, qu'elle était le mieux pour elle, voir son frère malheureux et continuer à se pavaner avec des insignes ou bien tenter de redonner le sourire à son frère sans ses insignes qui n'était pas tout. Pour d'autre, la prévoté était une part de leur vie, Korydwen avait appris qu'il ne fallait pas s'attacher, parce que l'on vous remercie d'une façon fort peu sympathique... Elle avait testé avec la mairie... Après plus d'un an se faire traiter de voleuse par une bande de dégénéré du cerveau... Si elle avait pris les dix mille écus... Cela se serait vu. Depuis ce jour, elle travaillait bien, mais n'y mettait plus tout son coeur, par peur que cela se reproduise... La chute fut dure, le redressement fut long... Son époux du subir ses humeurs... Elle se tourna vers Rick, lui aussi avait vécu pareille chose, c'est pour cette raison qu'elle comprenait son hésitement, elle savait aussi qu'il avait peur que le mauvais côté ressorte... Mais ça, Kory y veillerait personnellement pour qu'il reste dormir en Espagne...

Des idioties ? Nan de la logique. Si j'ai dérogé aux règles et bien je suis censée être suspendue nan ? Et dans ce cas-là, je ne peux plus porter d'insignes.

Haussement d'épaule, Kory et sa logique, mais elle avait toujours été réglo, refusant de se laisser emporter à crier et autre. Tout ce qu'elle voulait c'est que tout ceci s'arrête, qu'elle puisse enfin dormir et se reposer.

Je ne baissais pas les bras... Si je baissais les bras ça se saurait. Là je ne baisse pas les bras, je reste logique à ma pensée... A moi-même... Korydwen de Toggenburg-Marigny, née Harispe de La Serna...

Fille de sa mère et de son père... Le caractère fort de son père avait été retrouvé dans ses gênes, du moins une partie, ce sang chaud, qu'elle peinait à maitriser mais qui aujourd'hui ne lui faisait pas défaut, comme il avait pu le faire, il y a quelque temps. De La Serna, y-a-t-il eu un jour où un de la Serna n'a pas souffert... Rick, Angelo, Korydwen, Ethan, Eledwenn, Eldarwenn... Tous à leur façon, les uns mariés de force, les autres forgés à l'image d'un père... L'un comme l'autre, les deux étaient des pourris... Elle regarda son frère et Beths. Aussi têtue que sa fille ? Certes, c'était plutôt Eléa qui était aussi têtue que sa mère, elle lui avait fait ce "cadeau", mais au moins elle obtenait ce qu'elle voulait. Têtue, maligne, imaginative, elle avait toujours un plan pour se sortir des mauvaises passes, toujours une parole en plus pour faire rire... Mais jamais ô grand jamais, elle n'était faible... Pas aujourd'hui, pas dans cette histoire... Si ils savaient...

Je n'ai pas dit que tu ne t'inquiétais pas... J'ai, comme tu es procédurière, rendu cela plus facile... Prise la main dans le sac... Autant aller jusqu'au bout... Et ce n'est pas signe de faiblesse... Enfin pas pour moi...

Elle la laissa s'énerver, de toute façon cela ne servait à rien, elle savait la colère mauvaise conseillère, elle faisait attention maintenant, la regardant en souriant. Elle avait la dessus une promesse, malin l'Althiof, mais il l'avait beaucoup changé en mieux...

Certes... Certes. Mais comme je l'ai déjà dit... Si j'ai fait une faute grave, je n'ai plus de place ici... Logique ! Rick... On le laissera décider, je sais que c'est dur pour lui... De part ce qui a déjà pu se passer quand il s'engageait quelque part... Il est méfiant... Il a un problème avec son père... Mort qui le hante jour et nuit, il ne veut pas devenir comme lui... Comme ce manipulateur assoiffé de pouvoir... Alors il hésite... Il hésite dès qu'il a un petit quelque chose entre les mains, de peur de sombrer... Ce qu'il a vu, il n'en parlera pas, j'ai confiance en mon frère... Je n'hésiterai pas à lui confier les choses les plus importantes... Alors serment ou pas... Les dossiers ça je sais...

Elle l'avait bien remarqué, mais bon elle ne les reconnaissait jamais les brigands, et puis bein comme elle ne s'en occupait pas, pouvait pô aider, elle faisait au mieux...Et là voilà qui s'énervait encore, l'était enceinte ou quoi ? Tournant la tête légèrement sur le côté observant calmement, tournant sa langue sept fois dans sa bouche, à défaut de pouvoir le faire dans celle d'Al, se pinçant par moment pour rester calme... Technique archaïque mais qui fonctionne, maitriser ses pensées, tout un art.

Tu ne l'as pas dit... Je t'ai juste dit qu'un serment à mon frère sera toujours plus fort que celui d'une institution... Raccrochez mes insignes ?

Elle les regarda... Mouais, pas sure, elle préférait être la soeur plutôt qu'un maréchal en cet instant. Ouais... Elle referma sa main sur les insignes, quelque part la prévoté... Réfléchissant... Privée de garde ? Au moins elle pourrait dormir... C’était difficile quand même… Et d’autant plus lorsque l’on est têtue… Mais bon, elle ne pouvait pas les jeter comme ça… Pis elle ne les avait pas jeté, juste retirer… Mouais…

Rick se tourna vers elle et la remercia, un signe de la tête et un sourire, il n'y avait pas de remerciement à avoir, elle savait ce que le mot famille voulait dire, pas comme sa soeur... Elle ne le laisserait pas, comme ELLE, elle l'avait fait le jour de son mariage... Et son compagnon tout aussi pu gentilhomme... Un frisson lui parcouru l'échine, en repensant à son entrée dans sa petite cabine des bains de Montbrisson et sans gêne... Elle lui aurait filé une baffe certainement... Mais pas eu le temps, elle ne se souvenait plus ce qu'elle lui avait fait, lui avait essayé de l'humilier, c'était tellement petit... Et après cela, il voulait l'appeler belle-soeur... C'était du délire... M'enfin... Ses pensées s'arrêteraient là...

Il le laissa expliquer pour le portrait mais elle sentait une légère pression sur elle-même, comme si on la poussait dehors, wow avec une force Bethsculéenne. Et bien, ce n'était point femme ordinaire.


Merci Beths ! Oui oui on so...

Pas le temps de finir sa phrase que la maladroite Kory butta contre un bout de bois sur le pas de la porte et tomba sur ses fesses, ne manquant pas de faire rire aux passages les quelques personnes présentes, elle en fit tomber ses insignes qu'elle récupéra et attacha... Sur sa ceinture, ça faisait beau ici... Un sourire angélique à Beths avant que la porte ne se referme sur eux. Elle se releva et regarda son frère.

Mais de rien. Lui dit-elle tout en frottant ses braies pour retirer l'excédent de poussière.

J'ai fait ce que je pensais être le mieux... J'ai fait des erreurs comme toi, j'ai trop souvent fait passer la mairie avant les miens et tu as bien vu comme j'ai su être remercié... Wow la méchante voleuse de mandat... Wow tu es double Kory... Wow tu as aidé Kao... Wow... Quelle bande d'idiot quand même... Avec un époux prévôt à l'époque volé un mandat... J'avais que ça à foutre...

Courage et Sacrifice... Tant que cela reste pour des choses biens... La maréchaussée compte pour moi certes... Mais ! Mais je ne veux pas recommencer mon erreur de la mairie !

Il fallait retourner à Montbrisson, son pauvre cheval risquait... De ne pas supporter...

Montbrisson.

Longue chevauchée, Rick était parti devant, mais elle, elle était restée un peu plus loin, tentant de ne pas s'endormir sur son cheval, autant Rick avait des ailes qui lui avaient poussé dans le dos, autant elle... Et puis sans compter sur le vieil Utopic qui avait de plus en plus de mal à avancer... Alors qu'elle arrivait à Montbrisson elle le vit sortir des écuries. Diantre avait-elle prit autant de temps que cela.

Il lui tendit un truc alors qu'elle était toujours en selle, un pendentif, avec à l'intérieur des gravures, celle de leur couple et derrière les trois enfants... Elle tourna et retourna le truc dans tous les sens... Y avait rien d'autre à voir sur l'image, mais elle regardait le pendentif... Aah Kory et les bijoux...

Les vêtements c'est pas trop grave... Une description de son visage devrait suffire... Dans ta tête... Oui mais dans ta tête, elle est pour toi l'image, celle-ci suffira amplement...

Korydwen opina du chef, elle lui sourit, une main sur son épaule, elle le tourna et le poussa en direction du lac, sa maison n'étant pas si loin, pas un mot rien...

Va !

Elle rentra dans sa maison, elle ne savait pas si Al était là, si il avait lu sa lettre, elle se laissa tomber dans un fauteuil, fermant les yeux tenant toujours le pendentif dans sa main... Elle s'occuperait de cela plus tard...

--Lombre a écrit:

[Montbrison, 29 mai 1457]

La discussion allait bon train, mais l'ombre restait sur ses gardes, espérant que personne ne les avait vus entrer dans cette maison.
Il fallait maintenant réfléchir à la demande de rançon, mais l'ombre savait déjà ce qu'elle allait demander.
Elle lui confirma que la veille de sa garde était le 7 juin, dans ce cas l'ombre avait un peu de temps encore.


- "Bien, bien !
Je sais ce que je vais faire !"


Elle semblait ravie de son idée du lac, à n'en point douter, le lac était un endroit formidable.
Elle savait bien que la situation pourrait leur être profitable à deux contre une.
Rick allait devoir venir seul.
Prouver qu'il aimait sa femme.
Qu'il était prêt à tout à la faire revenir.
L'on verrait bien comment l'homme s'en sortirait.


Le repas commença compliment sur compliment sourire de la part de l'ombre.
L'ombre n'était pas mauvaise en cuisine, elle avait juste peu de temps pour cuisiner.


- "Merci !
Un enlèvement ne se prépare pas n'importe comment...
Il faut préparer un minimum afin de rester discret le plus longtemps possible.
Me fatiguer... Non, cela sera un plaisir et puis qui c'est si je peux espionner ton époux la journée."


Rire de l'ombre, l'ombre savait ce qu'elle faisait. Elle semblait heureuse, elle était radieuse.
Ses enfants allaient avoir des nouvelles de leur mère.
L'ombre transmettrait la missive le plus vite possible.
Elle accepta la tisane bien volontiers, elle n'avait pas trop le choix.

La tasse se retrouva devant elle, soufflant dessus, elle regardait Tia.
Tout en attendant que cela refroidisse, elle sortit un vélin, une plume et un encrier.
S'appliquant à écrire de la main gauche, de façon à brouiller les pistes.
Il ne fallait pas que l'époux reconnaissance l'écriture.

Pour Rick,
De la part d'une Ombre,

Il parait que vous avez égaré votre épouse.
Il se pourrait que cela soit moi qui la retienne.
Sur une pelouse.
Peut-être se pourrait-il qu'elle te revienne.

Une demande te seras faite.
L'honorer tu devras le sept.
Une sorte de rançon.
Ne t'en fais pas pour tes colombes et ton garçon.

A merveille ils se portent.
Ce vélin tu as trouvé sur une porte.
Une promesse tu devras faire.
Sinon tu risques de perdre l'affaire.

Plus jamais tu devras.
Surprotéger ta dame.
Ou tu périras.
Car s'éteindra à jamais la flamme.

Ta dame t'aime.
Mais confinée.
Elle perd toute sa clarté.
Alors si tu l’aimes

Seul tu devras venir.
Au lac.
J’espère que t’as la niaque.
Entre tes mains est ton devenir.

Promet lui.
A jamais.

Une Ombre.

L’ombre montra le parchemin à Tiadriel, fière d’elle.
Il ne restait plus que quelques petites choses à régler avant. La tisane fut avalée
L’ombre s’excusa, mais elle devait maintenant partir, le jour se levait.
Elle embrassa chaleureusement Tia, lui rappelant une fois de plus de se reposer.
Elle quitta la maison, souriante. La missive entre ses mains. Elle se rendit au perchoir du village, attrapa un pigeon et l’envoya en direction de Cournon
L’ombre retira sa cape et la cacha derrière un tas de pierre.
Elle reviendrait plus tard. Pour le moment, elle était cette personne. Peu connue, mais ça…

Un tour au marché de la personne, achetant fruits, légumes, viandes séchés et charcuterie.
Echangeant écus contre bonne pitance. Tiadriel serait choyée, mais pas trop.
De retour dans la petite cabane, elle lui annonça que le pigeon était parti, lui donna les victuailles.
L’ombre et Tiadriel discutèrent de tout et de rien, riant, se rappelant le bon vieux temps.
Des souvenirs en commun et tant d’autre chose.
L’ombre quitta une fois de plus Tiadriel, on l’attendait ailleurs…

Les jours suivant s’écoulèrent de la même façon. Lui rendant visite, sauf certaine nuit.


Au petit matin…

[Montbrison, le 5 Juin]

L’ombre alla vite clouer le parchemin écrit, il y a plusieurs jours sur la porte du 9 chemin du bord du lac.
Il n’y avait donc plus qu’à attendre.
L’ombre retourna auprès de Tiadriel l’en informé.


- "Chère amie ! C’est fait !
Le parchemin est sur la porte !
Plus qu’à attendre le sept !
Au bord du lac !"


L’ombre regardait Tiadriel qui semblait paisible, reposée.

- "As-tu bien dormi ?
Cette pause te convient-elle ?
Manques-tu de quelque chose ?"

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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Rick le Lun 29 Juin - 0:23

[Le lac de Montbrisson]

Kory avait laissé son frère partir au lac, pour se ressourcer. Cela lui permettrait à elle aussi de se reposer. Le jeune homme marcha un moment sur la grève, les yeux perdus dans le décor, le cœur triste. Il s'arrêta un instant pour mieux contempler ce lac où il avait passé tant de moments de bonheur. Il décida alors de s'asseoir un instant. La couleur de l'eau lui rappelait tant celle des yeux de Tia. En regardant le lac, il voyait le visage de son épouse danser dessus, lui souriant. Il secoua la tête tristement. Pourquoi lui sourirait-elle alors qu'elle était partie sans prendre la peine de lui écrire un mot ? Les volcans alentour lui rappelaient les formes généreuses de sa femme. Il était triste en pensant qu'il ne pourrait plus poser ses mains en de douces caresses dessus. La nuit commençait à tomber, entraînant avec elle, le soleil qui disparaissait derrière la chaîne des Dômes. Une couleur orangée fit son apparition donnant au reflet du visage de la jeune femme un regard plus volcanique, comme ci la colère s'était emparée de ses yeux. C'était d'ailleurs sûrement à cela qu'il devait ressembler en ce moment, si elle pensait à lui. Mais pourquoi penserait-elle à lui en ce moment ?

Le froid commençait à se faire sortir et le jeune homme rabattit les pans de sa cape sur lui, afin de s'y lover dedans. Et soudain deux petits ploc se firent entendre à côté de lui. Deux petites figures à son effigie se tenaient devant lui. L'une était bleue et avait une auréole au dessus de sa tête. L'autre était rouge et avait une queue diabolique descendant du dos, tandis que sa tête était ornée de deux petites cornes. Rick se frotta les yeux pensant s'être endormi, malgré lui. Mais quand il les ouvrit, elles étaient encore là. Et soudain l'apparition maléfique s'adressa à lui.

Arrêtes de penser à elle ! Elle ne te mérite pas ! Tu ne comptes pas à ses yeux...

Rick regarda ce petit lutin rouge. C'est vrai qu'il avait raison après tout. Il ne comptait pas aux yeux de son épouse, sinon elle aurait pris le temps de lui écrire un mot. Elle avait bien pris le temps de le faire pour Georges et les jumelles.

Mais tu vas arrêter, espèce de diablotin de semer le doute dans son esprit ! Ta femme t'aime mais tu la fais souffrir sans t'en rendre compte.

Le jeune homme regarda le lutin bleu cette fois. Lui aussi avait raison. Il s'en rendait compte maintenant. Tia l'aimait et lui aussi mais contrairement à elle, il ne savait pas lui montrer. D'ailleurs en y repensant, sa sœur tout comme son épouse avait fait un geste envers lui, prouvant leur attachement envers lui. Tia avait quitté l'ordre du Saint-Esprit pour lui, avant leur mariage, afin de fonder une famille avec lui. Ne le regrettait-elle pas maintenant ? Si elle avait su qu'elle souffrirait ainsi, si peu de temps après, l'aurait-elle fait ? Et Kory, en cette fin d'après-midi, elle avait offert de rendre ses insignes de maréchale et de douanière, juste pour le protéger lui, de leur entrée interdite dans un lieu top secret. Et pendant que les deux lutins se disputaient sur le choix de Tiadriel et sur celui que Rick devait faire, lui se posait tout simplement une question.

Qu’avait-il fait pour les deux femmes de sa vie ? Il avait beau chercher mais lui n’avait jamais rien fait pour elles qui soit vraiment un signe d’amour. Il n’avait pas quitté un lieu qu’il aimait pour l’une d’elles, il n’avait pas renoncé à quelque chose qui comptait vraiment à ses yeux par amour. C’était vraiment triste comme constat. Et en y réfléchissant, que pouvait-il leur donner comme preuve de son amour pour elles ? Quitter quelque chose qu’il affectionnait particulièrement ? Actuellement, il était conseiller municipal aux animations de Montpensier, mais il l’était plus par amitié, pour Aigue, la bourgmestre du village, que par passion. Quoi qu’après tout, il aimait vraiment amuser la galerie et les villageois. Était-il prêt à abandonner sa charge pour Tia ? Totalement oui, puisqu’à la fin du mandat municipal en cours, il n’avait pas l’intention de renouveler son engagement. Mais bon, du coup, ce n’était pas vraiment un sacrifice pour lui. Alors quelle autre preuve ? Peut-être sa charge de diacre à Cournon. Mais cela ne serait pas une preuve d’amour pour Kory qui se trouverait avec une chapelle sans chapelain et il savait son épouse trop bonne aristotélicienne pour avoir ce souhait. Il restait alors son poste de défenseur des bûcherons. Mais là pas sûr encore que Tia en ait vraiment envie. Fermer sa taverne ? Elle ne donnait pas de travail supplémentaire au jeune homme et permettait aux parents d’économiser un peu d’argent pour pouvoir un jour permettre à leurs trois enfants d’avoir un début d’éducation.

De toute façon, Tia elle ne l’aime pas ! Elle n’aime que leurs enfants sinon elle lui aurait écrit !

Le diablotin rouge avait raison. Pourquoi son épouse avait pris soin d’écrire à leurs enfants, tout juste après être partie, mais pas à lui ?

Arrête ton délire, cette jeune femme souffre et elle avait besoin d’être loin de lui !

Loin de lui, car elle ne l’aime pas, c’est bien ce que je dis !

Non pour pouvoir continuer à l’aimer, avant de le haïr…

Rick écoutait distraitement la conversation de ses deux visions sosies. Ils avaient tous les deux raisons dans leur raisonnement. Tout dépendait de quel côté, on se plaçait. Il essaya de se rappeler ce que le rouge avait dit. Elle avait écrit aux enfants, juste après son départ. Tout comme Aliénor mère l'avait fait à son fils avant de quitter le pays et son mari, mais lettre qu'il n'avait jamais eu avant de lire une copie dans les affaires de sa soeur. C’était étonnant comme attitude, non ? Pourquoi n’avait-elle pas laissé un mot à un des serviteurs de Kory, qu’il lirait aux enfants après ? Le jeune homme tenta de chercher une explication. Mais la cacophonie que faisaient les deux apparitions étaient vraiment ennuyeuse et assourdissante. Il n’arrivait pas à se concentrer et à réfléchir de manière posée à tout cela. Il tenta une première fois de les chasser en mettant ses mains sur ses oreilles, mais il arrivait toujours à entendre leurs disputes. C’était impensable tout cela…

Stoppppppppppppp ! Ca suffit ! Disparaissez, je veux plus vous voir !

Un regard du rouge pour le bleu et du bleu pour le rouge

Tu vois, tu as réussi à l’énerver avec tes conseils stupides !

Non, c’est toi en lui faisant croire que tout était encore possible…

Un mouvement d’énervement envers les deux poupées qui volaient autour de lui et deux pops se firent entendre pour signifier de leur disparition.

Ouf ! Me voilà seul ! Tristement seul d’ailleurs…

Rick essayait maintenant de réfléchir aux dires du diablotin. Serait-il possible que Tia est eu une idée noire en tête ? Une idée aussi noire que la nuit qui était désormais présente ? Non cela n’était pas possible car Tia était aristotélicienne et une enfant du Très-Haut ne met pas fin à ses jours ainsi. Mais pourtant…. Son comportement laissait envisager une telle hypothèse… Le jeune homme ressentit une douleur dans la poitrine, comme si son cœur arrêtait de battre. D’un autre côté, Tia avait déjà été assez malheureuse pour envisager cette solution. Le jeune père s’en souvenait comme si c’était hier. Très heureuse, elle avait annoncé à son nouvel époux qu’elle était déjà enceinte. Et contrairement à ses attentes, lui n’avait pas sauté de joie, mais l’avait planté là, sans demander son reste. Une terrible fuite qui aurait pu avoir de graves conséquences. Le jeune homme avait été se ressourcer ici même au bord du lac. Et soudain…

Oh mon Dieu…. Non ce n’était pas possible…

Rick se releva d’un coup. Une terrible pensée venait d’illuminer son esprit et voilà que le jeune homme se précipita vers le lieu où il avait retrouvé Tia à l’époque. Mais la nuit noire n’aidait vraiment pas un homme pressé à atteindre son lieu. Une racine d’arbre ou un je-ne-sais-quoi qui traîne dans la campagne alentour et le jeune homme fit une chute. Et en voulant se rattraper avec ses bras, il sentit une violente douleur à la main gauche. Malgré ce qu’il ressentait, il avait moins mal au poignet qu’au cœur…. En plus, plus il y pensait et plus il se disait qu’aujourd’hui comme il y a deux ans, les apparitions étaient venues lui rendre visite. Et aujourd’hui comme il y a deux ans, il était assis au bord du lac de Montbrisson. Enfin, aujourd’hui comme il y a deux ans, il avait déçu son épouse.

Arrivé maintenant devant la falaise, il se rapprocha doucement. Il ne fallait pas chuter plusieurs mètres plus bas. La lune n’était pas assez éclairante pour voir le bas de la colline. Rick pestait intérieurement. Il savait pourtant que c’était un lieu dangereux. Preuve en est, et que Gilou le beau-frère de Kory avait trouvé la mort ici-même, il y a plusieurs années. Et sûrement d’autres personnes dont Rick ne se souvenait pas. Nouvelle chute et le jeune homme se rattrapa in extrémis, entraînant un éboulis de plusieurs pierres qui tombèrent dans un bruit sourd. A genoux, le dos à la falaise, il remercia intérieurement Aristote de ne pas avoir fini sa dégringolade. Qu’auraient fait Georges, Patience et Aliénor s’il était tombé ? Rick arracha plusieurs poignées d’herbe et il se mit à hurler


Tiaaaaaaaaaaaaaaaaa ! Tiiiiiiaaaaaaaaaaa !

Combien de temps resta-t-il ainsi accroupi comme un vulgaire animal ? Il était à quatre pattes, malgré la douleur du poignet et malgré une nouvelle douleur qui venait de faire son apparition au niveau du genou. Le jeune homme ne le savait pas encore mais il venait de se le casser et il avait un trou au niveau du genou, dans ses braies.

Rick se décida enfin à rentrer chez Kory. Peut-être aurait-elle des nouvelles. Le jour commençait à se lever doucement sur ce quatrième jour du mois de juin 1457. Il se dirigea donc doucement vers chez sa sœur. Devait-il frapper à la porte ou pas ? Il n’en avait pas le cœur ni la force. Cela faisait maintenant quarante huit heures qu’il n’avait pas fermé l’œil et presque autant qu’il n’avait pas pris un vrai repas. Sa barbe était hirsute, son visage était pâle et des cernes commençaient à se former sous ses yeux. Mais que lui importait son apparence physique pour le moment. La seule chose qu’il voulait c’était retrouver son épouse. Même en se forçant, il n’arriverait à rien avaler ni même à dormir. Il entra dans la petite maison et se dirigea vers le salon. Elle était silencieuse, tristement silencieuse. Il eut la surprise de voir Kory endormie dans un fauteuil. S’était-elle inquiétée de son absence ? Était-ce pour cela qu’elle était là, risquant d’attraper le moindre froid ? Rick dégrafa sa cape et la déposa sur sa sœur. Il aurait bien mis une couverture mais il ne pouvait pas non plus fouiller la maisonnette à la recherche d’un tel bien.
Il s’assit un instant face à elle et contempla son poignet. Celui-ci avait doublé de volume et était légèrement bleui. Soupir du futur médecin qui venait de faire son diagnostic. Maintenant qu’il était assis, il commençait à ressentir la douleur. Et dire que Tia et ses tisanes miracles n’était pas là. Lui n’avait jamais été bien fort en herbologie et il avait laissé le soin à son épouse d’apprendre cette branche de la médecine. Il fallait qu’il trouve quelque chose. Il se décida donc de se lever pour voir si dans la cuisine de sa sœur, il n’y aurait pas un onguent qu’il pourrait préparer. Mais dans sa précipitation, légèrement saccadée par la fatigue, il fit tomber un quelconque bibelot qui traînait dans le coin, dans un grand bruit. Rick se retourna alors vers Kory, espérant ne pas l’avoir réveillée.

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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Korydwen le Lun 29 Juin - 23:17

9 chemin du bord du Lac. Visiblement entre le 3 et 4 juin 1457

Endormie et bien dans son fauteuil, son corps gesticulant au gré de ses rêves, ses muscles se raidissaient parfois, surtout lorsqu’elle avait l’impression de tomber dans son sommeil, régulièrement cela lui arrivait, elle ne savait pas à quoi c’était du, mais à chaque fois la contraction de ses muscles la réveillait, mais elle se rendormait aussitôt, ses rêves plutôt mouvementés, mais pas dans le mauvais sens, mais ça, même elle ne s’en souviendrait pas… Combien de fois, elle se réveillait sans se rappeler de ses rêves.

Un bruit de verre brisé la réveilla en sursaut, sans même réfléchir, elle lança un :


Matthis ! Qu’est-ce que je t’ai déjà dit ! On touche pas aux affaires de Maman !

Pas très bien réveillé, elle s’attendait à entendre la voix de son fils, avec une phrase dans le genre « c’est pas moi maman ! C’est Timothée ! » mais non cette fois rien, elle se frotta les yeux et se réveilla dans son salon et là, la mémoire lui revint, elle était chez elle après avoir cherché Tiadriel toute la journée, il faisait nuit. Elle se leva difficilement tenant toujours le portrait dans ses mains.

Al ? C’est toi ? Tu t’es fait mal ? T’as cassé quoi ? Une mocheté ?

Elle attendait une réponse, mais non rien. Pas de réponses, elle posa le portrait sur la table et s’avança dans la cuisine, elle trouva son frère dans un triste état, mais pour le moment, elle regarda plus par terre qu’autre chose, il avait fait tomber sa belle fiole… Cadeau d’Althiof, c’était bien le seul bibelot qu’elle avait mis dans la cuisine. En fait c’était pas sa place, mais quelques jours auparavant, elle avait fait une surprise à son époux et elle s’était parfumée… Sauf qu’elle avait été coupée par un truc et avait posé la fiole d’essence de Rose d’Espagne… Que son époux lui avait fait rapporter de Provins, grande foire avant Noël. Elle le regarda secouant la tête, n’aurait-il pas pu attendre où la réveiller au lieu de venir mettre le bazar dans sa cuisine. Elle secoua la tête et entraina son frère dans le salon le poussant dans un fauteuil, elle ne préférait pas réellement parler, il avait brisé un cadeau cher à son cœur.

Elle attrapa balai et pelle en métal pour ramasser les débris de verres et les déposa dans un endroit, elle s’en occuperait plus tard. L’avantage c’est que la cuisine sentait bon la rose maintenant… Elle espérait qu’Althiof ne se fâcherait pas trop fort, il lui en restait encore quelques flacons à Cournon, mais bon, elle savait comme il aimait cette odeur… Elle fit chauffer du lait doucement et le versa dans une tasse, des petits gâteaux, si il ne mangeait pas, elle le gaverait !! Comme une oie !! Elle posa le tout sur un plateau et retourna dans le salon.

Elle posa le plateau sur une petite table à côté du fauteuil et alluma plusieurs bougies, histoire d’avoir un peu de lumière.


Mange ! Et si tu ne manges pas ! Je te gaverai comme une oie ! T’as pas idée des conneries que tu viens de faire quand même !

Elle savait plus que quiconque ce que l’on pouvait faire dans pareil situation et elle fut prise d’un certain remord… Elle le regardait soupirant qu’il mange, mais son état était bien triste… Cela lui rappelait les remparts de Montpensier, où elle avait fait quelques âneries… Cela avait même failli lui coûter son couple… Elle n’avait pu le dire à Al… Avant que quelqu’un d’autre s’en charge… Blessée ce soir-là, elle avait été… Malheureuse, tremblante… Jamais pareille dispute n’avait éclaté… Elle regardait son frère, elle ne devait pas être dure avec lui. Il était comme elle, sans sa moitié il n’était rien, elle le regardait en souriant et d’une voix douce…

Ca va aller…

Elle attrapa son grimoire de médecine, encore un présent d’Althiof, relevant un œil de temps en temps, histoire de voir si il mangeait et buvait… Sinon et bien, elle irait chercher l’entonnoir et le bâton et sans remord cette fois-ci. Elle posa cependant le livre, dans un excès de fatigue, elle avait oublié de regardé ce qui n’allait pas, elle approcha la douce lueur de la bougie et trouva un genou en sang, elle remonta doucement sur la main gauche, et là elle en tomba sur les fesses, il avait fait pire qu’elle. Double volume du poignet, enfin au minimum, ne pas toucher, il allait hurler… Mais fallait voir… Elle touche et… Cassé… Ca tombait toujours sur elle, en pleine nuit… Et bien soit.

Il fallait chercher dans le grimoire, elle ne connaissait pas ça, elle n’avait pas étudié la médecine, elle avait bien quelques connaissances en herboristerie, ce qui était nécessaire pour une matrone et des enfants très jeunes… Mais sur ce coup-là. Elle se souvenait que le froid atténuait bien souvent les douleurs, alors autant essayé. Elle ouvrit une armoire dans le salon et en sortit un linge propre, elle retourna le plonger dans le saut d’eau fraiche qui attendait dans la cuisine et le rapporta, faisant tomber de l’eau au passage, mais bon ce n’était pas grave du tout. Elle entoura le poignet avec le linge froid, espérant que cela le soulagerait… Elle retourna à son grimoire.


Onguent efficace pour les plaies… Mouarf Souci, qu’est-ce qu’elle porte bien son nom celle-là ! Tu me donnes du souci et moi je vais te donner du Souci, enfin si j’en ai… Là est toute la question. Elle referma le grimoire et monta dans sa chambre, cherchant sa boite d’herboriste. Elle l’ouvrit et commença à chercher dedans, il y avait bien plusieurs sachets de plantes. Cherchant… Que des herbes pour femmes enceintes, enfants et… Voilà elle avait trouvé son Souci ! Mais encore fallait-il maintenant l’écraser.

Elle attrapa son pilon et petit bol en bois et redescendit. Elle retourna dans le salon et le fixa, il semblait avoir gardé son linge froid, elle ne lui dit rien, il était trop mal et elle savait que les remontrances, elle n’appréciait pas elle, une marque de son caractère elle avait du mal avec les gens qui n’allaient pas bien, du mal à trouver ses mots, du mal à dire les bonnes paroles… S’il avait envie de lui parler, il le ferait, elle le savait. Elle déposa des plantes au fond du bol de bois, un peu d’eau fraiche, un peu de graisse pour donner de la consistance à l’onguent. Elle écrasa le tout, tout en regardant son frère, le bruit du pilon sur les plantes, bien rapidement, elle finit par obtenir une fine pate un peu collante et verdâtre. Elle la laissa reposer, elle allongea son frère sur le grand fauteuil, sortit son poignard et coupa ses braies au dessus de ses genoux… Ne préférant pas se risquer à les lui retirer…

Elle se leva à nouveau et jeta les bouts de braies dans la cheminée, cela brûlerait plus tard. Pour l’heure, elle allait chercher une bassine de cuivre qui servait en temps normal à faire des confitures, elle versa un peu d’eau et la rapporta dans le salon, la posant aux pieds de son frère, elle attrapa un linge propre et le trempa dans l’eau fraîche, elle risquait à le faire hurler, mais tant pis. Elle tapota doucement son genou avec pour enlever le peu de sang qu’il y avait. Une simple plaie sans complication, heureusement, parce qu’il y avait déjà le poignet. Elle retourna chercher son bol d’onguent, de retour près de lui un nouveau linge propre pour essuyer le genou, avant d’étaler la pate en couche épaisse, plus tard, elle ferait un bandage… Son poignet semblait avoir dégonflé légèrement. Korydwen réfléchissait, qu’est-ce qu’avait fait Nic quand une femme était arrivée au dispensaire avec une cheville ou une jambe cassée. Elle se souvenait des deux morceaux de bois de part et d’autre, lié par un bandage serré, de façon à laisser dame Nature faire le reste en priant pour qu’elle ressoude les os.

Elle décida de chercher des morceaux de bois près de la cheminée, sa bougie à la main, elle en trouva deux fins et retourna auprès de Rick, elle en posa un doucement sur son poignet, l’autre sur le linge qu’elle posa sur la petite table. Elle attrapa un morceau de bois et le glissa dans la bouche de son frère, ça marchait sur les femmes enceintes, alors sur lui également, il n’allait pas faire sa chochotte en plus. Elle prit doucement le linge avec le bout de bois, le plaça bien sous le poignet, parallèle à l’autre, pas évident de le faire seule, elle enroula le linge autour en serrant sinon cela ne servait à rien, elle termina avec un joli nœud… Il faudrait tout de même qu’il aille voir meilleur médicastre, elle a fait de son mieux avec ses bases… La guerre ça a du bon parfois.

Elle rangea un peu tout ce bazar et alla s’asseoir pour souffler dans un fauteuil. Mais pas le temps que l’on frappait déjà à la porte, elle sursauta légèrement, décidément, le calme ne reviendrait pas il faudrait attendre, mais ça elle le savait… Elle s’approcha donc de la porte et l’ouvrit et derrière c’était et bien c’était Childebert et oui ! Encore lui !


- Ma dame la Baronne !
- Oui c’est moi ! Que me vaut l’honneur de votre visite Childebert ?
- Et bien c’est à propos de…
- Hum veuillez parler un peu moins fort s’il vous plait…
- Bien…


Elle entraina l’Intendant hors de la maison, elle ne voulait pas que Rick se relève brutalement. Elle ferma la porte derrière elle et se planta devant l’intendant.

- Je vous écoute maintenant.
- Et bien voilà ! Dame Tiadriel a de nouveau écrit à ses enfants ! Je pense que vous voudriez savoir ce que contenait cette missive.
- Abrégez bon sang ! Qu’il ne se lève pas !
- Elle va bien ! Dites à son époux qu’elle va bien !
- Merci ! Je sais encore ce que je dois faire ou non !


Elle entra dans la maison suivie par Childebert, elle se rendit auprès de Rick, le regardant en souriant.

Mon intendant est venu m’informer ton épouse se porte bien et elle est bien arrivée à Montbrison…

Elle laissa Childebert et Rick ensemble, elle devait faire partir le portrait de Tia à la prévoté.
Elle quitta la maison un cours instant pour se rendre au bureau des postes, des jeunes garçons y travaillaient pour gagner quelques écus. Korydwen lui en donna plusieurs et lui signifia que le message était de la plus haute importance. Le jeune garçon partit en courant en direction de la prévoté… Korydwen retourna chez elle… Peut-être apprendrait-elle des choses.


Prévoté, le jeune messager.

Il courrait le plus vite possible, jusqu’au château de Clermont, il entra doucement, on lui indiqua la prévoté, mais c’était interdis, pas se faire manger par les grands de la prévoté… Il demanda à un garde de faire demander Dame Beths de Montfort-Balmyr, Parce qu’il avait un message pour elle.

- M’sieur ! M’sieur l’Garde !
- Oui ?
- Dites vous pouvez faire mander m’Dame la Du… Duche… Duchesse de Billy m’Dame Beths de Montfort-Balmyr son nom j’crois ! ‘Fin vous savez celle qui adore la prévoté !
- Oui je vois de qui il s’agit.


Le garde s’approcha de la porte et frappa un long moment.

- Dame Beths de Montfort-Balmyr est demandé ! Un jeune page portant missive !

Le garde retourna auprès du jeune garçon qui tenait toujours sa lettre.

Chère Beths,

Tu n’auras pas trop attendu ma missive, voilà Rick a trouvé un portrait de son épouse, nous te le confions. J’espère que cela portera ses fruits, je dois t’admettre que je ne sais pas ce qu’a fait mon frère cette nuit, mais il est revenu dans un état bien triste. Je sais que tu fais tout ce que tu peux pour l’aider.

Mes insignes ont retrouvé leur place, je dois t’avouer que ma réaction était quelque peu excessive, mais lorsque tu ne dors pas plusieurs nuits de suite et que tu vois ton frère dépérir à vu d’œil et que tu en es peut-être la cause… Ca te fait perdre toute notion de savoir vivre.

Je t’embrasse et te remercie à nouveau pour l’aide que tu lui apportes.
Kory.

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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Rick le Ven 3 Juil - 0:39

Beths a écrit:[Prévôté, visiblement le 4 juin ou temporellement dans ces eaux là]

Des voix qui résonnaient dans tout le château de Clermont, c’est qu’elle avait l’habitude la Duduche, car la fourmilière vivante qu’était la prévôté ne manquait jamais d’activité ou de membres, les allers et venus des douaniers, des gardes, des maréchaux ou aspirants, et ce de jour comme de nuit. L’une des fiertés du BA, cette Institution à laquelle elle était heureuse d’appartenir.
Amusée, la jeune femme entendait les appels à gauche, à droite, partout en même temps. Certains s’interrogeaient encore de l’origine de ses capacités vocales, il suffisait de passer une journée dans l’aile ouest pour comprendre. Et puis elle aimait s’exprimer, elle avait toujours aimé.

La voix d’un garde la tira de sa rêverie. Une missive extérieure.

D’un pas ferme et décidé, la jeune femme arriva jusque devant les portes où un jeune garçon tremblait de tous ses membres


Bonjour jeune homme, si c’est pour une candidature, il faudra attendre quelques années, le temps d’avoir du poil au menton …

Le rire sonore du garde à côté d’elle n’avait apparemment rien de rassurant pour le jeune garçon, mais eut cependant pour conséquence, que de vexation, il s’arrêta de trembler pour lui tendre le parchemin qu’il tenait jusque là serré contre son torse.
Le remerciant d’un sourire, Beths prit alors connaissance de son courrier. Une fois la lecture achevée, refermant le parchemin et regardant de nouveau le messager


Une réponse sera à porter à Cournon. Tu es l’un des membres du personnel ? Etonnant je ne t’ai encore jamais vu chez mes suzerains, mais qu’importe. En attendant, va dans les cuisines du château. Demande à voir Dame Maïté, je suis sure qu’elle aura des biscuits pour toi. Je te ferais chercher là-bas lorsque la réponse sera prête.

D’un coup d’œil au garde pour s’assurer que celui-ci avait également compris et aiderait l’enfant au besoin, Beths fit demi-tour vers les locaux de la prévôté. Elle avait un tant soit peu de travail.

Préparant une première maquette, satisfaite du résultat, elle se rendit ensuite dans les bureaux des scribes, copistes et dessinateurs.
Ces derniers étaient d’une redoutable efficacité, et il valait mieux, car sur eux reposait une part immense des avis de recherche de la prévôté. Ces derniers devaient être réalisés dans les temps les plus courts suite à réception des plaintes de victimes afin qu’un affichage puisse se faire au travers du duché à partir d'une description sommaire la plupart du temps.
Mais pour une fois, Beths allait les trouver non pour un avis de brigandage … et cette fois, c'est un parfait portrait qu'ils auraient à copier.

Déposant la maquette devant le responsable, elle s’expliqua


Vous connaissez tous Tia, et sa disparition nous inquiète. Nous ne pouvons pas rester sans rien faire. Préparez le plus rapidement possible cet avis en ajoutant le portrait que voici. Procédure habituelle, toutefois prévoyez un nombre supplémentaire, car pour les affichages, nous en transmettrons à ma suzeraine. Faites moi quérir dès que tout est prêt, et je veux la priorité sur ce dossier !


Quelques heures plus tard, l’adjointe au prévôt du BA était exhaussée, tout était prêt. Elle se dirigea alors vers le garde d’entrée pour lui demander de faire chercher le jeune garçon dans les cuisines. Elle précisa également à l’homme qu’il faudrait prévoir qu’un membre de la garde accompagna l’enfant qui décemment ne pourra pas porter toutes les affiches.

En attendant le retour du petit, Beths put ainsi écrire à Kory.


Ma chère Kory,

Ton page ainsi que le garde qui l’accompagne possèdent les avis de recherche fraichement établis par nos agents, ainsi que le portrait que tu pourras rendre à Rick.
Comme tu pourras le constater, la copie est fidèle dans les avis.
J’espère ardemment que Tia sera retrouvée dans les plus brefs délais. Tu as carte blanche pour les affichages à travers le duché, dans les institutions, hors duché, … bref n’importe où tu le jugeras utile.

Je sais que tu prends le plus grand soin de ton frère, et que tu le réconfortes. Assure le une nouvelle fois de mon soutien.

Je suis fort aise de savoir tes insignes de nouveau à leur place, et rassure toi, ce n’est pas parce que je n’ai plus aucune famille vivante que je ne suis pas en mesure de comprendre ta réaction.
Penses à te reposer un peu entre deux recherches.

Je t’embrasse,
Beths


Sa missive achevée, elle retourna à l’entrée où l’enfant, moustache de lait aux lèvres ce qui eut don de la faire doucement rire constatant qu’il se présentait de nouveau devant elle tel un homme désormais, attendait sagement en compagnie d’un vieux garde

Jeune page, je te confie la lettre pour la baronne de Cournon d’Auvergne, ainsi que les avis de recherche. Tu seras aidé par le garde que tu vois à tes côtés.
Galopez jusqu’à Cournon, je pense que vous êtes attendus.


C’est donc avec une lettre et moult avis de recherche que le page et le garde partirent …

ANNONCE DE LA PREVOTE : AVIS DE RECHERCHE

En date de début juin 1457 :



Oyez, Oyez,

La Prévôté du Bourbonnais-Auvergne, la ville de Montpensier, le personnel de Cournon, le baron et la baronne de Cournon, la duchesse de Billy, le diacre Rick, les enfants : Georges, Aliénor et Patience, Eléa, Matthis et Timothée, recherchent activement sa maréchale, habitante, belle sœur de ses maîtres, belle-sœur tout court, amie, épouse, mère, et mère de leurs amis, portant le doux nom de Tiadriel. Cette jeune femme a disparu et a été aperçue pour la dernière fois entre Thiers et Montbrisson.

Voici sa description :



Aidez nous à la retrouver !

Si vous avez le moindre renseignement, veuillez prendre contact avec la prévôté, ou bien encore avec Sieur Rick ou Dame Korydwen.

Merci de m'avoir écoutée !

Beths de Montfort-Balmyr
Adjointe au Prévost du Bourbonnais Auvergne

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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Rick le Ven 3 Juil - 0:40

Rick a écrit:[Maison de Kory et Al - Montbrisson]

Rick avait réussi tant bien que mal à se rendre jusqu'à la cuisine. Et là, il avait touché quelque chose et un bruit de verre se fit entendre, suivit de près par une odeur de rose entêtante. Et pour couronner le tout, sa sœur se réveilla en sursaut en criant

Matthis ! Qu’est-ce que je t’ai déjà dit ! On touche pas aux affaires de Maman !

Rick fut tellement surpris par le cri de sa sœur et par l’odeur qui se répandait dans la pièce qu’il n’osa pas ouvrir la porte. Qu’avait-il fait ? Il espérait que ce qu’il avait cassé n’avait aucune valeur pour Kory et que ce n’était qu’un simple bibelot. Mais au fond de lui, il savait qu’un bibelot ne sentait pas la rose. Quelle idée il avait eu de ne pas prendre de chandelle ! Lui qui voulait ne pas réveiller Kory, avait une nouvelle fois, fait le contraire de ce qu’il voulait. C’était sa triste vie que cela ! Il faisait tout le temps le sens inverse de ce qu’il fallait faire !

Al ? C’est toi ? Tu t’es fait mal ? T’as cassé quoi ? Une mocheté ?

Une nouvelle phrase de sa sœur qui semblait étonnée de ne pas avoir de réponse ! Mais que pouvait-il dire ? Une mocheté ? Il ne savait pas si c’était le cas, car il ne voyait rien. Et soudain sa sœur fut à ses côtés. Elle regarda ce qu’il avait cassé, puis sans un mot, elle secoua la tête. Et là, le jeune homme se sentit vraiment mal. Elle n’avait pas eu besoin de pousser un cri car dans le court instant où il avait croisé son regard, il avait lu de la déception et de la tristesse. Elle le conduit jusqu’au salon et le poussa dans un fauteuil. Puis, elle retourna dans la cuisine et sans aucun bruit, elle nettoya ses bêtises. Lorsqu’elle revint, elle avait un plateau dans les mains sur lequel il y avait du lait et des gâteaux. Elle tenait vraiment à ce qu’il mange.

Mange ! Et si tu ne manges pas ! Je te gaverai comme une oie ! T’as pas idée des conneries que tu viens de faire quand même !

Rick baissa la tête, tristement ! Il se sentait comme un petit garçon pris en flagrant délit, comme quand il était enfant. Que pouvait-il dire ? Il la regarda et murmura un faible

Excuse-moi…

Il ne pouvait pas dire plus. Il avait déjà l’estomac noué par la disparition de son épouse et maintenant, il se sentait encore plus mal, à cause de cet objet en verre et qui sentait bon la rose. Kory avait dû sentir qu’elle avait été trop dure avec lui et le regarda en souriant. Puis elle prit une voix douce et maternelle et lui dit

Ca va aller…

Rick esquissa un sourire et acquiesça. Lorsqu’on a atteint le fond du lac, on ne peut pas descendre plus bas. Donc, logiquement, ça ne peut que mieux aller. Que pouvait-il arriver de plus au jeune homme ? Il ne voyait pas. Et heureusement d’ailleurs qu’il ne savait pas ce qu’Aristote avait prévu de plus pour lui, car il n’aurait pas cherché à remonter la pente. Pour faire plaisir à sa sœur, il grignota un petit gâteau et but une gorgée de lait. Kory lisait le grimoire médical. L’ouvrage semblait de très bonne qualité et le jeune homme était un peu étonné qu’une étudiante en voie de l’état ait un si beau manuel. Un coup d’œil sur le livre, un coup d’œil sur lui. Elle s’approcha de lui pour faire un diagnostic. Lui, il avait déjà assez avancé dans le cursus médical pour savoir que son poignet était cassé. Ca serait forcément pratique pour faire du pain avec une seule main. Le seul avantage c’est que son apprentie Marthe allait apprendre plutôt que prévu à faire du pain. Kory revint avec un linge dégoulinant d’eau qu’elle lui mit autour du poignet. Le froid du tissu s’empara de lui et le jeune homme frissonna. Des frissons dus à la fraîcheur mais aussi de plaisir et de bien-être. Il respira profondément et ferma les yeux, laissant son poignet entre de bonnes mains.

Onguent efficace pour les plaies… Mouarf Souci, qu’est-ce qu’elle porte bien son nom celle-là ! Tu me donnes du souci et moi je vais te donner du Souci, enfin si j’en ai… Là est toute la question.

Rick sourit à l’humour de sa sœur. Ca c’est sûr qu’il lui en donnait du souci. Il s’en voulait un peu mais pouvoir s’appuyer sur elle, ça le soulageait vraiment. Ne plus se sentir seul dans de tels faits, c’était vraiment agréable. Il n’avait pas vraiment connu sa famille, avant d’avoir croisé sa sœur et le moins qu’on puisse dire c’est que c’était vraiment très agréable de se sentir entouré. En plus, il l’était vraiment bien, entouré. Il y avait sa sœur et son frère, à Montpensier et ses amis dans tout le duché. Des personnes sur qui il pouvait vraiment compter à chaque moment. Et bien sûr, il y avait son soutien, son bâton de pèlerin, son épouse, sa douce moitié. Et là, il était comme un vieillard au dos courbé, prêt à tomber au moindre caillou trouvé sur sa route.

Kory était maintenant redescendu et s’occupait de préparer un onguent de sa confection. Elle le regarda et il lui sourit


Tu sais, ch’tite sœur, je crois que tu t’es trompée de voie dans les études. Tu aurais dû prendre médecine. Montbrisson aurait eu l’occasion d’avoir un deuxième bon médecin. Je vois bien le tableau et la plaque sur la porte. Les baronnes médecin…

Rick sourit. Même si son cœur était meurtri, il avait besoin d’un peu d’humour pour alléger ses soucis. Et s’imaginer Galswinthe et Kory, toutes deux associées pour soigner les malades c’était un vrai bonheur. Il se laissa s’allonger sur le divan et fronça les sourcils lorsqu’il vit le poignard. Pourquoi diable avait-elle besoin d’une lame dans ce cas ? Difficile de ne pas oublier le taureau et la lame de l’épée, il y a presque deux ans. Il soupira de soulagement lorsque Kory s’occupa de lui couper les jambes des braies. C’est sûr qu’ainsi il serait moins sexy ou peut-être pas… Entre son poignet cassé, son visage amaigri, et sa barbe de plusieurs jours, il ne lui restait plus que les braies découpées au poignard pour ressembler à un pirate. Peut-être que Tia craquerait à le voir ainsi. Peut-être était-elle en manque d’aventures et avait envie d’un aventurier. C’est pour cela qu’elle s’était peut-être enfuie… Pour rejoindre un pirate, un aventurier… Dire qu’il n’avait pas prévu de braies de rechanges. Il pensait quand il était parti de Montpensier, que les traces de Tia seraient peut-être plus faciles à trouver. Il pensait aussi que son épouse serait de retour très rapidement. Kory s’occupait maintenant de son bras, pendant qu’il cherchait encore des explications à la disparition de Tia. Plus les heures passaient et plus ses suppositions étaient farfelues et sans fondement. Bientôt, il la verrait dans des situations cocasses. Peut-être même qu’elle avait rejoint son amant… Kory venait de terminer son pansement : deux bouts de bois avec un onguent et un pansement. Il recracha le bout de bois que sa sœur avait mis. Il était trop assommé pour avoir mal et en plus, il avait souffert plus après le taureau. Il n’avait pas pris non plus, à cette époque, un bout de bois, mais un verre d’un quelconque alcool. Alors aujourd’hui, il prendrait son mal en patience et il serrerait son poing. Son poignet le lançait affreusement mais il s’en occupait pas, tellement occupé à fomenter des nouvelles idées et suppositions sur la disparition de son épouse.

Kory venait tout juste de se poser sur un fauteuil, que la porte annonçait quelqu’un par des tocs persistants. Rick n’eut pas le temps de dire merci à sa sœur qu’elle se leva pour aller ouvrir. Cette voix, il la reconnaissait. Comment c’était déjà son petit nom ? Une chose était sûre c’est que c’était pas celle de Cuistot. Une petit réflexion et il fit enfin tilt. C’était celle de l’intendant. Mais pourquoi Kory le faisait taire et l’amener un peu plus loin ? Avait-il des nouvelles de son épouse ? Il fallait qu’il se lève pour aller voir. Il commença une première fois mais l’avait-il fait trop vite ? Sa tête le tourna un peu. Il soupçonnait sa sœur d’avoir mis un calmant dans le lait. Pourtant il n’en avait pas bu plus qu’une gorgée. Il retenta une fois et ce fut à ce moment là que Kory et Childebert entrèrent. Rick fronça les sourcils et scruta le visage de sa sœur pour voir si elle avait appris une mauvaise nouvelle.


Mon intendant est venu m’informer ton épouse se porte bien et elle est bien arrivée à Montbrison…

Kory fut brève et partit sans rien ajouter. Rick se demanda ce qu’elle allait faire. L’intendant resta là. Il fallait qu’il en ait le cœur net.

Bon alors Childebert, dites moi le message… Comment va mon épouse ? Où est-elle ? Vous a-t-elle laissé un message ?

Rick essayait d’être calme mais il faut avouer que la situation le décontenancé légèrement. Childebert sembla hésiter un long moment avant de lui tendre le bout de parchemin. Le jeune homme l’étudia sous toutes les coutures pour voir si le message n’avait pas été dicté sous la menace. Mais il dût bien admettre que c’était bien l’écriture de Tia et qu’elle n’était pas tremblante. La nouvelle était terrifiante. Cela signifiait que la disparition de son épouse était bien volontaire. Elle avait écrit qu’à ses enfants, à ses amours… Et lui dedans, il était où… Avait-il une place encore dans cette famille ? Rick était bouleversé par cette lettre. Il s’en voulait d’avoir voulu voir cette lettre. Tous ses espoirs venaient de s’envoler. Cette missive qui ne lui était pas adressée saignait dans son cœur et ses quelques mots ressemblaient à une rupture. Devait-il vraiment se battre contre la volonté de son épouse ? Et il était là, maintenant avachi dans son fauteuil, juste devant l’intendant de sa sœur. Il décida de le prendre à témoin.

Mon pauvre Childebert… Je vous envie parfois… Quelle chance de ne pas avoir de femme… Au moins, vous n’êtes pas malheureux… Que c’est compliqué une femme ? Elles sont jamais contentes…

Rick se leva et profita de l’absence de sa sœur pour chercher de l’alcool. Il eut du mal à en trouver, mais finalement il réussit à mettre une main sur une bouteille. Un grand sourire s’afficha sur son visage.

Childebert, tout n’est pas perdu, nous avons quelque chose pour nous consoler….

En bon tavernier, le jeune homme fit sauter le bouchon et commença à se rincer le gosier. Ca brûlait à l’intérieur mais ça faisait tellement de bien. Il tendit la bouteille à l’intendant et ils parlèrent des femmes et de leurs attentes. Rick n’était vraiment pas dans son état normal et s’il avait eu les idées claires, jamais il ne se serait amusé à faire cela. Une nouvelle rasade de boisson.

Z’êtes… un chic *hips* type… Childebert… *hips*… Alors que dois-je faire avec *hips* mon épouse ? V’croyez *hips* qu’elle mérite que je me batte *hips* pour elle ?

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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Korydwen le Ven 3 Juil - 14:53

Montbrisson, 9 chemin du bord du Lac Childebert vs Rick puis retour de Grumpy Kory

La Baronne était partie, l’Intendant se retrouvait donc avec Rick, il soupira et agita la tête, il allait devoir avoir affaire à un chouinieur de première classe. Il le regardait, l’homme lui prit une missive, sauf que Childebert n’avait pas apporté la dite missive. Mais bon l’homme avait voulu qu’il lui tende un bout de parchemin, il le fit à contre cœur. Et le spectacle qu’il vu le désola bien franchement, l’homme avait besoin de coup de pied au cul. Son épouse tirait la sonnette d’alarme et ce con, oui oui, c’était bien le terme, ne pensait qu’à chouiner sur son sort. Et bien, qu’il ferait un mauvais intendant celui-là à chouiner dès que quelque chose n’allait pas…

Childebert écouta l’homme se plaindre et gémir, c’était lassant, l’Intendant n’en avait pas l’habitude, il avait d’autres chats à fouette, dommage que cette peste de Pénélope ne soit pas là, au moins pour une fois, elle aurait été utile, et aurait fait autre chose que de faire criser la pauvre Baronne. Il parlait des femmes, comme si Childebert avait fait vœux de chasteté et était devenu curé… Sauf qu’il préférait garder cette liaison secrète… Et oui, Childebert était amoureux, et ce depuis de longs mois, l’heureuse élue n’était autre que *Ma Deleine* la dame à tout faire des Sarliève, repousser au premier abord, parce qu’elle résidait encore en Guyenne, mais depuis que les Barons avaient filé la Seigneurie de Sarliève à leurs amis, il la voyait plus souvent. Malheureusement bien trop peu, mais il ne s’en plaignait pas, il n’était pas un « plaintif » comme cet homme qui se tenait devant lui. Il secoua la tête, ne pouvant rien dire, l’homme était il de confiance ? Si le tout était répété…

Voilà qu’il fouillait dans la maison pour trouver un peu d’alcool, cet homme n’avait aucune tenue, il ne savait pas se tenir, il parlait à Childebert comme à un ami, ce qu’il n’était pas le cas. Il secoua la tête, comme si Childebert allait se permettre de boire pendant son service.

Childebert voulait bien lui répondre un truc, mais il ne préféra pas, il n’en pensait cependant pas moins et bien heureusement qu’il ne devait pas le garder tout le temps, grâce à ça il trouvait beaucoup plus faciles les trois enfants des Barons… Pas plaintif et chouineur pour un sous. Childebert regarda l’homme avec des grands yeux, il était en train de se saouler ! Décidément, Childebert n’avait pas si tort que ça lorsqu’il pensait que c’était un crétin ! Il s’approcha et lui arracha la bouteille d’alcool !


Vous êtes… Je ne trouve même pas de mots pour vous qualifier ! Est-ce une attitude d’homme ? Vous êtes eunuque ou quoi ? Franchement ! A vous répondre, assurément que c’est vous qui ne la mériter pas ! Si vous êtes comme ça tous les jours et bein je la comprends la pauvre dame ! Vous êtes méprisable ! Est-ce là, la tenue qu’un homme, époux et père de famille se doit d’avoir ?!

C’est à ce moment –là que la Baronne fit son entrer dans la maison, Childebert s’approcha d’elle et lui glissa la bouteille dans les mains, lui expliquant le tout, il était atterré le pauvre Intendant, Korydwen le laissa partir d’un signe de la tête, elle savait qu’il avait de nombreuses choses à faire et que veiller sur Cournon était chose essentielle pour lui. Elle le remercia…

Elle regarda son frère… Et là… Elle ne put s’empêcher de penser à certaines réflexions qu’il avait pu lui faire un certain hivers où elle avait un peu beaucoup bu, engueuler qu’il l’avait et jeté dans un abreuvoir, elle avait envie de lui coller une gifle, de le gifler ! Elle se décarcassait pour l’aider et franchement, cela n’en valait pas tant le coup que ça. Elle ne le reconnaissait pas, plus, elle avait compris le geste de Tiadriel et le comprenait un peu plus à chaque fois que les recherches avançaient, comment avait-il pu tomber si bas. Il était pire que ses gosses, il fallait le surveiller à chaque instant, mais pour le moment, les remontrances ne serviraient à rien, il fallait qu’elle se calme, tournant sur elle-même, elle entreprit de le rallonger dans le fauteuil. Il n’allait pas bien du tout. Réfléchissant… Elle ne voyait plus comment se sortir de cette situation, elle se leva et s’approcha de la fenêtre et regarda à travers, elle donnait sur la rue, les passant passaient, quoi de plus logique… Elle en avait marre, ce n’était pas facile, à tenir…

Elle retourna dans sa cuisine et fit chauffer un chaudron d’eau, il lui fallait une bonne tisane après ce qu’il venait de faire, mettant plusieurs feuilles et fleurs séchés au fond d’une tasse, elle versa une louche d’eau dessus et attendit un moment avant de pêcher les feuilles et fleurs. Elle lui apporta la tasse.


Bois ça ! Inutile de te dire que de vider mes armoires d’alcool n’était pas une bonne idée…

Elle posa la tasse sur le bord de la table et se leva en entendant frapper à la porte, c’était le petit page de tout à l’heure, il avait fait vite, il rapportait une missive de Beths et surtout les avis de recherche, elle le remercia en lui donnant plusieurs pièces et lui signifia d’attendre un moment, le temps d’écrire quelques lignes pour Beths afin de la remercier une fois de plus.

Ma chère Beths,

Merci pour ses avis de recherche, ils sont fabuleux, je vais en afficher un peu partout dans le village, les envoyer sur mes terres, Cournon, Neschers et Mirefleurs, en essayant que cela porte ses fruits.

Ton soutien sera transmis à Rick, je crois que nous sommes tous touchés par cette mésaventure et souhaitons qu’elle se finisse au plus vite. Je tâcherai de prendre soin de moi, du moins évité de faire crier Al parce que j’en fais trop…

Je t’embrasse et te tiens informer quoi qu’il arrive,
Kory.

Elle lui tendit la missive et lui signifia de retourner auprès de Beths pour lui porter cette missive. Korydwen referma la porte derrière et soupira, bien, elle avait de nombreuses affiches maintenant, il fallait les déposer. Elle retourna auprès de son frère et lui donna les avis de recherche.

Tiens, ce que Beths nous a fait ! Elle te soutient et des affiches ont déjà été affichées, je vais en envoyer à Cournon, Sarliève, Gondole, Pérignat-Sur-Allier, Neschers et Mirefleurs et j’en mettrai à Montbrisson également…

Sauf que… TOI tu dois rester ici ! Il faut que tu arrêtes tes bêtises, ce n’est pas comme ça que tu vas nous aider… Le temps que je passe à te surveiller, je ne peux pas l’utiliser pour chercher Tia… Je suis lasse, je suis fatiguée, j’ai l’impression que tu ne fais pas d’effort que tu te reposes entièrement sur moi. Je suis pas forte !! J’ai pas les épaules assez larges !! Quand deviendras-tu un homme ? Un vrai ! Un homme qui se bat envers et contre tout pour récupérer celle qu’il aime et pas une loque qui se réfugie dans l’alcool parce qu’il a lu une lettre qui ne lui plaisait pas !

Tia n’aimerait pas te voir comme ça ! Remue-toi ! La sonnette d’alarme ! Au lieu de saisir ta chance tu recules… Je ne te comprends pas !


Elle tourna les talons, une main sur son front, réfléchissant, épuisée, depuis combien de temps se démenait-elle pour eux ? Au final cela servait-il à quelque chose ? Elle ne savait vraiment plus… Elle voulait en finir bien rapidement… Et elle avait une idée en tête… Car après tout…
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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Rick le Dim 5 Juil - 0:18

Rick était en train de boire à la bouteille allégrement, lorsqu’il croisa le regard désapprobateur du serviteur de Kory. Le jeune homme fronça les sourcils. Qu’avait-il à le regarder ainsi et à soupirer ? A ce moment-là, il était loin de se penser que l’intendant de la baronnie le trouvait comme une lavette, tout comme il était à mille lieues de penser à ce qu’il avait pu dire à Kory, lorsqu’elle avait fait la même chose, quelques mois plus tôt. En ce moment-là, il n’avait qu’une envie, c’était oublié son triste sort et sa peine. Il voulait noyer son chagrin et quel meilleur moyen de le noyer que l’alcool. En tant que tavernier, il était bien placé pour le savoir ou pour croire le savoir. En effet, combien de fois avaient-ils tenté d’aider des villageois esseulés qui tentaient d’oublier dans la boisson ? Combien de fois avaient-ils essayés de les convaincre que c’était le bon moyen ? Un trop grand nombre de fois. Mais il était bien connu que l’on est meilleur conseiller lorsqu’on cela ne nous concerne pas. Et alors qu’une étincelle commençait à germer dans son cerveau embrumé par les vapeurs d’alcools, il perdit sa nouvelle amie du moment : sa belle bouteille.

Vous êtes… Je ne trouve même pas de mots pour vous qualifier ! Est-ce une attitude d’homme ? Vous êtes eunuque ou quoi ? Franchement ! A vous répondre, assurément que c’est vous qui ne la mériter pas ! Si vous êtes comme ça tous les jours et bein je la comprends la pauvre dame ! Vous êtes méprisable ! Est-ce là, la tenue qu’un homme, époux et père de famille se doit d’avoir ?!

Rick ne savait pas quoi répondre à cela. Même un étranger avait compris ce qu’il faisait endurer à son épouse. Il était donc si méprisable que ça ? Quel exemple donnait-il à son fils et à ses jumelles ? Les filles étaient un peu trop petites pour comprendre mais Georges, du haut de ses 18 mois, commençait à comprendre des petites choses et surtout à se poser des questions. Lui, qui voulait être un père admirable et admiré était en train de sombrer dans le contraire. Il mit sa tête entre ses mains et tenta de comprendre pourquoi il en était arrivé là.

Il n’entendit pas sa sœur arriver ni Childebert lui expliquer la situation. Il avait sombré tout simplement parce qu’il voulait faire le contraire exact de son père. Le paternel était puissant et ne voulait pas montrer sa faiblesse. Du coup, il inspirait le respect mais aussi le dégoût car il ne voulait surtout pas montrer ses torts et ses travers. Que lui avait dit l’intendant ? Qu’il était une loque ? Non pire un eunuque. La pire insulte que quelqu’un pouvait lui lancer. Était-ce pour cela que Tia était partie ? Elle aussi avait-elle ressenti cela dans tous les sens du terme ? Avait-elle été retrouvée un amant qui n’était pas eunuque ? Un homme sur lequel elle pouvait s’appuyer sans risquer de se faire ensevelir par sa mièvrerie. Était-il en train de devenir Bisounours ? A cette seule pensée, Rick ouvrit les yeux et vit sa sœur, plantée devant la fenêtre. Elle se retourna et lui tendit une tisane. Ce qu’il vit dans les yeux de Kory lui fit peur. C’était un miroir dans lequel il voyait ce que Childebert avait vu. Il y vit de la déception, et cela fit mal au cœur du jeune homme. Un poignard s’enfonça dans le cœur masculin, au sens figuré du terme. Il ressemblait à son père et cela lui fit mal. Bien sûr le paternel n’était pas alcoolique mais il avait fait fuir son épouse par son comportement et Rick venait de faire pareil. Il ne ressemblait pas à sa mère qui avait eu la force de partir. Et Kory qui enfonça le clou une dernière fois, au cas où il n'ait pas compris la première fois.


Bois ça ! Inutile de te dire que de vider mes armoires d’alcool n’était pas une bonne idée…

Il regarda sa sœur, d’un air médusé, sans comprendre que faire pour endiguer ce qu’il venait de comprendre. Heureusement que l’électricité n’existait pas encore car sinon le jeune homme aurait été mort électrocuté. La chaise électrique aurait eu le même effet sur lui. Et ce que le jeune homme avait besoin venait de se produire. La déception dans le regard de sa sœur, l’idée qu’il soit un mauvais père pour ses enfants, la disparition volontaire de Tia, tout cela réveilla Rick d’un coup d’un seul. Il voulut expliquer à sa sœur ce qu’il venait de comprendre et s’excuser auprès d’elle mais on frappait à la porte et le jeune homme n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit. A son retour, elle comportait de nombreux parchemins dans les mains, qu’elle lui tendit. Le jeune homme en prit un et regarda le texte de Beths. Il était vraiment bien et cela montrait le nombre de personnes inquiètes par la disparition de la maréchale de Montpensier.

Sauf que… TOI tu dois rester ici ! Il faut que tu arrêtes tes bêtises, ce n’est pas comme ça que tu vas nous aider… Le temps que je passe à te surveiller, je ne peux pas l’utiliser pour chercher Tia… Je suis lasse, je suis fatiguée, j’ai l’impression que tu ne fais pas d’effort que tu te reposes entièrement sur moi. Je suis pas forte !! J’ai pas les épaules assez larges !! Quand deviendras-tu un homme ? Un vrai ! Un homme qui se bat envers et contre tout pour récupérer celle qu’il aime et pas une loque qui se réfugie dans l’alcool parce qu’il a lu une lettre qui ne lui plaisait pas !

Tia n’aimerait pas te voir comme ça ! Remue-toi ! La sonnette d’alarme ! Au lieu de saisir ta chance tu recules… Je ne te comprends pas !


Rick soupira. Kory semblait excédée par son comportement. Et à y penser, elle avait raison. Il s’appuyait sur elle, comme sur une canne. Mais qu’était-il devenu pour inverser les rôles ainsi ? D’habitude c’était à l’homme d’être le soutien de la femme, c’était au frère d’être le chef de famille et là qu’était-il ? Il était le boulet de la famille. Rick, boulet de la Serna. En fait, lui n’avait pas besoin de titre, il en avait déjà un. Boulet… Quel choc… Après s’être aperçu qu’il était un Bisounours, il découvrait qu’il était un boulet. Il fallait qu’il se ressaisisse. Kory ne comprenait pas ce qu’il devenait et lui non plus d’ailleurs. Mais une chose était sûre c’est qu’il devait se ressaisir. Sa sœur tournait les talons, prête à partir. Il ne fallait pas qu’il la laisse partir ainsi sans qu’il lui parle. Il se leva et tendit le bras en sa direction.

Kory…. Attends…

La jeune femme s’arrêta et se retourna et Rick commença comme à son habitude quand il était stressé à faire les cent pas. Il s’arrêta, comme sa sœur, un peu plus tôt, devant la fenêtre.

Tu as raison, Kory… Tia n’aimerait pas me voir ainsi mais surtout Georges et mes filles non plus. J’ai le devoir pour eux de me ressaisir. J’ai toujours souffert de ne pas avoir un père, un vrai, sur lequel je pouvais compter. Et là, même si je n’ai pas les mêmes symptômes que le paternel, je ne suis pas un père sur lequel ils peuvent compter. Si je continue ainsi, ils vont me détester. Et alors que j’ai déjà perdu l’amour de leur mère, je ne survivrais pas à la perte de mes enfants. La bête sans nom a mis son serviteur de l’Acédie sous mes yeux et je n’ai pas réussi à voir Saint Georges qui était à mes côtés. Pourtant, je suis entouré et bien entouré par ma famille, mes amis et toi. C’est tout de même un comble de ne pas voir Saint Georges lorsque son enfant s’appelle ainsi, non ?

Rick se mit à rire. Mais c’était plutôt un rire nerveux qu’un rire de joie. Il se moquait de lui-même, sans complexe.

Tu as aussi raison de dire que c’était une sonnette d’alarme avant que la barque ne coule. J’ai deux solutions devant moi, soit je sors mon seau et j’essaye de vider l’eau qui se remplit petit à petit. Soit au contraire, je laisse ma barque couler et moi avec. Kory, je ne veux plus être cet homme faible qui te déçoit. Je veux être ce frère dont tu rêves et dont tu as besoin, cet homme sur lequel tu peux t’appuyer. Je veux aussi être l’homme qui a sut séduire Tia et qui a sut lui faire accepter de m’épouser. Je ne sais pas où est passé le tisserand des ciseaux et de l’aiguille et qui s’amusait à faire rougir son associée. Je veux qu’elle puisse s’appuyer sur moi sans avoir peur de se faire étouffer par le serpent qui sommeille en moi.

Rick reprit sa respiration avant de continuer.

Kory, je ne suis pas un Bisounours, qui ne pense qu’à être mièvre toute la journée. Ce comportement me fait vomir et me fait peur. Je veux au contraire être le père dont mes enfants auront besoin plus tard. Je veux un jour voir la fierté dans leurs yeux quand ils diront « Lui, c’est mon Père ».

Rick se retourna vers sa sœur.

Un représentant d’Aristote ne peut pas se comporter ainsi. Il se doit de montrer l’exemple et d’être une personne assez forte pour tout comprendre. Dire que j’ai fui la politique pour ne pas ressembler à notre père et que je fais subir à Tia ce qu’il a fait subir à notre mère.
Kory, je vais me reprendre et t’aider à retrouver Tia. Et dès qu’elle sera devant moi, je la séduirais comme au premier jour. Si je dois lui refaire la cour, je la lui referais…. Si je dois me jeter à ses pieds pour me faire pardonner… je le ferais…


Rick ferma son poing et tapa dans son autre main tendue pour appuyer sa phrase.

Kory, je t’en ai trop demandée jusqu’à maintenant et je te remercie de m’épauler, de me soutenir et surtout de me supporter ainsi. Si tu le veux bien, nous allons partir chacun de notre côté pour afficher ses avis de recherche. J’espère que Tia ne prendra pas mal ses affiches. La maréchale recherchée par la maréchaussée, c’est assez comique quand même non ?

Rick se mit à sourire aussi. Mais son sourire n’était plus triste comme en début de journée. Il était confiant et sûr de lui. Il avait atteint le fond du lac et tout doucement, il était en train de remonter, grâce à la corde tendue par Kory et par leurs amis. Il se rapprocha d’elle.

Merci ch’tite sœur…

Rick marqua une hésitation et demanda à sa sœur.

Tu crois que je devrais lui écrire un poème pour lui expliquer mon comportement ? Mais dans ce cas, où puis-je lui envoyer ? A Cournon ? Chez nous ? J’attends de la retrouver ?

Rick se gratta le sourcil pour réfléchir.

Dis-moi… Est-ce que… est-ce qu’il est possible que…

Le jeune homme hésita à lui parler de Childebert et surtout sur ce qu’il avait vu et entendu. Il ne voulait pas lui laisser un tel souvenir et surtout que le serviteur aille jacasser parmi le personnel de la baronnie. Être mal vu par une personne n’était pas un souci en lui-même car on ne pouvait pas plaire à tout le monde, mais il aurait été choqué qu’un moment de faiblesse de la part d’un diacre soit reporté à toute la baronnie.

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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Korydwen le Mar 7 Juil - 22:58

Montbrison, 9 chemin du Bord du Lac

La discussion était forte, Korydwen n’en revenait pas, elle avait réussi, la méthode dure était donc la bonne, elle allait pouvoir enfin se sortir de ce truc dans lequel elle s’était fichue délibérément. Elle avait opéré un demi-tour et s’était laissée tomber dans le fauteuil, le coude sur l’accoudoir, ses doigts caressant un de ses sourcils, elle l’écoutait en réfléchissant. Tout en tapotant ses doigts sur l’autre accoudoir, elle prit la parole.

Tu n’as pas perdu l’amour de leur mère ! Sors toi ça du crâne ! Tant que tu ne l’auras pas retrouvé et qu’elle ne t’aura rien dit en face tu n’as rien perdu ! Avec toi tout est un comble, tu fais l’inverse de ce que tu penses et souhaites, tu as tellement peur de mal faire que tu réfléchis trop… T’es comme moi au final.

Sourire, réfléchissant à nouveau, l’écoutant aussi, les de La Serna étaient-ils obligés de souffrir durant toute leur vie ? Que cela soit Rick à ce moment-là, Kory la jalouse qui s’attire les foudres des autres, ne supportant pas de voir son époux bien entouré, Eldarwenn persécuté par son frère, Eledwenn pareillement et Ethan ? Ethan marchant dans l’ombre de son père, volontairement ou non, de toute façon ce n’était que souffrance.

Pourquoi un de La Serna se doit-il de souffrir ? Pourquoi est-ce que tous à notre façon on est mauvais ?

Réfléchissant, tournant le tout dans sa petite tête qui tendait plus vers l’explosion qu’autre chose, mais quelle idée de se mettre dans cette galère. Relevant la tête, tenant ses cheveux noires entre ses mains, elle fixait son frère, il était pire qu’elle, encore plus exténué, encore plus faible, encore plus tout…

Sors le seau par pitié que tout ceci se termine ! Rame, enlève l’eau, fait remonter cette barque qu’on en parle plus !

Sourire qui se voulait rassurant, du moins le plus possible, aller dans son sens, le soutenir jusqu'au bout et visiblement, elle avait atteint le bout de ses forces, elle n'en restait qu'humaine et avait bien du mal à contenir ses émotions.

Tes enfants sont fiers de toi, là n'est pas la question ! Tu es un père formidable ! Garde ça en tête !

Elle le regarda cependant de travers.

Se jeter à ses pieds ? Euh vu ton triste état, vaut mieux pas. Je te remercie de vouloir m'aider, tu es trop faible pour porter des affiches ! Tu vas t'effondrer par terre et je devrai encore te soigner ! Tu as besoin de repos, reste ici ! Ecris donc à tes enfants ! Ils seront heureux d'avoir des nouvelles de leur père ! Tes histoires doivent leurs manquer !

Elle le regardait, l'implorait, elle se serait mis à genoux à ses pieds pour qu'il se redresse, qu'il relève la tête et comprenne, elle n'en revenait pas de ce qu'elle ferait pour le relever. Elle espérait que cela conviendrait à Tia, parce que franchement sinon, elle la ferait pendre. Elle réfléchissait à sa question concernant son poème.

Le poème ? L'envoyer non ! Il faudra que tu lui dises en face, en la regardant droit dans les yeux, tu feras sûrement bien plus renaître ce que tu cherches à faire renaître plutôt qu'avec un parchemin ! Vois-tu, finalement sur un parchemin on écrit tout et n'importe quoi et puis en face c'est tellement mieux...

Il avait eu les bonnes paroles, elle le regardait en souriant, un brin de fierté dans son regard, il était comme elle, elle était comme lui, même si ils n’avaient pas grandi ensemble, beaucoup de choses les rassemblaient, ils vivaient plus ou moins les mêmes choses, réagissaient plus ou moins pareillement, pour cette raison qu’ils se comprenaient si bien, pour cette raison qu’elle le soutenait au temps, au péril de sa santé. Elle s’approcha de lui et posa sa main dans son épaule et son menton sur sa main.

On est pareil finalement… On est pas doué, on fait tout de travers, on pense rendre les gens heureux et finalement on fait le contraire… On dit le contraire de ce que l’on pense… On est trop passionné, est-ce là une trace d’Aliénor ? Est-ce là, la trace d’un poète qui sommeille en nous ? Je me demande comme tout cela finira…

Un sourire, rien de plus, elle n’était plus capable de grand-chose maintenant si ce n’était d’attendre qu’il se passe quelque chose, mais si elle voulait qu’il se passe quelque chose, elle devrait plutôt se bouger.

Bon reprenons-nous ! Je crois qu’on a des affiches à distribuer un peu partout ! Pas en faisant les mollassons qu’on arrivera à quelque chose ! Tâchons de faire le bon choix !

Elle se leva et attrapa les avis de recherche, mais vu l’état de son frère, peut-être était-il mieux qu’il reste à l’intérieur et se repose. Elle espérait qu'il comprendrait.

Bon, je vais envoyer les affiches un peu partout ! Toi tu restes là...

Il semblait préoccuper, sûrement la discussion qu'il avait eu avec Childebert.

Si il est possible de dire à Childebert de se taire ? Il ne dira rien, il garde tout pour lui, enfin sauf quand c'est très drôle et là, la situation n'a rien de drôle ne t'en fais pas !

Elle lui apporta parchemin et plume et puis aussi de l'encre et le nécessaire à écriture pour écrire allonger, enfin assit les jambes tendues sur un lit ou un canapé.

Ecris ! J'envoie les affiches !

Korydwen le laissa et fila en vitesse faire porter les affiches, plusieurs tas d'une dizaine, une pour Neschers qu'un jeune enfant se chargea de porter, un autre pour Cournon d'Auvergne et enfin pour Mirefleurs. Elle en déposa ensuite dans chacune des auberges que pouvait compter Montbrisson, sans compter le marché et les différents ateliers des artisans, elle en avait également mis sur les vitre de la mairie, panneaux... Bref partout où elle pouvait ! Elle retourna ensuite chez elle et retrouva son frère, elle s'installa doucement dans un fauteuil et attendit...
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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Rick le Jeu 9 Juil - 22:52

Rick était en train de réfléchir à comment écoper l’eau de manière définitive lorsqu’une phrase de Kory le sortit de sa torpeur.

Tu n’as pas perdu l’amour de leur mère ! Sors-toi ça du crâne ! Tant que tu ne l’auras pas retrouvé et qu’elle ne t’aura rien dit en face tu n’as rien perdu ! Avec toi tout est un comble, tu fais l’inverse de ce que tu penses et souhaites, tu as tellement peur de mal faire que tu réfléchis trop… T’es comme moi au final.

Sa sœur avait raison. En fait, c’était ça le truc. Il avait peur de tellement mal faire qu’il cherchait toujours comment bien faire et à trop réfléchir à des tactiques, on étouffe toute spontanéité qui fait son charme. Où était passé le jeune homme qui puisait dans le regard de sa muse, l’encre de ses poèmes ? Il lui suffisait de la regarder pour que la plume cours sur le papier. Il s’en était bien aperçu que depuis quelques temps, il ne lui écrivait plus. Et pourtant, ce n’était ni par flegme ni par manque d’amour, mais plus par peur de ne pas toucher la cible en plein cœur.

Tu as raison, Kory… A vouloir trop bien faire, j’ai perdu ma spontanéité. Et il faut avouer que c’est dommage… Nous sommes pareils, tu as raison.

Rick sourit à sa sœur qui fit une remarque plus que troublante sur leur famille.

Pourquoi un de La Serna se doit-il de souffrir ? Pourquoi est-ce que tous à notre façon on est mauvais ?

Était-ce donc là, leur destin ? Se devait-il de souffrir sans vraiment connaître l’amour ? Si tel était le cas, le venin paternel était beaucoup plus distillé qu’il ne paraissait. En fait, il ne s’agissait pas seulement d’avoir des envies démesurées mais il suffisait aussi de mal faire ce que l’on entreprenait. La clé de la boîte de Pandore était donc désormais entre leurs mains. Leur père avait tout simplement franchi le pas en voulant s’en emparer et la garder pour lui, ne voyant pas que petit à petit, il se laissait manger par cette boîte. Mais grâce à Kory et à lui, leur petit duo avait trouvé le secret et cela allait leur permettre de l’enterrer de manière définitive. Il fallait qu’il le dise à sa sœur. Ainsi, plus jamais cette boîte ne leur ferait du mal.

Ch’tite sœur, mais oui, c’est ça… C’est la clé du coffre…

Rick sourit en voyant sa sœur le regarder de cette manière. Forcément, elle ne pouvait pas comprendre de quel coffre, il parlait, vu qu’il avait eu le raisonnement interne à ses pensées. Et elle au moins, ne lisait pas dans les pensées des autres. Aristote ne lui avait pas encore fait un tel don. Ca se saurait sinon….

Ce que je veux dire, c’est qu’un de la Serna ne souffre pas par héritage ou par hérédité mais plutôt parce qu’il est un chiot tout fou qui ne sait pas comment faire pour se faire aimer par ses nouveaux maîtres. Regarde si je souffre c’est que je veux toujours trop bien faire avec Tia ou pour la mairie de Montbrisson, si j’ai autant souffert de me faire éjecter ainsi, c’est que j’ai voulu trop bien faire pour le village. Je ne me suis jamais aperçu que j’avais dépassé la limite du raisonnable et que j’étais en train de glisser dans une pente quasi impossible à remonter. Mais grâce à toi, je viens de comprendre ce qui nous arrive. La seule solution pour un membre de notre famille, c’est d’être solidaire et de s’entraider. Je crois que nous devrions prévenir toutes les personnes de notre famille.

Rick s’apercevait que leur père avait franchi la fin de la descente, parce que justement avec ses frères et sœurs, il ne se parlait quasiment pas. Les ponts avaient été coupés et la main n’avait pas été tendue. Avec de l’aide de sa famille, Alejandro n’aurait jamais été ce qu’il avait été et l’enfance du jeune homme non plus. Peut-être même qu’il aurait grandit avec Kory. Cela laissait assez rêveur en fait. Mais du coup, sa vie n’aurait pas été la même.

Que crois-tu qu’il se serait passé Kory, si notre père avait eu quelqu’un pour lui tendre la main ?

Après avoir discuté d’un hypothétique passé, sa sœur continua son travail de remontée de son frère.

Tes enfants sont fiers de toi, là n'est pas la question ! Tu es un père formidable ! Garde ça en tête !

Rick remercia sa sœur de l’encourager ainsi. Cela lui faisait un bien fou, même s’il aurait voulu que ce soit Tia qui lui dise cela. Peut-être lui dirait-elle, plus tard… Le jeune homme voulut se lever pour aider Kory à coller les avis de recherche dans tout le village, mais cette dernière lui ordonna de rester ici et lui rappela qu’il ne pouvait pas se jeter aux pieds de son épouse

Se jeter à ses pieds ? Euh vu ton triste état, vaut mieux pas. Je te remercie de vouloir m'aider, tu es trop faible pour porter des affiches ! Tu vas t'effondrer par terre et je devrai encore te soigner ! Tu as besoin de repos, reste ici ! Ecris donc à tes enfants ! Ils seront heureux d'avoir des nouvelles de leur père ! Tes histoires doivent leurs manquer !

Une fois encore, Kory avait raison. Il avait pendant un court instant, oublié qu’il n’avait pas dormi depuis plusieurs jours. Il entamait sa troisième journée avec des nuits presque blanches. Il avait presque oublié son poignet cassé et sa tenue de pirate. En plus, elle lui proposait d’écrire à Georges et aux jumelles. Là encore, elle avait raison. Entre sa retraite inopinée au couvent et leur disparition à son retour, il ne les avait pas vus depuis une dizaine de jours. Un vrai manque… Il se refusait de penser à eux, tant qu’il n’aurait pas retrouvé leur mère car il les savait en sécurité à Cournon. En plus, il avait préparé une histoire à leur raconter, lorsqu’il était au monastère. Une histoire un peu magique, une histoire surnaturelle mais tellement jolie. Il espérait qu’elle leur plairait. Il l’avait presque oublié qu’il l’avait écrite là-bas.

Tu as raison, ch’tite sœur, une nouvelle fois. Je vais donc leur écrire et leur dire que je serais bientôt de retour avec….

Rick hésita un instant, puis se souvenant des paroles de sa sœur, il la regarda droit dans les yeux, lui sourit et dit d’un air totalement convaincu

… avec leur maman.

Kory s’était levée et lui avait tendu parchemins et plume pour qu’il écrive.

Ecris ! J'envoie les affiches !

Rick prit le premier des parchemins et sourit, la plume dans la bouche. Qu’allait-il pouvoir dire à ses enfants ? Il ne regarda pas vraiment ce que faisait sa sœur qui fila porter les affiches un peu partout. Le jeune homme sourit en pensant à ses enfants.

Mon grand Georges, mes petites Aliénor et Patience,

J’espère que vous vous amusez bien avec vos cousins et vos cousines et que vous n’ennuyez pas trop Mathilde. Avec votre maman, nous sommes à Montbrisson, pour aider Tante Kory qui vous embrasse très fort. Dans quelques jours, nous serons de retour et nous viendrons vous rechercher pour retourner chez vous.

Vous me manquez mes trois anges et j’ai hâte de vous serrer dans mes bras et vous embrasser et de vous raconter de nouvelles histoires.

Votre Papa

Rick prit la feuille et la plia. Il la confierait tout à l’heure à Kory, au cas où elle ait un autre parchemin à envoyer à Cournon. Il prit un autre parchemin et tenta d’écrire un poème à Tia. Il écrivit trois ou quatre vers, avant de repenser à ce que sa sœur venait de lui dire. Il devait lui le dire, les yeux dans les yeux. Or, s’il commençait à écrire et s’il l’apprenait, il perdrait à nouveau sa spontanéité. Et ça, il ne le voulait pas. Son absence de spontanéité lui valait déjà d’être dans cette situation, donc il ne fallait pas écrire. Il déchira donc le parchemin, au moment même où sa sœur revint. Elle se posa dans un fauteuil et le regarda.

Kory, j’ai écrit un petit mot à mes enfants. Je vais sortir pour envoyer la lettre à Cournon. As-tu d’autres choses à envoyer là-bas, tant que j’y suis ?

Rick sourit à sa sœur, la rassura sur son absence et sur son retour rapide, puis sortit pour envoyer le courrier là-bas. Il en profita pour regarder vers le lac, en se demandant où se trouvait son épouse. Il était absent depuis un certain temps, humant l’air ambiant. Un petit tour pour se détendre dans les rues environnantes, espérant croiser Tia dans les rues, même s’il savait que c’était perdu d’avance. Un peu partout, on pouvait voir l’avis de recherche établi par la maréchaussée. Beths avait vraiment fait les choses comme il faut. Si avec ça, son épouse n’était pas retrouvée, ce serait vraiment un manque de chance.

A son retour, devant la maison de Kory, quelque chose l’intrigua. Il n’avait pas fait attention tout à l’heure, mais un parchemin était affiché sur la porte. Le jeune homme doutait que sa sœur ait affiché un avis de recherche devant sa porte. Quoique d’un autre côté, maintenant que le visage de Montbrisson avait changé, plus personne parmi les nouveaux villageois ne connaissait Kory, ni même Tia ou lui-même. Et pourtant, tous les trois avaient été bourgmestres du village. Si ce n’était pas malheureux cela. En mettant l’avis de recherche sur la porte, cela permettrait sûrement aux éventuels indics de savoir à quel endroit, il pouvait donner les renseignements. Le jeune homme se dit qu’il aurait peut-être dû faire mettre sur l’avis, une récompense pour tout renseignement. Une moue apparue alors sur le visage de l’homme qui se dit que si tel avait été le cas, il y aurait eu des malhonnêtes pour les mettre sur une fausse piste. Et multiplier les fausses pistes ne serait pas une avance. Il s’approcha de la porte et fut étonné de voir que ce n’était pas un avis de recherche. Le pire c’est que sur le devant du parchemin, il y avait son nom à lui.


Pour Rick,
De la part d'une Ombre
,

Rick arracha d’une main fébrile le parchemin. Il se demandait qui avait pu mettre cela. Il regarda à droite et à gauche pour savoir si le messager était encore dans le coin. Il commença à lire le parchemin.

Il parait que vous avez égaré votre épouse.
Il se pourrait que cela soit moi qui la retienne.
Sur une pelouse.
Peut-être se pourrait-il qu'elle te revienne.

Une demande te seras faite.
L'honorer tu devras le sept.
Une sorte de rançon.
Ne t'en fais pas pour tes colombes et ton garçon.

A merveille ils se portent.
Ce vélin tu as trouvé sur une porte.
Une promesse tu devras faire.
Sinon tu risques de perdre l'affaire.

Plus jamais tu devras.
Surprotéger ta dame.
Ou tu périras.
Car s'éteindra à jamais la flamme.

Ta dame t'aime.
Mais confinée.
Elle perd toute sa clarté.
Alors si tu l’aimes

Seul tu devras venir.
Au lac.
J’espère que t’as la niaque.
Entre tes mains est ton devenir.

Promet lui.
A jamais.

Une Ombre.

Rick n’en crut pas ses yeux. Qui était cette ombre qui avait autant de renseignements sur lui et sur elle ? Qui savait qu’il l’appelait sa Pelouse et ses enfants, ange et colombes ? Il fallait en avoir le cœur net et pour cela, il fallait demander l’avis à Kory, qui après tout, était maréchale d’investigation. Il entra donc dans la petite maison et trouva sa sœur encore dans le fauteuil, somnolente…

Kory ! Regarde ce que je viens de trouver sur ta porte… Lis donc ce parchemin et dis-moi ce que tu en penses…. C’est tout de même hallucinant tous les renseignements qu’il a sur moi… Tu ne trouves pas…

Rick avait les poings qui se fermaient d’une rage non dissimulée. En fait, Tia était retenue contre son gré et ne l’avait donc pas quitté. Il ne s’aperçut même pas qu’il n’avait pas encore tendu le parchemin à sa sœur et qu’il était en train de le froisser.

Qui est-il pour se permettre de faire cela ?

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Re: Une disparition inquiétante...

Message  feu Tiadriel le Lun 20 Juil - 17:08

[Vraiment désolée pour le retard. Des évènements indépendants de ma volonté.]

[Montbrison, 29 mai 1457]

Elle but tranquillement sa tisane, ça l'aida à ne pas s'endormir sur la table. Elle le regardait coucher les mots sur le parchemin. Elle avait un peu de mal à lire à l'envers. Elle attendit donc sagement qu'il finisse pour pouvoir lire.
Il lui tendit et elle prit le papier, curieuse de voir ce qu'il y était inscrit. C'était vraiment très bien écrit. Elle ne lui connaissait pas ce côté poète. Elle le découvrait un peu plus à chaque rencontre.

Il finit sa tisane avant de l'embrasser et de la laisser. Tiadriel lui promit de se reposer après son départ. Elle rangea la pièce avant de s'allonger sur le lit. Elle était tellement épuisée qu'elle s'endormit à peine ses paupières closes. Un sommeil lourd, sans rêves.

Quand il revint, il lui sembla avoir fermé les yeux seulement quelques minutes auparavant. Les cheveux en bataille, elle les avait lissé prestement sans grand résultat. Ils avaient besoin d'un bon coup de brosse.
Elle le remercia pour le pigeon, contente de savoir que ses enfants auraient bientôt de ses nouvelles. Elle lui rendit grâce pour la nourriture. Elle pouvait tenir un moment avec autant de victuailles.
Ils discutèrent de tout et de rien. Tellement de souvenirs à évoquer. Les bons, comme les moins bons. Il était plus facile d'en rire aujourd'hui qu'autrefois. Il resta un moment avant de s'éclipser de nouveau.

Elle prit un repas rapide avant de retourner se reposer. Elle pensait avoir dormi tout son saoul mais se trompait. La nuit passa rapidement et elle ne se réveilla qu'au petit matin, un ray de lumière lui chatouillant le visage.
Elle mit un petit moment à se rappeler ce qu'elle faisait dans cet environnement inconnu. Elle se leva et s'étira longuement. Elle se sentait bien reposée. Au moins, elle avait écouté et tenu sa promesse.

Elle chauffa l'eau de la veille pour pouvoir faire un brin de toilette. Elle se changea ensuite et se brossa longuement les cheveux. Elle les avait sacrément emmêlés pendant son sommeil. Elle finit par réussir à enlever tous les noeuds et les tressa sur la nuque.
Un petit déjeuner calma son estomac qui criait famine. Elle fit tranquillement la vaisselle, puis s'assit un moment, se demandant comment elle occuperait sa journée. Elle ne voulait penser à rien. Surtout pas à ce qu'elle était en train de faire. Elle opta donc pour un nettoyage de printemps de son logis temporaire, mais tout en restant discrète. Il ne fallait pas que quelqu'un puisse deviner sa présence.

Quand il revint la voir la nuit suivante, tout était propre. Ils passèrent une partie de la nuit à discuter. C'était à se demander s'ils trouveraient le temps de tout se dire. Ils n'étaient jamais à court de discussion. Tout et rien. Du sujet le plus important au plus insignifiant. De vraies pies !

Tiadriel finit par inverser son cycle. Elle dormait le jour et vivait la nuit. Elle trouva le temps de confectionner des habits plus légers pour l'été. Les enfants grandissaient et ne rentreraient bientôt plus dans les leurs.
Ses visites, elle les attendait avec impatience...


[Montbrison, 5 Juin 1457]

La date fatidique approchait à grand pas. Elle était un peu plus anxieuse chaque jour qui passait. Elle ne savait pas vraiment comment finirait cette histoire et ça l'angoissait un chouya.

"Chère amie ! C’est fait !
Le parchemin est sur la porte !
Plus qu’à attendre le sept !
Au bord du lac !"


Merci beaucoup !
Je t'avoue que ça me fait un peu peur, même si j'ai très envie d'y être.


Les traits cependant détendus, elle le laissa l'observer, en faisant autant.

"As-tu bien dormi ?
Cette pause te convient-elle ?
Manques-tu de quelque chose ?"


Oui, j'ai bien dormi, merci. Je me suis bien reposée depuis que je suis là.
Cette pause m'a permis de faire un break, de me poser les bonnes questions.
Une remise à plat de ma vie, de mes souhaits, de ce que j'attends de l'avenir. J'en avais besoin.
J'y vois beaucoup plus clair aujourd'hui ! Et tout ça, grâce à toi. Je crois que je ne pourrai jamais assez te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi !
Et non, je ne manque de rien. J'ai vraiment tout ce dont j'ai besoin.
Merci.


Elle lui sourit.

Et toi ? Tu m'as l'air fatigué ! Tu es sûr que tout va bien ?
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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Korydwen le Lun 20 Juil - 17:12

Montbrison, 9 chemin du Bord du Lac

Les yeux fixés sur un frère en train d'écrire une missive, le voir écrire ainsi, c'était magnifique, il redevenait lui, même si la missive semblait courte, il prenait le chemin de Rick le poète, il avait eu un moment d'égarement, sa famille était là cependant pour le remettre dans le droit chemin, c'est à ce moment là que Korydwen songea à Foulke, le parrain de Rick si souffrant, il lui aurait été d'une grande aide si il s'était trouvé ici, il l'aurait aidé à remettre Rick dans le droit chemin. Elle le vit déchirer un parchemin, elle lui sourit et l'écouta briser le silence.

Kory, j’ai écrit un petit mot à mes enfants. Je vais sortir pour envoyer la lettre à Cournon. As-tu d’autres choses à envoyer là-bas, tant que j’y suis ?

Ils seront contents tes enfants Rick, ils n'attendaient que ça ! Et quand tu rentreras tu passeras du temps avec eux...

Il lui proposa d'envoyer quelque chose à Cournon, elle n'en avait pas besoin, des missives étaient partis un peu plus tôt et ses enfants avaient été prévenu du petit problème qui retenait leur mère, ils devaient s'amuser avec leurs cousins et Matthis devait certainement recruter Georges pour sa future armée... Korydwen sourit et laissa son frère faire. Il n'y avait plus grand chose qu'elle pouvait faire de toute façon à part attendre. Rick semblait aller mieux, c'était ce qui comptait, elle se demandait tout de même comment tout cela se terminerait...

Sauf qu'il mettait du temps, bien trop de temps... Ce n'était pas normal du tout qu'il en prenne autant, qu'est-ce qu'il avait pu trouvé au passage, une muse, il avait peut-être retrouvé sa muse, ou alors il avait fait une bêtise. La deuxième hypothèse était sans doute fausse, il était bien, il ne serait pas retourné à la falaise tout de même. Il finit par revenir un parchemin dans les mains, elle releva la tête et le fixa avec ses yeux de merlan fris.


Kory ! Regarde ce que je viens de trouver sur ta porte… Lis donc ce parchemin et dis-moi ce que tu en penses…. C’est tout de même hallucinant tous les renseignements qu’il a sur moi… Tu ne trouves pas…

Elle le regardait s'agiter, pas qu'elle s'en fichait mais à ce stade de fatigue, elle avait du mal à capté et partait plus facilement dans des rêveries. Elle s'attendait à ce qu'il lui tende le parchemin, mais il le tenait toujours dans sa main.

Euh oui... si tu le dis... Mais si tu me...

Pas le temps de finir sa phrase qu'il enchaînait à nouveau...

Qui est-il pour se permettre de faire cela ?

Elle le fixa alors qu'il froissait le parchemin, il allait devenir illisible si il continuait.

C'est l'pape !

Non bon trêve de plaisanterie, si tu me donnais le parchemin ça serait plus simple pour moi. Je peux lire sur les lèvres, je peux lire des mots écrit à l'envers, mais je ne sais pas encore lire à travers un parchemin.


Le voyant pas décidé à lui donner le parchemin, elle l'attrapa et le défroissa sur ses genoux en le repassant avec ses mains. Puis elle le lu. Fronçant les sourcils par endroit, elle connaissait cette écriture...

Hum, tu veux savoir qui c'est ? A mon avis le plus grand ou la plus grande confidente de Tia... Sauf que je ne sais pas qui c'est. Par contre vu la forme, lui ou elle aussi veut certainement que tu fasses renaître le poète en toi. Les rimes sont un peu maladroite, la personne ne doit pas être franchement bien douée pour ça... Pour moi il n'y a rien d'hallucinant. Tiadriel ne semble pas en danger à lire ce parchemin, d'autant plus si elle peut écrire à vos enfants... Donc je pense sur un coup monter d'un ou d'une ami(e) à Tia qui l'a vu souffrir et lui à proposer ça.

Korydwen le regardait en souriant, elle n'était pas certaine de son raisonnement, mais elle se doutait que finalement, ce n'était pas si grave que cela, surtout que des méchants à Montbrisson il n'y en avait pas.

Il faut que tu ailles au lac le 7 mais tout seul, sans moi, pour prouver à cette personne que tu es un homme et un vrai.

Korydwen lui sourit, il fallait donc maintenant attendre le 7...
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Re: Une disparition inquiétante...

Message  feu Tiadriel le Lun 27 Juil - 0:20

Lombre




[Montbrison, le 5 Juin]

Debout, les mains sur le dossier de la chaise, l’ombre attendait des réponses à ses questions.
La journée avait été longue, très longue, la nuit promettait de l’être, le plus difficile étant de quitter le lieu où l’ombre séjournait sans éveiller l’attention des occupants.
Un jeu d’enfant pour certain !
Un jeu épuisant pour l’ombre !
Ne pas se trahir était le maître mot, mais l’étau se resserrait étroitement.
Comment réagirait le Rick, le 7 juillet au lac.
L’ombre savait bien ce qu’elle risquait, mais pas peur.


Merci beaucoup !
Je t'avoue que ça me fait un peu peur, même si j'ai très envie d'y être.


- « Moi aussi j’ai peur. Seul Dieu sait comment ton époux va réagir en me voyant.
Qui nous dit qu’il va pas me découper sur place ?
Ah mais nan, l’est curé ton époux, ‘fin l’est diacre nan ?
Il peut pas se battre, j’suis sauvée alors ! »


L’ombre relâcha un court instant le dos de la chaise pour se frotter les mains, comment avait-elle pu oublier ce détail, qui pourrait paraître si insignifiant et pourtant…
Allait-il se battre avec un truc de diacre, ou p’tre bein l’envoyer à confesse.
Quoi qu'il en soit, l’ombre n’avait envie que d’une seule chose, arriver à la fin et surtout pouvoir dormir.


Reposant ses mains sur le dossier de la chaise, nerveuse.

Oui, j'ai bien dormi, merci. Je me suis bien reposée depuis que je suis là.
Cette pause m'a permis de faire un break, de me poser les bonnes questions.
Une remise à plat de ma vie, de mes souhaits, de ce que j'attends de l'avenir. J'en avais besoin.
J'y vois beaucoup plus clair aujourd'hui ! Et tout ça, grâce à toi. Je crois que je ne pourrai jamais assez te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi !
Et non, je ne manque de rien. J'ai vraiment tout ce dont j'ai besoin.
Merci.


- « J’en suis heureuse pour toi, en espérant que cela soit de même pour ton époux.
Sinon je me chargerai personnellement de venir lui botter le popotin avec mes grosses bottes de cuir ! »


L’ombre se détendait doucement, ce n’était pas évident quand on la connaissait bien…

Et toi ? Tu m'as l'air fatigué ! Tu es sûr que tout va bien ?

-« Moi ? » Dit l’Ombre en lâchant le dossier de la chaise et en s’asseyant, par fatigue et puis elle n’avait pas Tiadnappé Tia.

-« Fatiguée ?
Non !
Bien sur que non !
Je suis en pleine forme !
On ne peut pas être plus en forme ! »


Voyant que la crédibilité lui manquait cruellement, l’ombre ne put qu’abdiquer.

« J’avoue…
Je suis à bout !
Je ne pensais sérieusement pas que cela serait si difficile.
Quand on en avait parlé c’était si… Drôle ?
Mais là, ça ne l’est plus du tout.
Je ne dors plus…
Je suis pris entre deux feux.
Je mène deux vies.
Une le jour, une la nuit.
Constamment faire attention…
Alors si ton époux ne fait pas d’effort, j’irai l’égorger de mes propres mains… »


L’ombre arborait un mauvais sourire, les traits tirés par une fatigue, de plus en plus visible.
Qu’elle cachait la journée comme travail de nuit.
Elle avait du mal.
Les jours se profilaient toujours pareil, tirailler entre deux.
Elle rendait visite à Tiadriel et discutait de tout et de rien, lui racontant beaucoup de choses...


[Le 7 Juin 1457]

Le jour J était arrivé, l’ombre alla chercher Tiadriel.

- « Chère amie, il est l’heure ! »

L’ombre attendait Tiadriel avant de l’emmener au lac, pour voir si l’époux serait de la partie ou non.
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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Rick le Mar 28 Juil - 22:45

Montbrison, 9 chemin du Bord du Lac - 5 juin 1457

Rick était toujours en train de s’agiter avec son parchemin, sans vraiment le tendre à Kory. Il ne lui laissait pas en placer une jusqu’à ce qu’elle réponde à sa question sur qui était l’ombre.

C'est l'pape !

Le jeune diacre la regarda bizarrement oubliant de lui donner le parchemin. Était-elle sérieuse ? Pendant un quart de seconde, il se demanda ce que viendrait faire sa Sainteté Eugene à Montbrisson et surtout pourquoi il aurait pu faire enlever l’épouse d’un diacre chapelain. Il s’apprêta à parler lorsqu’elle le devança, lui coupant la parole, et inversant les rôles.

Non bon trêve de plaisanterie, si tu me donnais le parchemin ça serait plus simple pour moi. Je peux lire sur les lèvres, je peux lire des mots écrit à l'envers, mais je ne sais pas encore lire à travers un parchemin.

Rick avait du mal à comprendre ce que sa sœur lui disait, encore choqué par la plaisanterie sur l’ombre, qu’il n’avait pas encore fait le geste envers elle pour lui tendre le parchemin. Plus prompte que lui, elle lui arracha des mains et se mit à le défroisser sur ses genoux. Il la vit froncer des sourcils. Il la regardait faire, se demandant ce que l’œil aguerri de la maréchale de Montbrisson trouverait comme indice. Il était nerveux, se demandant si elle avait une piste avec ce début d’erreur de la part du Tiadnappeur. Et enfin, elle prit la parole

Hum, tu veux savoir qui c'est ? A mon avis le plus grand ou la plus grande confidente de Tia... Sauf que je ne sais pas qui c'est. Par contre vu la forme, lui ou elle aussi veut certainement que tu fasses renaître le poète en toi. Les rimes sont un peu maladroites, la personne ne doit pas être franchement bien douée pour ça... Pour moi il n'y a rien d'hallucinant. Tiadriel ne semble pas en danger à lire ce parchemin, d'autant plus si elle peut écrire à vos enfants... Donc je pense sur un coup monter d'un ou d'une ami(e) à Tia qui l'a vu souffrir et lui à proposer ça.

Rick était étonné d’entendre à nouveau ses mots dans la bouche de Kory. Quelqu’un qui avait vu souffrir Tia. Certes, il avait rendu malheureux son épouse mais de là à utiliser le mot souffrir, c’était un peu beaucoup quand même. Mais ce n’est pas cela qui fit le plus réagir le jeune homme. C’était plutôt le fait que Tia avait un ou une confidente, à qui elle racontait tout. Il avait beau chercher, il ne voyait pas qui cela pouvait-il être. Azdrine, son grand maître à l’ordre du Saint Esprit ? Non cela ne pouvait pas être cela, car il le savait en voyage ou à Montpensier. Cela l’étonnerait qu’il soit venu jusqu’à Montbrisson pour enlever Tia, alors qu’il avait la possibilité de le faire sur place. Rick regarda sa sœur, tout en se demandant si ce n’était pas elle, tout compte fait, la confidente de Tia. Il secoua la tête et commença à faire les cent pas. Certes Kory n’avait pas attrapé la fibre poétique de leur mère, mais tout de même. Elle avait vraiment pris peur à chaque fois et avait vraiment fait les recherches pour retrouver Tia. Donc suspect à enlever à nouveau. Le jeune homme se mit à sourire à ce moment-là, en se disant que si toutes les enquêtes étaient ainsi, cela pouvait être amusant la maréchaussée. Et pour la première fois, depuis qu’il avait parlé avec Beths, il voyait un côté amusant à la chose. Et pourtant Aristote seul sait à quel point, il pouvait avoir du mal avec ce grand organisme qui lui volait le peu de temps de son épouse. Il se retourna vers sa sœur et lui dit.

As-tu une idée sur le mystérieux individu ? En travaillant à la maréchaussée, peut-être que tu as vu cette écriture ou peut-être a-t-il laissé un indice que je ne vois pas.

Il avait du mal à savoir ce qu’il devait faire maintenant. Attendre n’était pas sa spécialité, Kory le savait bien. Mais pourtant, elle lui conseilla de se montrer Patient et d’attendre jusqu’à la date fatidique du 7.

Il faut que tu ailles au lac le 7 mais tout seul, sans moi, pour prouver à cette personne que tu es un homme et un vrai.

Attendre !!! Lui montrer que je suis un homme ? Un vrai ? Tu veux dire qu’il faut que je lui lance un gant et que je me batte en duel contre lui, pour l’honneur de ma dame ?

Rick se mit à réfléchir. Certes, il avait été forgeron et en tant que tel, il savait manier une épée. Mais de là, à savoir se battre en duel, il n’était pas sûr. D’ailleurs, si l’ami ou confident de son épouse était un maître d’armes, le jeune homme pourrait passer de vie à trépas. Est-ce que Tia et Kory se rendaient compte qu’il n’était pas prêt à se battre en duel ? Il se tourna vers sa sœur.

Kory, par contre, il me faut bien un témoin pour un duel à l’épée non ? Et si j’y vais seul, qui aurais-je comme témoin ?

Sur le coup, le jeune homme avait plus dans l’esprit le mot duel, qu’il ne pensait plus à qui se trouvait face à lui et surtout qu’elle était la quête du combat. S’il avait eu les idées claires et limpides, il se serait rendu compte que la belle Tia ne laisserait pas embrocher son mari sous ses yeux, sans rien faire. Peut-être pas pour lui-même mais au moins vis-à-vis de leurs enfants. A ce moment-là, il oublia même qu’il était diacre et que de ce simple fait, il n’avait pas le droit de porter une arme et surtout blesser un autre homme.

Peut-être que je devrais lui proposer un duel poétique, non ?

Rick sourit à sa sœur. Comme elle, il avait remarqué que l’ombre avait quelques difficultés pour les rimes, même si elle avait fait de jolies tournures de phrases. Tia était une grande amatrice de poèmes et de vers et il ne serait pas difficile pour lui, de reprendre sa plume et de faire renaître le poète en lui, contre une ombre moins entraînée que lui, à ce genre de joutes littéraires. Son épouse ne pourrait qu’apprécier ce genre de tournoi pour ses jolis yeux. Le jeune homme était à la fois excité et anxieux par l’approche du rendez-vous. Il savait que tout se jouerait dans un jour et demi. Que de ce rendez-vous dépendrait son mariage et surtout la continuité de son bonheur. Il était prêt à faire de grands efforts dans ce sens. Mais d’un autre côté, il se posait de nombreuses questions sur cette ombre mystérieuse qui connaissait tant de choses sur eux. Qui pouvait-elle être ? L’épiait-elle en ce moment même à Montbrisson pour faire un rapport à Tia ? Ou était-elle l’amant de son épouse ? Une nouvelle fois, le jeune homme secoua la tête. Il ne pouvait s’imaginer, Tia, qui était la droiture même, en train de tromper son mari avec la première ombre venue, dès la première ombre sur leur mariage. Rien que de penser à cela, le jeune homme venait de comprendre l’origine du mystérieux individu. Une ombre planait sur leur mariage tout comme cet individu avait un œil sur Tia, depuis… Il s’arrêta dans sa réflexion, se demandant d’ailleurs depuis quand, cela durait ce manège. Que de questions se bousculaient dans sa tête. Il avait beau essayer de réfléchir mais le sommeil se faisait ressentir cruellement. Depuis combien de temps n’avait-il pas passé une bonne nuit ? Et Kory depuis combien de temps ? Il fallait remédier à cela et très rapidement. Il se retourna donc vers sa sœur et lui dit.

Kory, j’ai réfléchit et je pense que je dois me présenter sous mon meilleur jour devant Tia. Je vais donc récupérer tout le sommeil qui me manque et tu vas faire de même. Puis, je ferais une grande toilette dans le lac et je réparerais mes braies de manière à ce que l’accroc que tu as été obligé de faire, ne se voie pas trop.

Rick se mit à gratter un peu son poignet, car la douleur commençait à le lancer un peu.

Tu crois qu’il faut que je garde cela pour la rencontre ? Ne dois-je pas plutôt mettre mon bras en écharpe ?

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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Korydwen le Mer 29 Juil - 20:01

Montbrison, 9 chemin du Bord du Lac

Que cette situation devenait pénible, que cette histoire devenait pénible, qu'elle en avait marre, la prochaine fois peut-être réfléchirait-elle un peu plus avant d'entreprendre quelque chose. Elle regardait son frère et plus elle l'écoutait plus elle avait envie de se taper la tête contre l'mur. Comment il avait pu en arriver là, elle se laissa tomber dans le fauteuil, le visage entre ses mains, il y avait eu des moments difficiles avec son époux, mais jamais de la sorte. Chacun est différent... Mais tout de même.

As-tu une idée sur le mystérieux individu ? En travaillant à la maréchaussée, peut-être que tu as vu cette écriture ou peut-être a-t-il laissé un indice que je ne vois pas.

Est-ce réellement important de le savoir ? Tiadriel n'est pas en danger, quelqu'un en danger aurait-il eu la possibilité d'écrire une missive... Sans marque de pression dessus ?

Elle connaissait cette écriture, elle savait peut-être mieux que quiconque qui se cachait derrière cette mystérieuse ombre, certainement pour ça qu'elle n'était pas aussi énervée que son frère... Mais elle ne dirait rien, laissant à cette ombre la possibilité de se dévoiler. Elle ne se doutait pas à ce moment là qu'elle aurait des problèmes d'enlèvements en Poitou, cela ferait parti du charme de son voyage de le découvrir.

Mais elle n'était pas au bout de ses peines, ainsi les hommes étaient des êtres légèrement stupides sur les bords, pourquoi à chaque fois que l'on demandait à un homme de montrer qu'il était un homme, il voulait se conduire en sauvage et taper tout ce qui pouvait bouger.

Attendre !!! Lui montrer que je suis un homme ? Un vrai ? Tu veux dire qu’il faut que je lui lance un gant et que je me batte en duel contre lui, pour l’honneur de ma dame ?

Et voilà... T'es bien un homme, finalement tu n'as plus rien à prouver, encore un qui pense à se battre. Vous n'savez faire que ça vous battre ? Un duel... D'abord tu ne peux pas, d'une part t'es diacre ! Et d'autre part t'es pas noble ! Donc oublie...

Elle regardait son frère, il fallait qu'il comprenne... Espérons que cette histoire lui serve de leçon, mais était-ce gagner ? Elle verrait bien, mais elle avait fait tout ce qu'elle pouvait pour l'aider au maximum et ne recommencerait certainement pas de sitôt, bien trop fatigant, il fallait le surveiller, il était pire qu'un enfant par moment, mais elle aussi avait fait des bêtises. Elle se tenait toujours le visage en réfléchissant. Il avait continué, mais il devait y aller seul, tout seul comme un grand.

Un duel... Un duel... Une bagarre... Ne crois-tu pas que tu risques plus de faire peur à ton épouse qu'autre chose ? Il est vrai que finalement voir l'homme que l'on aime se battre pour nous peut-être agréable mais...

Oui, il y avait un "mais" et ce "mais" Kory ne l'aimait pas du tout, elle savait très bien comment pouvait finir un combat à l'épée, après tout, n'avait elle pas avec l'aide de médicastre cautérisé le ventre de son époux ? Elle ne se voyait pas faire de même avec Rick, surtout que son ventre avait déjà été attaqué par un taureau.

Hum je doute de tes capacités à manier une épée et avec ton poignet cassé... Et ton ventre déjà assez endommagé...

Comprendrait-il ? Elle ne tenait pas à enterrer son frère maintenant, il était bien trop jeune et Tiadriel ne pouvait se retrouver seule pour élever trois mouflets.

Peut-être que je devrais lui proposer un duel poétique, non ?

Peut-être devrais-tu arrêter de trop réfléchir et voir le moment venu.

Elle se leva pour se servir un grand verre d'eau fraîche qu'elle but d'une traite.

Tu sais... La spontanéité et l'improvisation... C'est peut-être mieux.

Elle en avait marre de polémiquer avec son frère, ce n'était pas en préparant des choses à l'avance qu'il passerait pour quelqu'un de naturel et ce n'est pas de cette façon qu'il récupérerait son épouse. L'ombre faisait bien les choses, Korydwen le savait fort bien... A nouveau dans le fauteuil, ses doigts rebondissant sur les accoudoirs, elle commençait à perdre patience... Et la patience elle en avait, sauf quand on en abusait un peu beaucoup.

Kory, j’ai réfléchit et je pense que je dois me présenter sous mon meilleur jour devant Tia. Je vais donc récupérer tout le sommeil qui me manque et tu vas faire de même. Puis, je ferais une grande toilette dans le lac et je réparerais mes braies de manière à ce que l’accroc que tu as été obligé de faire, ne se voie pas trop.

Et je fais ce que je veux... Je suis adulte tu sais. Tu peux prendre une paire de braies à Al...

Il ne le verrait pas de toute façon Al, elle avait encore beaucoup de chose à faire et ne voulait pas perdre plus de temps, le reste des choses qu'elle ne pouvait pas faire parce qu'elle était occupée à chercher Tia, alors que finalement, elle n'avait peut-être pas besoin de réellement la chercher. Mais bon, des fois, elle était beaucoup trop gentille, des fois, elle aidait bien trop volontairement. Et puis cette fois, elle ne se doutait pas et était bien à des années lumières que son frère la remercierait grandement, en lui faisant remarquer qu'elle allait grossir, parce qu'elle était noble et qu'elle ne pouvait donc pas travailler... M'enfin ça il aurait des problèmes en temps voulu.

Tu crois qu’il faut que je garde cela pour la rencontre ? Ne dois-je pas plutôt mettre mon bras en écharpe ?

C'est toi le médecin pas moi. Apprends à savoir ce que tu veux réellement au lieu de toujours t'appuyer sur un avis extérieur.

Elle lui sourit, et attrapa son livre, cherchant la page pour trouver comment faire un plâtre, cela semblait nécessaire pour son pauvre poignet, elle venait de trouver.

Reste encore un peu, je dois hum te faire un truc.

Elle posa le livre à la bonne page, fouilla dans son armoire pour en sortir un grand morceau de tissu qu'elle posa sur la table, bien à plat, elle se dirigea ensuite vers son stock de plante et en sortit un pot de Consoude, elle commença à faire une pâte avec et l'étala sur le linge propre, elle retira ensuite ce qu'elle avait mis sur le poignet de son frère et le remplaça par le linge.

Evite de trop bouger ton poignet, ça devrait se solidifier dans la nuit...

Elle le laissa monter dans la chambre des enfants, bein ouais y a que deux chambres à Montbrisson, la sienne et celle des droits mouflets. Elle resta un moment à réfléchir avant de monter se coucher ou pas. Elle se réveilla de bonne heure, à vrai dire, elle n'avait pas trop dormi une fois de plus, elle angoissait. Mais elle avait beaucoup de travail accumulé, c'est pourquoi, elle partit de bon matin, le laissant tout seul.

Je suis partie travailler, j'ai vraiment vraiment trop de dossiers en retard.
Kory.

Un petit mot rapidement et la voilà partie.
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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Rick le Sam 1 Aoû - 0:23

Montbrisson, 9 chemin du bord du Lac

Rick était maintenant couché sur le lit dans la chambre des enfants. Et avant de s’endormir, il se remémora les derniers événements de la soirée. Une fois encore, sa sœur lui avait ouvert les yeux. Il n’était pas noble et il était diacre, soit deux raisons suffisantes pour ne pas se battre en duel. D’ailleurs, Kory ne semblait pas confiante en ses talents de duelliste. Pourtant, elle aurait dû se souvenir, que lorsqu’il était en colère, il pouvait faire des choses extraordinaires. N’avait-il pas réussi à tuer cette ourse qui l’avait privé de sa nourrice ? Il serait sûrement capable de tuer cette ombre si Tia était en danger. Il en serait capable si Aristote n’était pas au-dessus de lui, à le regarder. Et d’ailleurs, à bien y penser, c’était la seule chose sur laquelle il ne pourrait transgresser. Autant, il pourrait se passer du fait qu’il soit simple gueux, à risquer la prison, autant il ne pourrait transgresser les fondements du Livre des Vertus.

Le jeune homme se frotta légèrement le dessus du poignet. Le plâtre que Kory venait de lui faire, commencer à le gratter. Il savait, en tant que médicastre, qu’il ne devait pas le toucher. Aussi, avant que le sommeil ne le gagne vraiment, il préféra à nouveau repenser à ce que venait de lui dire sa sœur. Elle lui avait dit qu’il fallait qu’il arrête de penser à ce rendez-vous, mais ce conseil avisé était plus facile à donner qu’à faire. Comment réagirait la baronne si c’est Al qui était aux mains d’une Ombre ? Peut-être pire que lui, car elle était capable du meilleur comme du moins bon, pour celui qu’elle aimait. Ne l’avait-il pas vu lors du voyage pour récupérer Loup ? Il sourit en repensant à cela. Au final, elle avait raison, il n’était vraiment pas différent l’un de l’autre. Mais à y repenser, il fallait avouer que le meilleur conseil de Kory était celui d’improviser et de rester naturel. N’était-il pas ainsi avant leur mariage surprenant Tia, au gré de son inspiration ? En fait, il suffirait d’attendre de voir à quoi ressemblait cette Ombre, pour voir comment réagir avec Tia et comment faire comprendre à son épouse qu’il pouvait changer, juste par amour pour lui. Si la jeune femme n’était pas prisonnière de cette personne, il serait peut-être plus difficile de la faire revenir. Car elle pouvait être têtue quand elle avait quelque chose dans la tête, mais c’est aussi pour cela qu’il l’aimait. Il savait que demain, il faudrait qu’il laisse parler son cœur et si Tia avait encore des sentiments pour lui, alors seul leur cœur serait les avocats de leur mariage. Le jeune homme étouffa un bâillement en se demandant si Kory pourrait enfin se reposer. Il l’avait mis à rude tension, pendant ses quelques jours.

La nuit du jeune homme fut plutôt agitée. Il avait beau ne pas vouloir penser à ce qui allait se dérouler au lac, mais il faut dire qu’il est difficile de faire le vide dans son esprit. Parfois, il voyait une Ombre kidnapper Tia et éclater d’un rire sadique. Il voyait aussi son épouse partir en lui disant qu’il ne reverrait pas leurs enfants et que c’était bien fait. Rick bougeait énormément dans son sommeil, des perles de sueur se formaient sur son front, pendant qu’il secouait la tête à droite et à gauche. Le jeune homme se leva en criant un Non très fort. Puis assis sur le lit, il mit sa main sur son visage et soupira. Il se leva pour regarder par la fenêtre. La nuit était pleine et de là, où il était, il pouvait voir la Lune, en forme de croissant. Il restait de nombreuses heures avant le rendez-vous. Il marcha de long en large, en regardant vers le ciel. Puis, il se dit qu’une petite prière pour Aristote ne serait pas mal venue. Aussi se mit-il à genoux devant le lit et pria pour que tout se déroule le mieux du monde, le lendemain. Après sa séance de prière, le jeune homme se recoucha et le sommeil le regagna rapidement. Le reste de la nuit fut sans rêves et réparatrice.

Le lendemain matin, le jeune homme se leva de bonne heure et commença à faire sa toilette. Un rasage de très près pour ne pas montrer un visage fatigué et sali à son épouse. Puis, regardant ses braies et se souvenant que sa sœur lui avait proposé une paire de son beau-frère, il se demanda ce qu’il devait faire. Il avait promis de faire des efforts avec Tia, mais il ne pouvait pas cacher à son épouse que sa disparition l’avait énormément inquiété et qu’il y avait eu des conséquences sur cela. Il ne pourrait enlever le plâtre durci, fait par sa sœur, aussi se décida-t-il à garder ses braies, aux jambes raccourcies par lui-même. Elles arrivaient maintenant juste au dessus des genoux. Le jeune homme descendit doucement pour ne pas réveiller Kory et fut assez surpris de trouver un mot de sa part. Elle était déjà partie. Avait-elle dormi au moins ? Le jeune homme soupira et ferma la porte de la maison de sa sœur. Il devait maintenant se rendre en direction du lac, où son avenir allait se jouer.


Le Lac de Montbrisson

L’avantage de la maison de Kory, c’est qu’elle se trouvait à côté du lac de Montbrisson. Du coup, le voyage du jeune homme se trouva fort court. Il se demanda de quel côté, Tia et son ravisseur arriveraient. Viendraient-ils en barque, du côté de l’ancienne maison de Tante Emeline ? Ou plutôt à bien ? Le jeune homme se décida à s’allonger sur l’herbe bordant le lac et une herbe dans la bouche, il se mit à regarder les nuages. Son poignet cassé sur son torse, l’autre bras derrière la tête, il se mit à admirer le ballet blanc dans le ciel bleu.

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Re: Une disparition inquiétante...

Message  feu Tiadriel le Lun 3 Aoû - 18:52

[Montbrison, 5 Juin 1457]

- « Moi aussi j’ai peur. Seul Dieu sait comment ton époux va réagir en me voyant.
Qui nous dit qu’il va pas me découper sur place ?
Ah mais nan, l’est curé ton époux, ‘fin l’est diacre nan ?
Il peut pas se battre, j’suis sauvée alors ! »


Même si leurs angoisses respectives ne se situaient pas sur un niveau identique, cela rassura un peu Tiadriel de le savoir inquiet. A cet instant, ils n'en menaient pas très larges tous les deux... Mais, il était vrai qu'en tant que diacre, Rick ne lèverait pas les armes contre lui et c'était plutôt rassurant.
Tiadriel sourit en le voyant se frotter les mains. Mais il restait nerveux. Et ça, elle le comprenait amplement.


- « J’en suis heureuse pour toi, en espérant que cela soit de même pour ton époux.
Sinon je me chargerai personnellement de venir lui botter le popotin avec mes grosses bottes de cuir ! »


Elle jeta un oeil sur les bottes en question, avant d'éclater de rire, imaginant sans difficulté la scène. Cela lui fit du bien, l'atmosphère en sembla moins électrique.

-« Fatiguée ?
Non !
Bien sur que non !
Je suis en pleine forme !
On ne peut pas être plus en forme ! »


Oui ! A d'autres ! Il n'était pas très convainquant sur ce coup-là. Et puis, elle n'avait qu'à regarder sa tête. Une sale tête de quelqu'un qui manque de repos, de quelqu'un de surmené. Et tout ça, en partie par sa faute à elle... Elle n'eut pas besoin d'insister pour qu'il se décide enfin à lui dire la vérité et quelle vérité !

« J’avoue…
Je suis à bout !
Je ne pensais sérieusement pas que cela serait si difficile.
Quand on en avait parlé c’était si… Drôle ?
Mais là, ça ne l’est plus du tout.
Je ne dors plus…
Je suis pris entre deux feux.
Je mène deux vies.
Une le jour, une la nuit.
Constamment faire attention…
Alors si ton époux ne fait pas d’effort, j’irai l’égorger de mes propres mains… »


Oui... Drôle... Je suis vraiment désolée de t'avoir imposé une épreuve pareille. Une attention permanente a du mettre tes nerfs à rude épreuve...
Pardon !


Elle fit une petite pause avant d'ajouter...

Mais d'après ce que tu m'as dit, je ne pense pas que tu auras besoin de l'égorger. Et puis, je ne voudrais pas que tu ailles te salir les mains pour moi !
Je suis sûre qu'il ne nous décevra ni l'un, ni l'autre.


Elle le serra fort dans ses bras avant de le relâcher. Sa façon à elle de le remercier pour tout ce qu'il avait fait, pour tout ce qu'il faisait pour elle, pour eux.

[Montbrison, 7 Juin 1457]

Le grand jour était arrivé. Elle s'était levée de bonne heure, ou plutôt n'avait pas réussi à fermer l'oeil. Du moins, c'est ce qu'elle croyait. Elle avait fait quelques micro-sommeils toute la nuit. Cependant, elle ne se sentit pas fatiguée pour autant.
Elle avait fait une toilette minutieuse avant de s'habiller et de discipliner sa longue chevelure. Elle ne voulait pas laisser de détails au hasard. Après tout, elle n'avait pas été retenue ici contre son gré, nul besoin de le faire croire pas une tenue crasseuse et des cheveux en bataille.
Elle avait ensuite attendu, patientant plus ou moins, faisant les cent pas pour tenter de se calmer un peu. Nerveuse, la boule au ventre. D'ailleurs la nourriture n'avait pas voulu passer et elle avait rendu les armes.

Quand elle entendit discrètement frapper à la porte, elle se précipita et lui ouvrit. Elle lui sourit timidement.


- « Chère amie, il est l’heure ! »

Elle déglutit doucement.

Je suis prête, nous pouvons y aller !

Elle referma la porte derrière eux, regardant une dernière fois cette maison qui l'avait accueillie pendant ces quelques jours. Puis, elle lui emboîta le pas et ils se dirigèrent ensemble vers le lac.
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Re: Une disparition inquiétante...

Message  feu Tiadriel le Mar 4 Aoû - 0:02

Lombre




[Montbrison, le 7 Juin]

L'ombre laissa Tiadriel se préparer. L'époux se serait certainement tout aussi bien préparé.
Si ce n'était pas le cas, si l'ombre avait fait tout cela pour rien, elle lui hurlerait dans les oreilles.
Il était temps, Tiadriel était prête, l'ombre sourit, la porte se ferma derrière eux.
Elles discutèrent doucement de tout et de rien, imaginant les réactions que pourrait avoir l'époux.
L'air frais du lac en ce printemps plutôt ensolleilé, cela promettait un bel été.
L'ombre avançait doucement, cachée sous sa capuche, les premiers pêcheurs se rendaient au lac.
Elle se demandait si l'époux serait là. Elle aurait du mieux espionner pour savoir où il se dirigerait.
L'ombre marcha un petit moment dans l'herbe haute et recouverte de fine goutte de rosée.
L'ombre entrainait Tiadriel autour du lac, cherchant la personne avec qui elle avait rendez-vous.

Elle trébucha sur quelque chose au sol.


-"Aaaaaaah ! Fichue racine !"

Mais ce n'était pas dur comme une racine, c'était plutôt moelleux.
Etrange sensation, remettant sa capuche en place, espérant ne pas avoir été démasquée.
Elle se releva, passa ses mains sur sa tenue et regarda au sol, tournant la tête.
Un homme était là, allongé un bout d'herbe dans la bouche.


-"Euh pardon m'sire !"

Elle avait camouflé sa voix, elle avait bien remarqué que c'était l'époux.

-"Je suis bien tombée, j'ai l'impression.
Vous êtes l'homme que je cherche.
Vous êtes l'époux, de la dame que j'ai sauvé."


Et l'ombre de le regarder d'en haut, bientôt elle ferait tomber sa capuche et la surprise risquait d'être de taille.

-"Avez vous deviné qui je suis ?"

Qu'il était difficile de cacher sa voix, sans trop se faire remarquer.
L'ombre porta ses mains à sa capuche, l'empoigna avec vigueur.


-"Vous risquez d'être bien surpris.
Peut-être m'avez-vous pris pour un amant."


Faire durer le suspens, retirant légèrement sa capuche, dévoilant une chevelure noire.

-"Si tel était le cas, vous vous êtes fourvoyé."

Remettant sa capuche en place, l'ombre regarda l'homme en souriant.
Il risquait de craquer, mais point grave...


-"Je crois qu'il vous faudra faire plus attention à votre entourage.
Parce que vous me connaissez.
J'ai passé les derniers jours en votre compagnie.
Je vous ai suivi."


Comprendrait-il ?
Trouverait-il ?
L'ombre tentait de cacher son trouble et se demandait bien comment il le prendrait.
Elle laissa un temps mort, Tiadriel était à ses côtés, l'époux avait du le voir.


-"Rick.
Je ne vous ferai pas de grand discours.
On vous en a déjà fait.
Je le sais.
Et de vous voir ici !
Seul !
Me fait dire que vous êtes conscient et que faire des progrès vous souhaitez."


L'ombre retira sa capuche laissant apparaître son vrai visage.
S'en serait-il douté ? Pour ceux qui la connaissaient un peu.
Ils savaient qu'elle était capable du meilleur comme du pire.
Que jamais elle ne laissait tomber les gens qu'elle aimait.
Elle ne bougea pas, elle attendait.
Espérant avoir réussi ce qui au début paraissait impossible.
Ce couple qui ne se comprenait plus...

Alors avait-elle réussi ?
Pouvait-elle s'en aller, le coeur léger ?
Fini les cachoteries...
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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Rick le Mer 5 Aoû - 0:53

Lac de Montbrisson - 7 juin 1457 : Une rencontre des plus choquantes...

Rick paressait dans l’herbe au bord du lac, cherchant des formes parmi les nuages, afin de ne pas avoir à penser à ce qui allait se passer dans un petit laps de temps. Et soudain, un coup de pied sur lui et une exclamation inattendue

Aaaaaaah ! Fichue racine !"

Le jeune homme avait les yeux fermés et les ouvra d’un coup, voyant un individu remettre une cape sur sa tête tout en s’excusant.

-"Euh pardon m'sire !"

Rick fronça les sourcils en entendant la voix. C’était étrange, elle lui rappelait quelqu’un. Une personne encapuchonnée se pourrait-il que ce soit…. L’ombre ? Cette personne le regardait maintenant de haut et fit encore entendre sa voix camouflée mais tellement familière aux oreilles du jeune homme.

-"Je suis bien tombée, j'ai l'impression.
Vous êtes l'homme que je cherche.
Vous êtes l'époux, de la dame que j'ai sauvé."


Le jeune homme fronça les sourcils et se redressa d’un coup pour mieux voir la personne se trouvant devant lui. Puis, il la vit et il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire. Elle était là, magnifique, ses longs cheveux bien coiffés. A croire que Kory avait raison, et qu’elle n’était pas retenue contre son gré. Rick avait répondu par l’affirmative, d’un signe de tête, n’arrivant pas à prononcer le moindre mot. Que venait-elle de dire, cette personne énigmatique ? Sauvée ? Mais Tia n’était pas en danger. Enfin, il le croyait ou plutôt il l’espérait. Aurait-il failli à ses engagements matrimoniaux en ne portant pas assistance à son épouse en danger ? Il commençait à prendre peur, tout en cherchant qui pouvait être cette personne. Il connaissait cette voix, il en était de plus en plus sûr, mais il n’arrivait pas à mettre un visage dessus. Il n’y aurait pas eu Tia, il se serait sûrement précipité vers cette personne pour la forcer à dévoiler son visage. Mais, il savait qu’il était en train de jouer son dernier va-tout et qu’il ne pouvait pas se permettre certaines choses. Sa sœur lui avait dit, la veille au soir, conduit toi comme un homme… N’était-il pas en train justement de se conduire comme un homme, mais un homme réfléchit à ce moment-là ?

-"Avez vous deviné qui je suis ?"

Le jeune homme commençait à prendre peur car cette voix était loin de lui être inconnu. Mais il ne voulait pas non plus se tromper. D’ailleurs, il avait tellement imaginé de scénarios possibles sur l’identité de cette personne que maintenant, il ne préférait plus émettre d’hypothèse. La seule chose dont il était sûr, c’est que c’était une femme. D’ailleurs, cette dernière continuait son numéro, jouant avec lui, comme un chat joue avec une souris. En plus, Rick était toujours assis dans l’herbe, laissant la supériorité momentanée au Tiadnappeur. Elle portait désormais ses mains à sa capuche et commença à laisser tomber le voile tout en continuant à discuter.

L'ombre porta ses mains à sa capuche, l'empoigna avec vigueur. Elle commençait sérieusement à l’agacer à jouer avec ses nerfs et sa patience. A croire que Tia lui avait dit que l’un de ses points faibles était l’impatience. Le jeune homme ferma les yeux et inspira fortement pour tenter de calmer la colère qui montait en lui. D’une part, elle lui avait volé Tia, elle lui avait peut-être même monté la tête contre lui. Elle l’avait inquiété pendant des jours et des jours. A cause d’elle, il avait mis le duché sans dessus dessous et maintenant, cerise sur le gâteau, elle jouait avec lui et sa patience. Il fallait qu’Aristote vienne l’aider dans cette épreuve, sinon il risquait de gâcher sa dernière chance avec Tia. Léviathan, prince de la Colère n’était pas loin d’être en lui et il ne fallait surtout pas.


-"Vous risquez d'être bien surpris. Peut-être m'avez-vous pris pour un amant."

Nouveau froncement de sourcils face à l’évocation de ce sujet. Où avait-elle été cherchée cela ? A qui en avait-il parlé ? Arf ce sacré Alzy qui une fois de plus ne lui permettait pas de se souvenir de ce détail. Si au moins, il arrivait à se voir dire cela à la personne face à lui, enfin il saurait qui se cache derrière cette tenue de camouflage et alors là, il aurait un coup d’avance sur son adversaire. Et voilà que maintenant, elle laissait dévoiler une longue chevelure noire. Une chevelure noire comme celle de…. Non ce n’était pas possible. Cela ne pouvait pas être elle. Elle ne devait pas être devant lui, elle lui avait dit. Et pourtant ses cheveux, Rick les reconnaissait, il en était sûr.

-"Si tel était le cas, vous vous êtes fourvoyé."

Rick porta une main à sa bouche, ne voulant pas croire à la vérité qui petit à petit était en train de percer dans son esprit embrumé.

-"Je crois qu'il vous faudra faire plus attention à votre entourage.
Parce que vous me connaissez.
J'ai passé les derniers jours en votre compagnie.
Je vous ai suivi."


NOOON… C’est pas possible…

Rick.
Je ne vous ferai pas de grand discours.
On vous en a déjà fait.
Je le sais.
Et de vous voir ici !
Seul !
Me fait dire que vous êtes conscient et que faire des progrès vous souhaitez."


Et pourtant, maintenant il était presque sûr de la personne qui se trouvait devant lui. Et même si à cet instant précis, elle le vouvoyait, il savait déjà qui se cachait derrière ce masque, au moment même où elle montra enfin son visage. A la place de la capuche, se trouvait maintenant le visage de sa sœur, Kory. Le jeune homme encore assis dans l’herbe, tenta de reculer, comme pour croire à un cauchemar éveillé. Avec l’appui de ses deux mains, il tenta de reculer plus vite, oubliant une fraction de seconde, son poignet cassé. Poignet qui le rappela sévèrement à l’ordre, laissant échapper un grognement au jeune homme et une horrible grimace. Il sentait terriblement trahi d’un coup. Kory avait joué double jeu dans l’histoire. Mais qu’avait-elle donc cherché à lui faire comprendre à ce moment-là ? Elle avait essayé de lui faire ouvrir les yeux, pendant les quelques jours passés en tête à tête. Elle avait essayé de lui faire comprendre la position de Tia, ses sentiments et son ressenti. Elle était femme et elle comprenait cela, contrairement à lui. Le jeune homme se leva d’un bond et s’avança devant le lac, songeur. Il était pris entre deux feux. D’un côté, il avait le cœur brisé de s’être confié à sa sœur, ainsi, lui faisant partager sa peine et ses doutes et de l’autre, savoir qu’elle savait depuis le début où était son épouse, sans lui dire. C’était horrible comme sensation. Et puis de l’autre côté, il avait fauté et Aristote lui donner pénitence à sa manière, Kory était seulement l’arme de son repentir. D’un côté, c’était son cœur de frère et d’homme qui était meurtri terriblement. Il se sentait tellement trahi. Il devrait lui en vouloir pour ce qu’elle venait de faire. Mais de l’autre côté, il y avait Aristote. Il était diacre et représentant religieux. Il devait pardonner. C’était son rôle. Il ne pouvait pas dire cela lors des offices qu’il faisait sans montrer le bon exemple. Parfois, il se demandait pourquoi il était devenu diacre, car c’était un rôle beaucoup trop difficile pour le cœur d’un homme.

Rick faisait les cent pas devant le lac, ne s’occupant plus de son épouse et de sa sœur, cachée dans l’ombre. Quand il y repensait tout de même à cela. Il se souvenait du moment, où il avait trouvé le parchemin sur la porte et où il l’avait montré à Kory. Elle semblait tellement impatiente de le lire, que jamais au grand jamais, il aurait pu croire que c’était elle, celle qui avait Tiadnappé son épouse. Et tant de petits détails qui auraient pu lui mettre la puce à l’oreille dans d’autres circonstances. Mais là, encore une fois, il n’avait pas voulu voir plus loin que le bout de son nez. Et pourtant…. D’un autre côté, à y réfléchir de manière plus sereine, Kory avait été un vrai médiateur dans le couple. Si elle avait fait la même chose, avec Tia qu’avec lui, sa pelouse connaissait peut-être maintenant aussi le fond de son cœur. Et à bien y réfléchir, elle avait dû mener une double vie, pendant ces quelques jours. Le jour avec lui, la nuit avec elle. Comment avait-elle fait pour ne pas craquer ? Le jeune homme regarda dans leur direction pour voir ce qu’il se passait. Elles étaient proches l’une de l’autre, mais il n’aurait pu dire si elles se parlaient ou pas.

Et puis, Rick se mit à repenser à hier soir et à la colère de Kory, quand à son projet de duel. Elle avait trouvé des arguments totalement convaincants pour l’empêcher de se battre comme un homme, comme elle disait. Elle savait déjà que c’est parce qu’elle était son adversaire énigmatique et qu’elle était plus rompue que lui aux exercices des armes. Certes, il savait se battre à l’épée, mais cela remontait à tellement longtemps, ces exercices imposés par leur père, pour être un homme un vrai. Il avait été tellement longtemps, un homme, un vrai, que pour cacher cette partie masculine et ne pas voir ressurgir Alejandro, il avait préféré calquer sa manière de faire, sur le côté poétique d’Aliénor mère. Sa sœur était vraiment folle et c’est pour cela qu’il l’aimait après tout. Il se mit à rire tout seul, face à ce qu’elle venait d’accomplir. Il ne savait pas de quoi demain serait fait, mais il savait une chose, c’est que Kory aurait tout fait pour que Tia et lui soient à nouveau réunis. Et pour cela, rien que pour cela, il ne pouvait pas lui en vouloir. Alors après tout, il allait mettre de côté, son orgueil masculin, mal placé et il allait tenter de récupérer son épouse.

C’est donc d’un pas décidé qu’il se dirigea vers le duo de femmes et qu’il commença à parler à sa sœur. Ce qu’il avait à lui dire, durerait moins longtemps que ce qu’il avait à dire à sa pelouse adorée.


Kory, tu voulais que je me comporte comme un homme, aujourd’hui, lorsque je serais devant l’Ombre et Tia. Et bien, je vais être obligé de te décevoir, ch’tite sœur. En effet, si je me comportais tout de suite, comme un homme, je devrais t’en vouloir pour ce que tu as fait. Les hommes ont l’orgueil souvent mal placés et je t’avouerais que sans une profonde réflexion et une grande introspection, j’ai été terriblement meurtri de découvrir l’identité de celui ou plutôt celle qui avait fait le pseudo-enlèvement de Tia. Je me suis senti humilié et trahi…

Le jeune homme laissa un blanc dans la conversation, afin de ménager lui aussi, la chèvre et le chou.

Cependant, Kory. Si je regarde plus loin que mon orgueil mal placé et bafoué, je comprends ce que tu viens de faire. Je vois derrière toi, l’action aristotélicienne. Et le diacre que je suis, ne peut pas, ne pas pardonner ce genre de choses.

Rick prit la main de l’ombre et lui sourit.

Alors merci, ch’tite sœur, pour tout ce que tu as tenté de faire pour moi… pour nous.

Le jeune homme regarda sa femme de côté et sourit aussi. Oh certes, la victoire n’était pas encore prête à être chantée mais Kory avait déblayé le terrain et il ne restait plus qu’à Rick à faire en sorte qu’elle soit au bout de la ligne. Il voyait, désormais, la tribune de sa Dame et il ne restait plus qu’à aller lui faire la cour et redevenir le troubadour qui sommeillait en lui. Il ne lui restait plus qu’à faire renaître la flamme dans les yeux de Tia. Rick fit un bisou sur la joue de sa sœur puis il se tourna vers Tia. Il posa un genou à terre et regarda sa belle droit dans les yeux avant de lui dire.

Oh ma belle demoiselle
Oh ma douce et tendre Tiadriel
Me laisseras-tu me faire pardonner
Accepteras-tu encore de te laisser conter
Des vers magnifiques puisés au fond de tes yeux ?
Accepteras-tu de pouvoir redire nous deux ?
Oh Tia, ma douce et bien-aimée
Me laisseras-tu une chance de nous expliquer
Et tenter de remettre à plat
Tout ce qui ne va pas


Rick attendait maintenant que son épouse prenne la parole et lui donne son accord pour qu’il puisse ou non reprendre sa cour. Il espérait qu’elle lui dirait ce qui ne va pas, même si Kory avait déjà fait beaucoup dans ce sens, et lui avait déjà ouvert les yeux.

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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Korydwen le Mer 5 Aoû - 23:11

Dire qu’elle n’était pas angoissée serait mentir. Korydwen à ce moment n’était pas très à l’aise, elle connaissait son frère, elle savait qu’il était rancuniers, elle verrait bien comment cela tournerait. En espérant que cela ne soit pas si terrible que ça. Avait-elle seulement conscience de ses actes ? Oui, comme toujours… Elle assumerait de toute façon et qui à part eux trois étaient au courant. Bon en excluant les sorciers et autres voyants bien entendu. Mais pour l’heure, elle le voyait faire les cent pas.

Une main sur le pommeau de son épée pendant que l’autre dénouait le nœud de la cape pour s’en séparer et mieux agir si besoin il y avait. Elle ne savait pas comment il allait réagir, l’adrénaline montait. Elle avait chaud, mais elle ne disait rien, qu’avait-elle à lui dire de toute façon ? Pas grand-chose, c’était à son tour maintenant, elle en souriait d’avance… Dans l’histoire, elle avait vu la préparation des deux côtés, elle avait autant discuté avec Tiadriel que Rick, elle avait avec plus ou moins de sous entendu, fait comprendre à chacun d’eux le problème de l’autre, jouer le médiateur mystère était bien plus compliqué qu’elle ne l’avait imaginé.


Kory, tu voulais que je me comporte comme un homme, aujourd’hui, lorsque je serais devant l’Ombre et Tia. Et bien, je vais être obligé de te décevoir, ch’tite sœur. En effet, si je me comportais tout de suite, comme un homme, je devrais t’en vouloir pour ce que tu as fait. Les hommes ont l’orgueil souvent mal placés et je t’avouerais que sans une profonde réflexion et une grande introspection, j’ai été terriblement meurtri de découvrir l’identité de celui ou plutôt celle qui avait fait le pseudo-enlèvement de Tia. Je me suis senti humilié et trahi…

Me décevoir ? Non au contraire… Tu aurais pu te jeter sur moi et m’étrangler, du moins c’est qu’aurait certainement fait Althiof si quelqu’un avait tenté de m’enlever à lui… Tu peux m’en vouloir, cela ne me gênerait pas et serait plutôt normal… Ce que j’ai fait ? Il faut du cran… Je suis pas sure que beaucoup aurait tenté d’en arriver là pour sauver le couple de son frère ou de sa sœur. Je ne fais pas dans la profonde réflexion et la grande introspection. J’agis avec mon cœur, avec ma verve qui plus d’une fois m’ont fait défaut. Je réfléchis après avoir agi. C’est mauvais je sais. Mais aurai-je fait une meilleure sœur en te laissant sombrer ? Je ne crois pas. Te laisser couler et ressembler à notre père… Ca aurait été pire. Meurtri ? Tu peux l’être aussi. Humilié, jamais je ne t’ai humilié en discutant avec Tia, jamais… Je ne lui ai rien dit sur tes bêtises… Trahi ? C’est dommage d’en arriver là. Mais crois-moi j’ai tout essayé avant de me lancer dans cette histoire pour t’ouvrir les yeux. Rien jusqu’au jour d’aujourd’hui n’avait fonctionné… Alors j’ai tapé fort, j’ai tapé là où ça fait mal et dans la douleur, j’ai pas mal réussi.

Si tu as été blessé, sache que ma situation n’était pas mieux, te voir souffrir alors que je savais tout était pour moi, la pire des tortures, plusieurs fois j’ai eu envie de te cracher le morceau, de te réconforter, que tu ne t’inquiètes plus. Mais est-ce que cela aurait eu le même effet. J’ai été forte… Pour toi, pour vous deux…

Sa main se desserra de son épée, elle le regardait le fixait, si ça avait été dur pour lui, ça l’avait été tout autant pour elle, ne plus dormir, faire semblant, mentir à tout le monde, mener tout le monde en bateau pour sauver un couple, elle en avait fait des choses la Kory, le plus surprenant c’est qu’avec son grain de folie, elle était capable de beaucoup. Du meilleur comme du pire, sans jamais vraiment regretter ses gestes. Ainsi était-elle, juste Kory, un doux mélange plutôt explosif, très imaginative, toujours une idée derrière la tête…

Cependant, Kory. Si je regarde plus loin que mon orgueil mal placé et bafoué, je comprends ce que tu viens de faire. Je vois derrière toi, l’action aristotélicienne. Et le diacre que je suis, ne peut pas, ne pas pardonner ce genre de choses.

Ton orgueil mal placé et bafoué… Certainement, mais parfois, certaines choses sont à mettre de côté… L’action aristolécienne. Amen Christos et Aristote sont de nouveau mes amis… Que j’ai ton pardon ou non, ça n’aurait rien changé à l’amour fraternel que je te porte… Je ne suis pas de ceux qui abandonnent leur famille pour un homme ou une femme… Et ce que je t’ai déjà dit pendant les recherches… J’en ai été jusqu’à presque perdre mon travail de maréchale et douanière pour toi, j’ai mis ma famille de côté pendant ces nombreux jours…


Korydwen fixait son frère, il voyait le « mal » qu’elle avait fait, mais il oubliait le nombre de choses qu’elle avait fait aussi, pas comme si elle n’avait rien tenté et qu’elle l’avait regardé se morfondre. Elle l’avait fait réagir, c’est tout ce qu’elle avait cherché et depuis un petit moment d’ailleurs.

Elle le regardait, ses yeux ne se baissaient pas…


Alors merci, ch’tite sœur, pour tout ce que tu as tenté de faire pour moi… pour nous.

A ton service !

Elle plia son buste et tendit son bras devant pour lui faire un salut plutôt magistral à la Kory quoi. Elle se redressa et le regarda.

Un grain de folie pour trois de bravoure. Ca me va bien non ?

Elle les regarda en souriant, finalement libéré d’un lourd poids, elle pourrait vivre normalement, ne plus faire attention à ce qu’elle disait, faisait et surtout dormir, beaucoup dormir. Elle espérait ne plus avoir à faire ce genre de chose.

Faudrait peut-être que vous préveniez tout le monde que tu as retrouvé Tia, Rick. Pis tu peux leurs dire la vérité, je m’en fiche moi ! J’ai fait mon travail ! Enfin si on peut appeler ça un travail… Puissiez-vous vous retrouver et surtout… Redevenir le couple que vous étiez, ne vous déchirez pas…

Mais alors qu’elle allait demander l’autorisation de se retirer, elle vit son frère poser un genou à terre après lui avoir fait un bisou, légèrement gênée, elle plia son bras et se gratta le dos.

Euh… Ahem pardon….

Elle se tut, et le laissa faire et une fois qu’il eut fini, elle les regarda discrètement.

Hum bon, je vais vous laisser hein !

Korydwen agita sa main et s’apprêta à partir.
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Re: Une disparition inquiétante...

Message  feu Tiadriel le Ven 7 Aoû - 1:31

[Montbrison, le 7 Juin]

Elle discutait doucement avec son ami, parlant des différentes réactions que pourraient avoir Rick sans réussir à savoir laquelle serait la plus proche de la réalité. Elle le suivait autour du lac quand tout à coup, il disparut ! Surprise, elle baissa les yeux et se rendit compte qu'il avait glissé sur l'objet de leurs recherches : son époux ! Ce dernier était allongé nonchalamment dans l'herbe, une herbe dans la bouche, les yeux fermés.
Finalement, il n'avait pas l'air si inquiet que ça...
Un peu vexée, elle décida de se concentrer sur son pseudo-ravisseur, plutôt sauveur pour l'occasion. Elle prit le temps de respirer calmement pour retrouver ses esprits. Elle faisait sûrement fausse route et la première impression ne devait certainement pas être la bonne. Mais elle n'en démordit point. La sale gamine parfois ! Pfff !

Il jouait avec son époux, de manière très habile et Tiadriel sourit. Le jeu du chat et de la souris allait prendre fin, la réaction tant attendue et à la fois tant redoutée tomberait !
Le moment fatidique. La capuche tomba. Cascade de mèches brunes ! Eh oui ! Elle avait bien trompé son monde pendant tout ce temps. Tiadriel était fière de l'avoir pour belle-soeur et amie. Elle avait sacrifié une partie de sa vie, plusieurs jours durant, pour les aider. Des amis comme elle, ils se comptaient généralement sur les doigts d'une main !

Elle attendit l'explosion de colère... qui ne vint pas. Seul un non d'abord, suivit peu après par un... grognement ? Bizarre comme réaction. Vraiment très bizarre. Elle se décida alors à le regarder et à l'examiner d'un peu plus près. Il faisait un peu peine à voir, elle dut bien se l'avouer. Bien qu'il fut rasé de près, ses braies avaient tristes mines et puis... Ses yeux verts tombèrent sur son poignet ! Il était blessé ? Et à première vue, ça avait l'air assez sérieux car il ne portait pas qu'un simple bandage. Que s'était-il donc passé pour qu'il finisse dans un état pareil ? Elle ne le savait point. A aucun moment Kory ne lui en avait parlé.

Il se mit alors à faire les cent pas. C'était un peu comme si le jury se retirait pour délibérer et décider du verdict. Mais après tout, Kory n'avait fait que les aider. Elle lui avait offert la pause dont elle avait besoin pour ne pas détester son époux, pour continuer à voir en lui l'homme qu'elle aimait et le père de ses enfants. Elle lui avait redonné l'oxygène qui lui manquait tant avant cet intermède. Elle en était là de ses pensées quand un rire éclata. Tournant la tête dans la direction qu'il indiquait, elle se rendit compte que c'était son époux qui riait ainsi... Il virait fou ? Elle était dubitative, si bien que quand il revint d'un pas décidé, elle était à deux doigts de prendre ses jambes à son cou. Elle resta cependant sur place, car il s'adressa d'abord à Kory.

Elle l'observa discrètement pendant qu'il parlait à sa soeur. Il... Oui, il... Elle refusa d'y penser et se concentra sur la pointe de ses chausses, écoutant la conversation. Il avait fait des bêtises ? Du genre : "je me pète un bras" ??? Et Kory avait failli perdre son emploi à la Prévôté ? Et personne ne lui avait rien dit ? Les infos filtrées... Ça avait du bon... et du moins bon...


Un grain de folie pour trois de bravoure. Ca me va bien non ?

Elle laissa échapper un rire. Ça lui allait à la perfection même. C'était tout elle. Et c'est comme ça qu'elle l'appréciait et qu'elle l'aimait.

Faudrait peut-être que vous préveniez tout le monde que tu as retrouvé Tia, Rick. Pis tu peux leurs dire la vérité, je m’en fiche moi ! J’ai fait mon travail ! Enfin si on peut appeler ça un travail… Puissiez-vous vous retrouver et surtout… Redevenir le couple que vous étiez, ne vous déchirez pas…

Oui, je suis sûre qu'il le fera le plus tôt possible.
En tout cas, encore merci pour tout ce que tu as fait pour moi, pour nous. Je ne pourrai jamais assez te remercier pour ce magnifique cadeau !


Son époux déposa un bisou sur la joue de sa soeur avant de s'agenouiller devant elle. Elle plongea ses yeux dans les siens et se sentit légèrement rougir dès les premiers vers. Elle se rendit compte alors que le côté poète et spontané de son époux lui avait bien manqué.
A la fin des vers, elle n'avait plus d'yeux que pour l'homme qu'elle avait épousé. C'est alors que sa belle-soeur se rappela à eux. Elle l'aurait presque oublié ce qui n'était pas très gentil pour elle.


Hum bon, je vais vous laisser hein !

Tiadriel connaissait bien cette sensation de se sentir subitement de trop, à tenir la chandelle... Ce n'était pas des plus agréables.
Kory agita la main et s'apprêta à partir. Elle sourit à son époux et se jeta sur Kory pour la serrer très fort dans ses bras. Elle se retint quand même de l'étouffer pour ne pas encourir les foudres de son parrain. Elle déposa un baiser sonore sur sa joue et finit par la relâcher.


Reposes-toi, tu l'as plus que amplement mérité !

Avec tout ça, elle n'avait pas encore répondu à Rick... Pas facile aujourd'hui pour elle ! Elle en aurait presque perdu le nord. Qu'avait-il dit déjà ? Lui laisser une chance ? Oui, oui, il était venu. Elle pouvait au moins faire ça.
Elle s'approcha de nouveau de son époux.


Oui, je te donne ta chance ! Si tu m'expliques ce qui est arrivé à ton poignet !

Il ne fallait pas non plus qu'il croit que ça passerait tout seul !
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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Rick le Ven 7 Aoû - 9:48

A genoux devant Tia, il ne put s’empêcher de remarquer le rouge qui venait d’éclairer ses joues. Ce petit peu de couleur, lui redonna un brin d’espoir. Si la jeune femme arrivait encore à réagir à ses vers, tout n’était pas perdu. Et à bien y réfléchir, qu’avait dit Tia, aux paroles de Kory ? Qu’elle le remerciait pour ce merveilleux cadeau ? Le cœur de Rick se gonfla d’espoir. Tia acceptait de parler avec lui et surtout elle trouvait que c’était un cadeau. Quoi qu’à bien y réfléchir c’était peut-être bien ses « vacances » qui étaient un présent merveilleux. Qu’importe après tout… Sa sœur commençait à se sentir de trop et Tia, après avoir sourit à son époux, se précipita sur elle pour la serrer dans ses bras et la remercier. Rick profita de ce petit interlude pour repenser aux propos de Kory. Elle lui avait redit tout ce qu’elle avait fait pour le couple et il faut bien avouer qu’elle avait raison. C’était une sœur extraordinaire ! Une personne sur qui on pouvait compter à tous les coups ! Certes, elle lui en avait voulu et le jeune homme lui en avait voulu sur le coup, mais parfois un petit mensonge pour un cadeau plus merveilleux n’était-il pas des plus agréables ? Quand il repensait au fait qu’elle lui avait même fait un semblant de révérence… Trois grains de bravoure pour un de folie, c’était vraiment la définition de Kory. D’ailleurs si elle n’avait pas de devise à Mirefleurs, il pourrait lui suggérer celle-ci. Même Tia en avait rit. Elle semblait si détendue, cela faisait plaisir à voir. Sa sœur avait raison quand elle disait qu’il faudrait peut-être prévenir tout le monde maintenant pour que cessent les recherches. Mais, au fond de lui, Rick, en faux calme qu’il était, ne voulait pas vendre la peau de l’ourse avant de l’avoir tuée. D’ailleurs, il était bien placé pour savoir à quel point il est difficile de tuer un ours. Certes Tia n’en était pas une bien au contraire, mais tout de même.

Alors que Kory était maintenant sur le point de partir, le jeune homme sortit de sa rêverie pour lui dire au-revoir. Un peu trop ému pour sortir une vraie phrase, il forma avec ses lèvres un


Merci ch’tite sœur pour tout ce que tu as fait pour nous ! Je t’aime !

Le jeune homme regarda sa sœur partir en lui envoyant un bisou et la saluant de son poignet cassé. Tia était maintenant de retour à ses côtés et Rick lui adressa un sourire pour la remercier. Le jeune homme avait eu peur un instant, lorsque la jeune femme était partie retrouver Kory, qu’il avait tout perdu. Mais elle était de retour et c’était ce qui comptait.

Oui, je te donne ta chance ! Si tu m'expliques ce qui est arrivé à ton poignet !

Le jeune homme s’assit à même l’herbe et fit un geste envers Tia pour qu’elle en fasse de même. Rick soupira un instant afin de retrouver le fil de l’histoire qui venait de se dérouler ainsi. Il regarda sa jolie pelouse droit dans les yeux

Tia, j’ai cru que je t’avais perdu
Je pensais que tu avais disparue
Que tu étais partie à tout jamais, ou même enlevée
J’ai cru que jamais mon cœur n’allait résister

Pour toi, j’ai remué tout le duché
Je voulais savoir où tu étais passée
Beths puis Kory, dans les douanes, ont remarqué ton arrivée
Il n’en a pas fallu plus pour me décider

Tout le village de Montbrisson j’ai fouillé
Et je me suis même rendu à la prévôté
Ce qui a entraîné le courroux Bethsale
Et presque la fin de carrière de Kory en maréchale


Rick regarda sa femme, les yeux légèrement humides en repensant à cela. Il tendit la main en sa direction pour se sentir plus proche d’elle. Puis, il reprit la fin de l’histoire.

Nous avons fait publier des avis de disparition
Espérant te retrouver au plus vite
J’ai cru que j’allais perdre la raison
Tellement perdu par ta fuite

Et puis j’ai repensé à l’annonce de naissance pour Georges
Et là je ne sentais plus du tout ma gorge
De nuit, je me suis précipité vers la falaise
Mais le chagrin a rendu ma progression mal à l’aise

J’ai donc chuté lourdement
Et la douleur au poignet s’est fait sentir immédiatement
Mais je n’en avais cure
Car celle dans mon cœur était plus dure


Le jeune homme sourit à son épouse tendrement. Il avait préféré lui dire en vers ce qui s’était passé, en se disant que c’était peut-être la meilleure chose pour la faire revenir.

Tia, j’ai bien compris le message que tu m’as fait passer. J’ai compris mon erreur, grâce à Kory. Tu sais, c’est vraiment une sœur formidable et je dois bien avouer que si elle n’avait pas fait ce qu’elle a fait auparavant, j’aurais pu, j’aurais dû lui en vouloir. Mais j’avais des torts…

Le jeune homme regarda à nouveau son épouse et fronça les sourcils.

Mais je ne suis pas le seul d’ailleurs. Pourquoi ne m’as-tu pas dit en face ce genre de choses ? Pourquoi as-tu choisi de partir pendant ma retraite ? Ne pensais-tu pas au mal que cela allait me faire ? Si tu savais tous les scénarios que j’ai imaginé dans mon esprit trop imaginatif… Je sais que parfois je vais trop loin, mais je suis prêt à me racheter et à te prouver que l’homme qui t’a fait tourner la tête, dans l’atelier de tisserand est toujours là. Il est prêt à rejaillir et n’attend qu’un signe, un geste de ta part.

Il était prêt à lui faire tout plein de promesses mais avant cela, il fallait qu’il sache. Il fallait qu’ils mettent tout à plat. C’Est-ce qu’il avait demandé à son épouse. Kory lui avait dit pendant ces quelques jours, qu’il fallait parler, qu’il fallait extérioriser ce qu’il avait sur le cœur. Et, ce n’est qu’en le lui disant, que Rick pourrait se rassurer.

Je sais que parfois je vais trop loin, mais je suis prêt à me racheter et à te prouver que l’homme qui t’a fait tourner la tête, dans l’atelier de tisserand est toujours là. Il est prêt à rejaillir et n’attend qu’un signe, un geste de ta part.

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Re: Une disparition inquiétante...

Message  Korydwen le Ven 7 Aoû - 11:14

Montbrisson, bord du lac.

Fallait vraiment être givrée dans sa tête pour faire pareille chose, mais finalement avec Korydwen rien n'était plus surprenant que cela. Bon, cela tournait un peu trop guimauve pour elle, pis fallait dire que tenir la chandelle ne lui rappelait pas forcément des bons souvenirs... Rick saurait à quoi elle pensait, à une soirée en taverne avec des gens qui se léchaient, enfin "embrassaient" en continue. Elle le regarda, enfin Rick cela n'était pas comme cela, sinon, elle lui aurait donné un coup de pied, tout de même, fallait pas arriver jusqu'au mauvais exemple de la famille. Elle naviguait de bras en bras, se rendant un peu compte du tas de mensonges, ou plutôt de l'énormité d'un seul mensonge. Après elle faisait la morale à son fils pour qu'il n'en fasse pas, c'était beau, du très beau.

Arriva un moment encore plus embarrassant qu'autre chose, elle avait fait soit, mais pour elle ce n'était pas si merveilleux que cela, surtout quand on élargissait le tout, on voyait bien qu'elle avait légèrement menti à la prévôté, un tout petit peu, presque rien... Entraînant plusieurs personnes dans ce mensonge, combien avaient écris pour aider Rick ? Là elle ne se sentit pas bien du tout, tirant sur le col de son chemisier subitement trop serré, elle avait chaud.


Oui, je suis sûre qu'il le fera le plus tôt possible.
En tout cas, encore merci pour tout ce que tu as fait pour moi, pour nous. Je ne pourrai jamais assez te remercier pour ce magnifique cadeau !


De rien et un simple merci fera l'affaire... Maintenant, Rick ne peut plus faire d'erreur sous peine d'avoir une épouse et une soeur pour le ramener sur terre. Je n'hésiterai pas à lui botter les fesses avec mes grosses bottes de maréchale !

Les regardant en éclatant de rire, elle allait se reculer pour partir, mais Tiadriel l'étouffant presque au passage, Korydwen avait une terrible envie de rire, comme toujours d'ailleurs. Elle laissa Tia finir et commença à faire semblant de tituber et lui répondit avec une voix imitation "je viens de me faire étrangler"

Merci de me donner l'autorisation de dormir.

Elle arrêta son manège et éclata de rire en les regardant tous les deux, elle allait tourner les talons lorsque...

Merci ch’tite sœur pour tout ce que tu as fait pour nous ! Je t’aime !

Si elle n'avait pas été près du tronc d'arbre elle serait tombée par terre sur Auguste. Elle le regarda et sourit, notant cela dans le coin de sa tête, alors ainsi il l'avait dit c'était la première fois.

Euh... De rien... Tu m'aimes... ? Pas que j'en doutais, mais tu m'envoies tellement de gentillesse...

Kory, il faut que tu répondes que toi aussi, allez vas-y ! C'est pas bien compliqué ! Bein si croyez quoi ! Ca va casser un mythe quand même ! Rhalala, qu'est-ce que c'est compliqué et surtout qu'est-ce qu'elle est tête de mule la Kory, de quel côté de sa famille cela venait, elle n'en savait strictement rien.

Moi 'ssi j't'aime. Mais euh le crie pas sur tous les toits hein...

Cette fois pouvait-elle réellement partir ? En plus elle lui donnait une nouvelle chance, la suite au prochain épisode, elle regarda Tia et Rick.

Au fait, la maison l'est encore libre ce soir... 'Fin j'dis ça, j'dis rien !

Kory ramassa sa cape et partit en courant, vers de nouvelles aventures ? Oh oui, l'aventure de la dame qui dort la nuit et reprend une vie normale le jour ! Sa maison n'était pas loin, elle pourrait enfin souffler, mais cela faisait bizarre quand même, plusieurs jours non stop et là s'arrêter, il fallait trouver une nouvelle occupation et rapidement, comme préparer son voyage de noce par exemple, cela serait une bonne idée oui...
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Re: Une disparition inquiétante...

Message  feu Tiadriel le Mer 2 Sep - 0:34

Rick


Rick sourit en entendant les propos de sa soeur. Selon elle, on lui donnait enfin l'autorisation de dormir. Ce qui n'était pas tellement faux après tout. Entre courir de Tia à Rick et de Rick à Tia et écouter l'une et rassurer l'autre, la jeune noble n'avait pas eu le droit à vraiment se reposer. Elle allait pouvoir enfin le faire. Elle semblait avoir été agréablement surprise par le fait qu'il lui dise qu'il l'aimait. Certes, le jeune homme était plutôt avare de ce genre de démonstrations avec sa soeur, mais pourtant, elle était très importante pour lui. Vivre trop loin d'elle, lui serait désormais impossible.

Moi 'ssi j't'aime. Mais euh le crie pas sur tous les toits hein...

Rick sourit à ses propos. Finalement, ils n'étaient pas si différents l'un de l'autre, car Kory ne lui avait jamais dit qu'elle l'aimait non plus. Son sourire s'étira encore plus, lorsqu'elle leur dit

Au fait, la maison l'est encore libre ce soir... 'Fin j'dis ça, j'dis rien !

Sa soeur pensait vraiment à tout. Rick lui envoya un baiser pour la remercier de tout ce qu'elle avait fait et regarda sa femme pour connaître sa réponse.
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Re: Une disparition inquiétante...

Message  feu Tiadriel le Mer 2 Sep - 0:35

[Montbrison, bords du lac]

Elle était revenue vers Rick et attendit qu'il finisse avec sa soeur, le détaillant encore un peu plus du regard. Il l'invita alors à s'asseoir à ses côtés, dans l'herbe. Elle aurait préféré rester debout, mais obtempéra néanmoins. Assise en tailleur, le dos un peu trop droit pour paraître totalement décontractée, elle accrocha son regard à celui de son époux, toute ouïe.

Tia, j’ai cru que je t’avais perdu
Je pensais que tu avais disparue
Que tu étais partie à tout jamais, ou même enlevée
J’ai cru que jamais mon cœur n’allait résister

Pour toi, j’ai remué tout le duché
Je voulais savoir où tu étais passée
Beths puis Kory, dans les douanes, ont remarqué ton arrivée
Il n’en a pas fallu plus pour me décider

Tout le village de Montbrisson j’ai fouillé
Et je me suis même rendu à la prévôté
Ce qui a entraîné le courroux Bethsale
Et presque la fin de carrière de Kory en maréchale


Elle se dit que Kory avait légèrement oublié de mentionner ce détail. Mais aussi que si son époux n'était pas rentré plus tôt que prévu de chez les moines... L'affaire aurait pris des proportions plus minimes. En tout cas, sa belle-soeur l'avait sacrément bien cachée.
Il marqua une pause. Son émotion était lisible dans ses yeux. Quand il tendit la main vers elle, elle y crocheta la sienne sans même y réfléchir.


Nous avons fait publier des avis de disparition
Espérant te retrouver au plus vite
J’ai cru que j’allais perdre la raison
Tellement perdu par ta fuite

Et puis j’ai repensé à l’annonce de naissance pour Georges
Et là je ne sentais plus du tout ma gorge
De nuit, je me suis précipité vers la falaise
Mais le chagrin a rendu ma progression mal à l’aise

J’ai donc chuté lourdement
Et la douleur au poignet s’est fait sentir immédiatement
Mais je n’en avais cure
Car celle dans mon cœur était plus dure


Qu'avait-il dit ? La falaise... Il y était retourné ? La nuit en plus ? Il avait fait une chute ? Son coeur manqua un battement. Elle avait voulu lui donner une leçon, mais certainement pas le tuer ! Et heureusement qu'il n'était pas tombé plus bas. Elle n'aurait jamais pu se le pardonner.
Il avait tourné ça de manière fort plaisante à l'oreille. Elle ne s'était pas du tout attendue à pareille fin dans son récit.
Les mots tournaient et retournaient dans son esprit, lui donnant presque la nausée. Si elle ne s'était pas déjà trouvée assise, elle l'aurait sûrement fait sur le champ. Elle se sentit très égoïste d'un coup. Elle n'avait pensé qu'à elle, mais elle en avait eu besoin de cette "pause". Elle aurait viré folle sinon... C'est ce qu'elle avait pensé. Mais là, elle n'était plus sûre de rien.


Tia, j’ai bien compris le message que tu m’as fait passer. J’ai compris mon erreur, grâce à Kory. Tu sais, c’est vraiment une sœur formidable et je dois bien avouer que si elle n’avait pas fait ce qu’elle a fait auparavant, j’aurais pu, j’aurais dû lui en vouloir. Mais j’avais des torts…

Oui, Tiadriel savait toute la bonté et la générosité d'âme de Kory. Elle venait de passer une semaine à ses côtés, à parler de tout et de rien.
Il avouait avoir des torts, mais elle n'était pas toute blanche non plus. D'ailleurs, ce qu'elle avait un peu craint ne tarda pas à arriver, elle le sentit avant même de voir les sourcils de Rick se froncer. Des reproches et des questions... Son époux dans toute sa splendeur !


Mais je ne suis pas le seul d’ailleurs. Pourquoi ne m’as-tu pas dit en face ce genre de choses ? Pourquoi as-tu choisi de partir pendant ma retraite ? Ne pensais-tu pas au mal que cela allait me faire ? Si tu savais tous les scénarios que j’ai imaginé dans mon esprit trop imaginatif… Je sais que parfois je vais trop loin, mais je suis prêt à me racheter et à te prouver que l’homme qui t’a fait tourner la tête, dans l’atelier de tisserand est toujours là. Il est prêt à rejaillir et n’attend qu’un signe, un geste de ta part.

Elle se leva d'un bond. Elle avait une subite envie de marcher et se mit à tourner en rond, au risque de lui donner le tournis.

Pourquoi ? Tu me demandes pourquoi ? Je...
Parce que j'appréciais de me sentir protégée au début et qu'ensuite... Et bien... Je... Je ne savais pas comment te le dire. Ça a commencé à m'étouffer, lentement, sournoisement. Je ne pouvais plus faire un pas sans que tu sois là. J'avais peur de ta réaction... Je ne savais pas si tu me comprendrais. Alors, j'ai profité de ta retraite pour m'éloigner un peu. Je ne pensais pas que tu t'en rendrais compte. Du moins, je me doutais que ça pouvait arriver, mais... Pas si tôt. Tu m'avais dit que tu te retirais plusieurs jours au monastère. Comment aurais-je pu deviner ?
J'ai déposé les enfants à Cournon et j'ai pris le chemin de Montbrison, simplement. Je comptais me rendre chez Kory et Al. Et puis... Kory m'a devancée. Elle m'a proposée autre chose et j'ai dit oui. J'ai joué le jeu en sachant très bien ce que je risquais dans l'affaire.
Je savais que ça pouvait être difficile pour toi, mais c'était ça ou... J'aurais pu disparaître et...
Elle respira un grand coup pour se donner du courage. Sans laisser de trace. J'ai des relations, je pouvais très bien le faire. Ça m'aurait brisé le coeur, mais... J'en étais arrivée jusque là...Malgré mon amour pour toi, pour nos enfants... J'aurais pu le faire. Sans Kory... Je ne sais pas où je serai aujourd'hui. Mais certainement pas devant toi.

Elle avait fini en se plantant droit devant lui, ses yeux reflétant les tourments qui l'avaient visitée chaque fois que Kory était partie. Elle avait réussi à réfléchir posément au fur et à mesure de ses visites. Et aujourd'hui, elle savait ce qu'elle voulait.

Je t'aime toujours, ça, je le sais ! Mais je ne veux pas que tu me fasses de vaines promesses. Ça ne m'intéresse pas.
Je veux que tu me laisses respirer ! La suite... Nous verrons bien.
Enfin... Si tu es d'accord.
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feu Tiadriel
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Re: Une disparition inquiétante...

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